Voir les références données p. 3C9, n
8. Plus tard, on ne se fit pas scrupule de llpurer des grenades sur des slèlea dédiées à Haal llaniinon seul : voir, par exemple, Musée Alaoui, pi. XVIil, n" (j*.)5; Bull, archéol. du ComiU-, 1914. pi. XIX.
'J. Voir, entre autres, Uerger, Journ. asial., 1877, I, p. 158; C. /. S., I. t. I, p. 288. Nous pouvons laisser de côté un arj^umcnt tiré du terme Pené Baal, • Face de Baal • : la lune, a-t-on dit, a été souvent comparée à un visage. Mais
mot qui désignait la lune était du genre masculin en hébreu et sans doute aussi en phénicien. Dans toute l'Asie occidentale et en Egypte, ce fut à des dieux mâles que l'on attribua l'astre des nuits *. Mais, pour les Phéniciens, les divinités restaient, nous le savons ^ bien distinctes des forces de la nature; il n'est donc pas impossible qu'ils aient attribué la souveraineté de cet astre à une déesse \ En Syrie comme dans l'Afrique du Nord, contrées oîi la pluie est rare pendant une bonne partie de l'année, les rosées apportent aux végétaux l'humidité qui leur est nécessaire. Or elles se déposent par les temps clairs, où les nuages ne voilent pas la lune : aussi la regardait-on comme la productrice de la rosée. Mère féconde, maîtresse de l'astre nocturne qui entretient la vie, Tanit Pené Baal a pu être à la fois l'une et l'autre *. Il conviendrait cependant d'apporter des preuves. Dans une inscription bilingue d'Athènes ^ le nom propre Abdtanit est rendu par 'ApTSfJt-iôtopos, mais il faudrait savoir si cette Tanit, assimilée à Artémis, était bien Tanit Pené Baal; il faudrait également savoir si cette Artémis était la déesse de la lune, ou bien quelque déesse mère d'origine orientale, comme l'Artémis d'Ephèse ^ Dans un traité de Plutarque', il est question d'écrits puniques, qui auraient été sauvés de la destruction et enfouis secrètement lors de la prise de Carthage. Ils auraient recommandé d'adorer surtout la Lune parmi les dieux visibles.
qu'elle ait été considérée comme le visapo de Baal, c'est ce que nous n'avons aucune raison d'admettre. Il faudrait, d'ailleurs, être certain que Pené Baal se rapporte à la nature divine de Tanit.