C. 1. S., I, 1)1. I du t
3. Mûllcr, Ni/misni., III, p. 176-7 (n°' 284-290); Suppl., p. 81 (n" 200 a) : la léte est coiffée d'une dépouille d'oiseau et surmontée d'un disque que (lanquent deux cornes de vache. M. Babelon croit que ces monnaies ont été frappées par Cartilage (voir supra, p. 9, n. 1); en tout cas, on en connaît un exemplaire antérieur à la destruction de cette ville : Bull, archéol. du Comilé, 1893, p. 116.
4. A. Mayr, Dit; aniiken Miïnzcn dcr Insein Malla, etc., p. 24-25; planche, fig. 13 et suiv. : déesse avec un serpent au-dessus du front; avec un disque solaire, flanqué de deux serpents et de deux plumes. M. Mayr {l. c, p. 29) croit que c'est une Astarté en Isis. — Sur .une monnaie de Malte (Mayr, p. 9; planche, lig. 5), une tête de femme porte des attrihuts d'Isis. On se demande si ce n^'est pas une Astarté (Mayr, Die Insel Malta, p. 12r); Baudissin, Adonis, p. 201). Mais ce pourrait bien être une véritable Isis : d'autres images monélaires paraissent attester le cult(! à Malle, dans les doux derniers siècles avant notre ère, de divinités proprement égyptiennes : voir infra, p. 341.
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Des statues en terre cuite, découvei tes à Hir bou Hekba, près il'IIainuKiuiet, datent de réjtoque roiiuiinc. Mais elles ont été placées dans un sanctuaire qui fut élevé à liaal et à Tanit Pené li.uil. loimiic nous l'apprend une dédicace en lanj^ue punique. IMusitMiis d'entre elles représentent une divinité étranjj^ère au panthéon :;réco-romain '. C'est un être monstrueux, à tête de lion-, à corps de femme \ avec deux ,u:randes ailes, qui. comme dans la statue de la prêtresse, forment une j2;aine autour des jambes. Cette déesse léontocéphale était certainement adorée au milieu du ■""''siècle avant notre ère : elle se voit sur des deniers fraftjiés par Q. Caecilius Metellus Pius Scipio, qui était alors le chef du parti pompéien en Afrique*. Elle tenait donc une place importante dans les croyances de cette contrée. L'image monétaire est accompaii^née de trois lettres, sans doute les initiales de trois mots, GTA, dont le sens est incertain : on les a interprétées G{enius) t{errae) A{fricae). Une déesse de la vallée du Nil. Sekmet, était figurée de cette manière, avec un corps de femme et une tête de lionne. Mais, si le type a été emprunté à l'art é<j:y|»ti('n, il est à croire qu'il se rapporte ici à une divinité phénicienne, ou adoptée par les Phéniciens. Le lion fut mis en relation fort étroite avec dilîérentes déesses de l'Asie occidentale. Cybèle. Atar^^atis, Ishtar, etc. ^ Nous pouvons supposer
1 Merlin, Le snncluaire de Baal cl de Tanit prrs de Siatiu (Paris, IfllO), p. 7, Mi- 17. 41-17, pi. 111; conf. Gagnai Pt Gliapol, Manuel d'arfhéol. romaine, 1, p. 2'i(), llg. 22'.). Il y avait au moins cincj exemplaires. Des fraf^ments d'une statue en terre cuite, représentant la m("!me divinité, ont été trouvés récemment dans un sanctuaire de la région de (iliardimaou : Carton, C. r. Acad. Inscr., 1918, p. 340.
2. Un olijet arrondi surmontait jadis la tête. C'était sans doute un disque, tel qu'on le voit sur les monnaies de Metellus dont imus allons parler.
:i. La main gauche tient un petit vase.
i. Halielon. Monnaies de la République romaine, I, p. 280, n" 51 et llg. ; couf. ibid., 11. p. i:r., n' 21.
5. Voir, entre autres, de Vogijé. Mélanges d'arcbéol. orientale, p. 45. Pourishtar, Dliorme, La reliijion as^yro-baby Ionienne, p. SS. On voit un lion au revers de monnaies qui furent frappées par les Cartha^^inois en Sicile et dont la face représente une déesse loilTée d'un bonnet (.Mûller, Niimism., II, p. 75-7(i, n"' IG- 17). tlette decîsse est soit l'AsIarlé phénicienne, soit la divinité, peut-être d'oripuie orientale, (|ue l'on adorait sur le mont liryx, et à laquelle les Phéniciens dniinérent le nom d'/lsA/ar^ (voir p. 348).
