Ciif. p. 242, n
.">. l'ar e.xoinple, dans le nom 'A:ppoô;T'.ov, iiidi(jué par Ptoléniée (IV, 3, 2, p. Gl.'i et ••21, cdit. .Mullcri pour deux lieux du littoral, l'un pré.s d'IIippone, l'autre sur le p)lfe d'ilamniainet. — A Sicca (Le Kcf], on adorait une déesse que les Latins appelèrent Venus : Valère-Maxiine, II, 0, 15; C. I. L., VUl, 15881, 1.5894, etc (voir Toutain, Les cultes païens, 1" partie, I, p. 385). Etait-ce l'Aslarlé phénicienne? Il ne faudrait pas l'afllrmer, bien (pie Valère-Maxime (i. c.) qualifie de Punicac feminae les femmes (]ui se prostituaient dans le sanctuaire de celte déess(^ (voir infni, |). 403, n. 4i. Selon Soiin (X.Wll, 8), c'était la Vénus de l'Rryx. — Pline (IV, 120) dit qu'une lie voisine de (iadès était appelée insula lunonis par les ;çens du pays, mais (jue Timée et Silénos (le comp»f;noii dllannibal) l'appelaient Aplirodisias. S'il s'agit d'Aslitart. les deux historiens frrecs avaient ailmis ridentidcation de cette déesse avec Aphrodite. Ils n'étaient pas les seuls. Fe>lus Aviéuus {Ora mari7.. 31.5) écrit : « Veneri marinae consecrata est insula ». — On lit dans le lexique d'Hésychius, sous le mot iirr|y.oo; (« qui exauce ») : 'AsppoôîTT, iv Kap/r,ôôv.. Kl^iit-ce Astarté'.' Tanit Peué Baal'.' 'A^poôiTr, [é7;r,>oo;. qui apparaît en Pliénicie, sur une inscription f,'rec(|ue de la campaj^ne de Tyr (C /. .S'., I, t. I. p. 17), devait être Astarté. Quant à une Aphrodite Adix ('.'). adorée en Lihye, que mentionne le inétne Ih'sychius, nous n'avons pas de raisons de croire que ce fût une divinité pi énic rnne : "ASiico; [c'est un génitif]. '.VîpootTT,; Èv .\io-jr,.
0. Je ne pense pas (juil y ait lieu d'adopter une hypothèse qui rattache le mol
latin Africn h une formr ahréjrée du mol grec 'Aspoôiro, el qui, dans cette
Afthrodile, voit Astarté, déesse principale des Carthaginois : IJaunack, Sludien
au/ dcin Gebielc des Griechischcn und der arischen Sprachen, I, p. 67-68. Le terme
GSEI.L, IV. 17
258 MŒUaS ET CROYANCES.
luno qui la désignent. Peut-être Y Enéide contribua-t-elle à faire écarter Vénus : dans ce poème, la mère d'Enée, l'aïeule de Jules César s'oppose à Junon, la protectrice de Didon et des siens*. Mais l'assimilation d'Astarté et de Junon est bien antérieure à Virgile; nous ne savons pour quelles raisons elle fut admise.
D'autre part, Junon, déesse principale de Carthage, est, croyons-nous, Tanit Pené Baal, qui occupe le même rang éminent dans la cité^. Si l'on rejetait cette identification, l'on chercherait vainement, dans les textes anciens, un nom divin, grec ou latin, qui pût s'appliquer à Tanit.
Des déesses adorées en Afrique sous l'Empire romain répondaient à cette Tanit Pené Baal, à cette Astarté. Ce n'est pas le lieu de les étudier en détail; nous indiquerons seulement ce qui servira à compléter nos maigres connaissances sur la religion punique à l'époque de la première Carthage. Il importe d'observer que l'on n'est pas ici sur un terrain très solide, car, si la divinité restait au fond la même, ses fonctions avaient pu subir quelques modifications, en même temps que son nom changeait.
