Voir supra, p
3. 11 faut écarter l'interprétation de W. Robertson Smith (Lectures on the religion of the Sémites, p. 459) : « Tanit (ayant la) face de lîaal », c'est-à-dire barbue, Tanit androgyne. Rien, en elîet, ne permet de supposer que Tanit ait été une divinité hermaphrodite.
4. Dillmann, Monatsberichte der preussischcn Akademie, 1881, p. 609.
5. Berger, Gazette archéoL, 1876, p. 123, et Journ. asiat., 1877, I, p. 148, loî) (après de Saulcy et d'autres). De même, l'ange visible de Yahwé est appelé sa face (Yahwé r(>stant invisible) : couf. Baudissin, Realencykl. f. prot. TlieoL, 3" édit.,
II, p. 150. 11 n'y a pas lieu d'invoquer (comme le fait Baelhgen, Beitnïge zur scm. lieligionsgcschichte, p. 56) un passage d'Apulée (Melam., XI, 5), où Isis se qualifie de « deorum dearumque faciès uniformis » ; l'idée est toute différente (voir NôUleke, Z. d. d. morgenl. Gesellschaft, XLII, 18S8, p. 471-2).
0. De Vogué, Mélanges d'archéol. orientale, p. 54. Dussaud, Uev. arcliéoL, 1903, 1, p. 126.
7. G. /. S., 3, 1. 18. Pour le qualificatif Çalamhaal, ■< Image de Baal », donné p(!Ut-être aussi à Astarté, voir infra, p. 334.
8. D'autres ont proposé d'expliquer ; •• Astarté, (déesse) du ciel, (compagne) de Baal ». Voir Dillniunu, l. c, p. 608; Baudissin, Adonis, p. 270.
plus étonnant de le retrouver à Cirta et ailleurs, que de retrouver aujourd'hui, en ci'nt lieux de la chrétienté. Notre-Dame de Lorelte '.
Les ex-voto qui nomment Tanit Pené Baal ne nous apprennent à peu près rien sur elle. Son association constante avec Haal llammon n'est pas une preuve péremptoire qu'elle ait été reirardée comme l'épouse de ce dieu. Deux stèles carthai,^noises olîrent une formule j)articulière. Au lieu de : « A la Dame, à Tanit Pené Baal, et au Seigneur, à Baal Hammon », (tu y lit : « A la Mère, à la Dame, à Tanit Pené Baal, etc. »'-, el : « A la Mère, à la Dame Pené Baal, etc. » ^ Si le terme « la Mère » désignait une déesse distincte de Tanit*, il y aurait j)rol)ablement : « A la Mère et à la Dame, etc. ». Aucune autre stèle n'indique une troisième divinité : il serait bien étrange qu'une déesse qui aurait eu le pas sur Tanit eût été mentionnée si rarement, alors que Tanit l'était des milliers de fois. C'est donc cette dernière qui est qualifiée de « Mère »^ Au milieu d'un certain nombre de stèles % une colonne dressée porte une grenade', qui, à cette place d'honneur, est un symbole divin. Ur la grenade, dont les flancs renferment tant de pépins, était un emblème de fécondité. Elle ne peut se rapporter ici qu'à la déesse nommée sur les inscriptions*. Tanit Pené Baal était, ])ar conséquent, adorée comme une mère féconde.
On a souvent affirmé qu'elle était une déesse lunaire'. Le
1. Coiif. la diffusion dans le monde romain do luppiler Capitolinus.
'.\. Ibid., 380. Hemarquer l'omission du mol Tanit.
4. Cornmp le suppost- .M. Toutain, Les cultes ixtïens, i" partie, I, p. 357.
5. Il n'est pas sur <|U(.' la Mère mentionnée au n" 177 du Corpus soit la niênio déesse que Tanit Pené Baal : voir p. 347.