‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 313 sur 553 · Voir infra, p · texte numérisé non relu

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5. Supra, p. 232, n. 1. La mention du « dieu Soleil » (Shemesli) sur une inscription de G.'irtliap;e n'est pas vraisemblable : Rép. (ïép. sém.. 1, 13 (1. 5) et 230.

G. T. II, p. 174.

7. Millier, Numism., II, p. 51-52 ; (iguré jeuue et inilx'rbe; celte lète est parfois accompaf^iiée d'un Irident («jui, sur d'autres monnaies d'Hadrumète, accompagne une tcH(! barbue, peut-être celle d'un dieu assimilé à Poséidon). Des monnaies de Glodius Albinus, qui était né à Hadrumète, et de Septime Sévère représentent probablement le même dieu solaire, reconnaissable a«.\ rayons (]ui entourent sa tête; il tient un caducée et un trident, parfois des épis: Cohen, Description des monnaies impériales, 2" édit., III, p. 421-3, n°' 65-67, 70-72; IV, p. 65, n°" 620-1 ; p. 67, n°" 637-8. — La tête imberbe et radiée du Soleil se voit aussi sur des monnaies de Malaca, en Espagne; d'autres monnaies de la même ville portent l'image d'un temple, avec l'inscription SMS (.< Soleil >■) : c'était le sanctuaire de ce dieu solairt;. lleiss, Description des monnaies antiques de VEspagne, pi. .\LV et p. 312.

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(l'aflirmer qu'il s'ap:it de Haal Ilaiumon : il y avait très probablement d'autres divinités solaires chez les Phéniciens d'Occitlent. Mais de nombreuses stèles de .Maktar montrent, au-dessus d une dédicace néopunique à Baal Hammon, une grande ima^re du Soh'il'. un visage entouré de rayons, (jui n'est pas un motif banal, comme le croissant- : figure et inscription se complètent'. Au temps où ces ex-voto furent faits, aux I ""-u' siècles après Jésus-Christ, Haal Hammon était certainement regardé comme un dieu solaire. S'il l'était déjà beaucoup phis tôt. s'il ressemblait à Ammon, non seulement par son nom, mais encore par sa nature*, il avait dû sans peine se confondre avec lui.

On objectera que. si le groupe de lettres HMN représentait en Afrique le nom propre d'un dieu, il est étonnant qu'il ne se rencontre pas dans les noms théophores. Peut-être les Carthaginois, tout en identifiant Baal H^fN et Ammon, se sont-ils souvenus que, dans leur langue. HiMN, employé seul, n'était pas un nom divin et ne pouvait pas en remplir les fonctions. Ils ne semblent pas avoir créé beaucoup de noms théophores : ils se servaient surtout de ceux qu'ils avaient reçus de Tvr. Pour mettre leurs enfants sous la protection de Baal HMN. il leur suffisait de choisir des noms dans la composition desquels

1. Voir, rntre autres, M. Alaoui, pi. XVIII, a*" 657 et 603; Gesenius, Monumrnta, pi. X.\l.

2. Fifrurc analogue, au sommet de stèles trouvées dans la même répion, à Ain Barchouch (M. Alnoui. pi. XXI, n"' 780-1); h Medeina {ibid., Suppl., p. 6.Ï-66, n" 1108 et 1111; Bull, archéol. du Comité, 1915, p. cLXXxvii-vni); à la Ghorfa {M. Alaoui, pi. XVIII, n" 742; pi. XIX, n"' 746-7). Voir aussi à Tébessa : Gst-li, .Vhs.V de Ttfbesna. p. 21, pi. 11, fi{^. 3.

3. Ilcmarquons encore, sans donner à cet argument la valeur d'une preuve, que Baal Hammon fut identifié avec Snturnus : or des Baais phéniciens et syriens, éfralenieal idcnliflés avec Crunos-Saluinus, élaienl des dieux solaires, du moins dans les premiers siècles de noire ère : Inscr. Grâce, ud res Rom. perlin., 111, 1070; Servius, In Aeneid., I. 72i); conf. Dussaud, Rev. archM. , 1903, I, p. 138, 358. 380.

4. Pourtant une autre hypothèse n'est pas insoiiteiiahli' dans l'état artne! de nos ronnnissances : Baal IIMN m- serait devenu un dieu solaire (ju'en Afrique, après son idenlillcaliou avec Ainniou.

entrait le mot Baal: ces noms étaient chez eux fort nombreux'. Leur Baal, leur Maître par excellence, c'était peut-être, non plus le dieu que les Tyriens désignaient ainsi, mais Baal HMN. Indépendamment des noms théophores, Baal apparaît, nous l'avons dit, sans être suivi d'un autre terme, dans quelques dédicaces puniques : elles s'adressent, croyons-nous, à Baal Hammon, qui, en Afrique, était le plus populaire des Baals^.