Mentionnons d'abord plusieurs bandeaux de front, en argent ou en bronze, sans doute des insignes sacerdotaux, recueillis dans des sépultures en Tunisie et dans l'Est de l'Algérie'. Ils
Afer, Afri (d'où Africa), n'est sans doute pas un emprunt fait par les Uomains aux Grecs (voir supra, p. 149). Qu'il dérive du nom d'une déesse phénicienne, c'est ce dont on n'a aucune preuve, à moins qu'on ne veuille considérer comme telle une assertion du géographe arabe El Bekri (Description de l'Afrique septentrionale, trad. de Slane, édit. d'Alger, 1913, p. 48) : « Quelques-uns disent que le mot Ifrîkiya signifie •< la reine du ciel ».
1. De môme, c'est le nom de cette Vénus, bien distincte de la Junon puniciiie. qui figure sur des monnaies de la Carthage romaine, élevée par ordre de Jules César : Muller, Numism., II, p. 149, n"' 319-320.
2. Conf., entre autres, Berger, Gazette ardiéoL, 1880, p. 22. M. (".Icrmonl- Ganneau (Études d'arckéol. orientale, I, p. ir)2) hésite i^ admettre cette ideutilication. — Au sommet d'une stèle de Carthage (C. /. S.. 1353, pi. XXlll du t. 11), on voit une panoplie. Serait-ce une allusion aux armes de Tauit Pené Hnul, qui aurait été une déesse guerrière, comme la Jnnon carthaginoise de Virgile?
à. A Ain Ivhamouda, près de Thala, en Tunisie, bandeau d'argent : M. Alaoui,
offrent diverses imaj^es que l'on ne rencontre pas, j^roupées de ( t'tte manière, dans les cultes gréco-romains et parmi lesquelles apparaît le motif, proprement punique, dit signe de Tanit. Au milieu, deux bustes, dont l'un représente une déesse, coiiïée (I une couronne on forme de tour, et l'autre un dieu à cornes de bélier enroulées : certainement Ammon, le grand dieu des Africains, identique, comme nous le montrerons, au Haal Hammon (jue tant de stèles de Carthage et de Constantine associent à Tanit Pené Baal. C'est donc celle-ci qui doit être reconnue dans la compagne d'Ammon, bien qu'aucune inscription ne révèle son nom; il se [)eut. du reste, qu'à cette époque, elle ait été appelée autrement. La couronne murale marque son rôle de protectrice des villes : comme l'étaient, sous les succes.seurs d'Alexandre et sous la domination romaine, les Tychés tourelées, les Fortunes, si fréquentes en Syrie et en IMiénicie, où elles semblent avoir été des dédoublements de la grande dées.se, patronne de chacune des cités qui l'adoraient'. Sur un des bandeaux', le croissant lunaire est figuré derrière Tanit, qu'il encadre, en quelque sorte, et à laquelle il se rapporte évidemment. Kntre le dieu et la déesse, un astre rayonnant, étoile plutôt que soleil, indique peut-être que leur séjour commun est au ciel'.
Quelques inscriptions latines d'Afrique mentionnent, d'ordinaire avec Saturne, la déesse Ops^, qui ne se retrouve pas dans
Mi|)pl., p. 120, n' 78, pi. LVIII: (iîiuoklor, Nécrop., p. .'îriO, pi. CCX.XXV. A Goiinifidn. près de T<'l)fssa, iKiridcaii do l)ronzi' : Hcsiiior ot Hlnnchct, Collection Fanjcs (F'nris, 1900), p. .")."»-.")(>, pi. IX, t\g. 1. A Ain o\ K.sar, prés dr Bntnn, Ipandt'nu d'ar-cnt : norper, G<t;. nrchéoL, 1870, p. i:î:Mi(t, 222-9, pi. 21; 1880, p. 18-;J!, IGi-9. Ln stylo dos Iniis liatidcaiix convi«Mit à r('po<nic romainn cl les liinix ou on li's a docfiu verts n'ont pas fourni d'objets antérieurs à cette époque.
1. Conf. Kd. .MeyiT, dans le Lcrikon dar MylUologie do Hoscher, I, p. O.")!.