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qu'à une époque très lointaine, de véritables lionnes avaient été les formes visibles de ces déesses. Puis celles-ci auraient reçu une forme humaine, et l'animal serait devenu leur compagnon : c'est là un fait que l'on constate dans diverses religions. Des monuments assyriens et hittites nous montrent la divinité debout sur le dos du quadrupède*. Les Phéniciens ont adopté ce motif-; ils l'ont transporté en Afrique, oii nous le retrouvons dans le sanctuaire de Bir bou Rekba : outre les exemplaires de la déesse léontocéphale, les fouilles ont mis au jour une sculpture en terre cuite représentant un lion, sur lequel est dressée une femme, aujourd'hui fort mutilée ^ Plus tard, la divinité fut assise sur l'animal. A l'époque romaine, Cybèle et Atagartis chevauchent un lion. De même, l'Africaine Caelestis''. Le lion qui lui appartient a pu appartenir auparavant à Astarté -, à Tanit Pené Baal. Les preuves manquent pour aftîrmer qu'Astarté a été figurée entièrement en lionne, à une époque où l'on aurait regardé l'animal comme une manifestation de Va déesse. Mais, sur un bas-relief d'Edfou, en Egypte, elle apparaît avec une tète de lionne ^ On sait combien les Egyptiens, dans leurs images divines, ont usé de ce compromis entre la forme-
1. C'est ainsi que les Égyptiens ont représenté une déesse qui a été adorée en Syrie par les Hittites et qui était apparentée à Astarté. Elle se tient debout sur un lion. Voir W.-M. Millier, Asicn und Europa nach altdgypt. Denkinuler, p. 314-3; Maspero, Hist. ancienne, II, lig. à la p. 139.
2. Stèle trouvée à Amrit, prèsd'Arad; elle porte une inscription phénicienne : Perrot, III, p. 413, flg. 283; de Clercq, CoUectionde Clcrcq, II, pi. XXXVI.
3. Merlin, Le sanctuaire, p. 9-10, 47-48, pi. VI, fig. 2. Sur le dos de la déesse, est tracée une inscription latine commençant par les lettres CAS, que M. Merlin propose d'interpréter C(aelfsli) A(u(just(ie) s{acruin).
4. Apulée, Melam., VI, 4 (conf. supra, p. 202-3). Monnaies de Seplime Sévère et de Caracalla, pourvues d'une inscription attestant qu'il s'agit de la déesse protectrice de Cartilage : Babelon, Mélanges nuniismatiques, IV, p. 114-0, pi. IX, flg. 2-9. G. /. L., VII, 739. Allusion dans Terlullien, ApoL, 12.
.5. C'est probablement Astarté qui chevauche un lion sur une moiuuiie de Sidon, datant de l'Empire romain : Babelon, Monnaies grecques de la Bihlioth. nationale, Perses Achéménides, p. 200, n° 1832, pi. .X.K.XIII, lig. 7 {« Cybéle chevauchant un lion »).
6. Surmontée d'un disque. E. Naville, Textes relatifs au mythe d'IIorus recueillis dans le temple d'Edfou, pi. XIII (et p. 17). C'est une œuvre de l'époque ptolcmaique, mais l'artiste a dû se conformer à uu type ancien.
animale et la forme humaine. 11 n'est pas trop téméraire d'admettre (jnedes Phéniciens, les imitant, ont représenté delà iiRMue manière leur grande déesse', et de donner le nom d'A.starté ou de Tanit aux statues de Hir bou llekba.
Le plus souvent, cependant, les modèles ont été empruntés à l'art i,'rec. On peut même se demander si des œuvres purement grecques, images de divmités grecques, n'ont pas tenu lieu d'images d'Astarté : telles ces figurines en terre cuite, des VH''-vi' siècles, qui se rencontrent dans des tombes, k Carthage et en Sardaigne. comme en Phénicie et en Chypre : Aphrodites tenant une colombe, déesses voilées assises sur un trône-; peut-être aussi certaines de ces statues dont des villes de Sicile furent dépouillées à la tin du V siècle. Les originaux grecs furent copiés à leur tour, avec plus ou moins d'habileté. Des céramistes fabriquèrent pendant longtemps des divinités assises, reproduisant les terres cuites ioniennes ^ Ils tirent des déesses coiffées d'une haute couronne, enveloppées d'un large voile, parées d'un lourd collier*, imitations mformes qui ont sans doute reçu le nom d'Astarté. Une statue de Solonte a pu être cette Astarté, assise sur un trône que flanquent deux sphinx ^ Le motif de la déesse trônant, Ops ou Caelestls, s'est maintenu en Afrique sous l'Empire romain". Au mèmetemps appartiennent
1. Un ilieu asiatique, le Groaos luilhriîKjue, a été aussi représenté avec un lorps humain et une léte de lion : Gumont, Textes et monuments relatifs aux mystères de MiLkra, I, p. "îi et suiv.