Admettant, non l'identité primitive, mais l'identification d'Ammon et de Baal HMN, nous appellerons celui-ci Baal Hammon. Nous ne prétendons pas, du reste, que cette identification ait été générale. Au contraire, beaucoup d'indigènes continuèrent à adorer Ammon et ne le transformèrent pas en Baal Hammon. H en fut ainsi dans la région des Syrtes^ où même des hommes qui s'exprimaient en langue punique invoquaient, au début de notre ère, Ammon, nom qu'ils écrivaient sans y mettre un heth et sans le faire précéder du mot Baal\

Du Baal Hammon punique, nous n'avons aucune image certaine ^ Divers monuments de Tunisie et d'Algérie, dont la plupart, sinon tous, sont postérieurs à la destruction de Carthage, offrent une tête de dieu, pourvue de grandes cornes de bélier,

l.Voir p. 237.

3. La Table de Peutinger indique, à l'Ouest de Sabralha, un lieu appelé Ad Ammonern; conf. Géogr. de Ravenne, V, 3, édil. Pinder et Parthey, p. 350, 1. 10. Ptolémée, IV, 3, M, édit. Miiller, p. 059 : lieu appelé "A(Xjjit.jvoç, dans la mémo région. Corippus mentionne souvent Ammon (qu'il qualifie à plusieurs reprises de corniger), comme un dieu adoré par des indigènes de la Tripolilaine et du Sud de la Tunisie : Johanuide, II, 110; III, 81; VI, 110, 147, 179, 190, 550; VII, 515, 519,534; VIll, 252, 304.

4. Rép., II, 602 : dédicace néopunique « au Seigneur, à Ammon ('MN) », découverte non loin de Lebda; elle date de 15-10 après J.-C. — Sur une inscription néopunique de Ghcrclicl, on a cru reconnaître une invocation « à notre Seigneur Ammon ('MN, non précédé de Baal) » : Euting, Z. d. d. morgenl. GescUschaft, XXX, 1876, p. 286; Blau, ibid., p. 738 (Derenbourg, C. r. Acad. ïnscr., 1875, p. 200, donne une interprétation dilFérente).

5. Des figurines, trouvées en Phéuicie et probablement en Chypre (on n'en connaît pas de l'Afrique du Nord), représentent un dieu trOnanl entre deux béliers : Perrot et Chipiez, III, p. 73, Ug. 25; p. 190, flg. 140. Même quand il porte des cornes de bélier, il n'est pas nécessaire d'admettre que ce soit le dieu punique Baal Uammoa : ce pourrait être Zeus Ammon.

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qui s t'iiroulont on avant dos tomjios'. C'ost ainsi que, combinant les traits liu /eus hollôniquo ot la nature de rAinniou é}?ypto-libven. les Grecs ont figuré leur Zeus A m mon. Dans les pays africains où la civilisation phénicienne s'était répandue, de toiles images ont pu être empruntées à l'art grec pour représenter Haal Ilammon. Mais elles pourraient aussi bien représenter le libyen Ammon. Sur les bandeaux sacerdotaux dont nous avons parlée le dieu à cornes de bélier doit être vraiment Baal Hammon, compagnon de Tanit Pcné Baal, car ces objets se rapportent sans doute à un culte |)unique. 11 est permis de reconnaître aussi Baal Hammon dans une idole très grossière, à cornes de bélier, découverte sur le littoral de rOranie, à Saint-Leu^ où l'on a recueilli en même temps une stèle offrant l'image d'Astarté ou de Tanit*, et d'autres stèles portant des dédicaces phéniciennes*. Cependant le Baal Hammon adoré dans la première Carthage a peut-être été, comme nous allons le voir, figuré d'une autre manière.

En cent lieux de l'Afrique romaine, on a trouvé des inscriptions latines mentionnant Satumus, des monuments qui repré-

\. Fras-iiiont de t^te trouvé en Tunisie : Doublet et Gnuckler, Musée de Conslimline, p. 0"). pi. Vil, lif^. 3; cftle cBUvre ne semble pas ùtre de répotiue romaine. Dixjue de bronze, sans doute antérieur à notre ère, découvert à Gunupu, (|ui fut une colonie phénicienne : (îscll, Bull, archéol. du Comité, l'.)0(), p. ccr..\xiii. Plusieurs télés, sur un ossuaire en plomb de Cherchel, où s'éleva aussi une colonie phénicienne : Gauckler, Musée du Cherchel. p. (»'.) et fig. Médaillons-pendeloques en ar;.'ent et en bronze trouvés dans des tombes de l'époque romaine, près de Batna et [irès de Tébessa, avec des bandeaux sacerdotaux qui représentent le même dieu cornu : Doublet et Gauckler, /. c, p. r)2-.")3 et fip. ; Besnier et Blanchet, Collection Fanjes, p. 5G-.")7 et pi. I.\. La tête du dieu barbu ii cornes de bélier apparaît aussi sur des monnaies africaines : Millier, Numism., III, [>. IS, n" 22, 20. 28, 31 ; p. 42-43, n- ."m, .%; Suppl., p. 73, n" 17 a.

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