Ibid., p
«. Ibid., p. 34.
1». Kriiployee à Tyr de la m/^me manière (|ii'à Carthage : voir t. II, p. 3.5, n. 7; ccinf. A. (:hoi>y, Histoire de l'nnltUeclurc, I, p. 212. 10. Choiay, l. c, p. 212, "iJO, WW.
19fi MŒURS ET CROYANCES.
Un autre procédé consistait à pilonner de la terre dans des coffrages en planches, qui étaient enlevés après l'opération \ C'est ce que l'on appelle du pisé ^ Pline l'Ancien ^ affirme que des « tours d'Hannibal », édifiées ainsi en Espagne, avaient fort bien résisté au temps. Dans une ruine punique découverte au quartier de Mégara, ce pisé est fait d'un mélange de terre battue et de chaux, avec un revêtement en plâtre*. Les villas crépies à la chaux, que l'armée d'Agathocle rencontra dans sa marche vers la capitale, étaient peut-être ainsi bâties ^
Les Romains appelaient lutum punicum un enduit de terre grasse sur un clayonnage^; le nom indique d'où leur venait ce procédé.
Enfin les Carthaginois fabriquaient de grandes briques rectangulaires, qu'ils faisaient sécher au soleil ', comme les Egyptiens. Ils ne se servaient pas de briques cuites.
Pour manœuvrer et placer les blocs colossaux, assurer aux masses de béton la solidité du roc, obtenir des pisés compacts, il fallait des ouvriers expérimentés. Quant aux matériaux, il était facile de se les procurer. Les Carthaginois ne paraissent pas avoir employé le marbre dans leur architecture*; du reste, ils ont à peine fait usage de cette matière, même pour les petites stèles et pour les plaquettes sur lesquelles ils gravaient
1. Pliae l'Ancien, XXXV, 169. Il signale ces « murs moulés » en Afrique et en Espagne.
2. Pour ce procédé, voir, entre autres, W. et G. Marçais, Les monuments arabes de Tlemcen, p. 52.
4. J./ Renault, Cahiers d'archéologie tunisienne, Nouv. série, 1, 191)1, p. 22.
5. Diodore, XX, 8, 3. Conf., pour les niaisous de Malte, le même, V, 12, 2 (d'après Timée).
6. Goluraelle, IX, 7, 4; XI, 3, 54. Pour le mode d'emploi, voir Vitruve, II, 8, 20; VII, 3, 11.
7. Delattre, Mémoires des Antiquaires de France, LVI, p. 2(18-9 (briques de 0 m. 48 X 0 m. 32 x 0 m. 10). Les fours des potiers de Dermèclic (supra, p. 58) sont construits avec ces briques, que les feux allimés pour la cuisson des vases avaient vite durcies: Gaucklcr, Nécrop., p. 513, pi (;g.\X1.
8. Conf. Delattre, Rev. archéol., 18',)8, II, v. 94. De même à Home, où le premier temple construit en marbre le fut en 1 année 143 avant J.-C.
des inscriptions'. La pierre à bâtir qu'ils tiraient dos rarrières voisines de la ville- était d'un grain assez j^rossier et sujette à se dt'irrader; aussi la revètaient-ils d'une couche «le stuc blanc très lin, dans les édilices auxquels ils désiraient donner un bel aspect et qu'ils voulaient parer d'une ornementation élégante' : ce qui' faisaient également les Grecs*.
Du décor architectural, nous ne possédons que d'infimes débris. Mais des motifs empruntés à ce décor sont rej)roduits sur beaucoup de stèles votives.
Comme dans l'art industriel, le style importé par les Phéniciens en Occident est égyptien, avec quelques éléments asiatiques. 11 se maintient fort longtemps dans les villes secondaires, presque fermées à l'influence de l'hellénisme : à Hadrumète. à Nora, à Sulci \ A Carthage. il cède, sans cependant disparaître. Il en résulte un style mixte", où dominent des élé-
1. Inscriptions sur marbre : CI. S .1, 172 (petit frap-meut d'un texte religieux); ibid.. 2f.."2 et pi. LV du t. II = M. Larig., I, pi. I, flg. 5 [numérotée 2] (ex-voto); de Vd^-ijé, Mélanges (Tarchéol. orientale. Appendice, p. 37; Rép.. II. 536 et 786; Bull, archéol. du Comité, lfll3, p. cclii (épitaphes, sur marbre blanc ou noir). Deux cofTrets funéraires en pierre étaient pourvus d'un couvercle en marbre : Delattre. C. r. Acad. Insrr., 1î)03, p. 31. 11 convient de mettre à part les sarcophajrcs taillés dans un marbre d'outre-mer (iVi/ra. p. 206 et sniv.); probablement aussi une stèle en marbre -rris, sur laquelle est gravée l'épitaphe d'un Chypriote (Rép., III. 122."), et infra, p. 460, n. 2). La mention d'un ouvrier en marbre sur un ex-voto (C. /. .*>., 3iOJ est fort douteuse.
2. Pour le calcaire coquillier des carrières du cap Hnii, voir t. II, p. 142-3.