C. /. S.. 10, 23 et suiv
11. De Vogiié, Mélaïujfs d'archéol. orientale, p. 81. Baudissln, Adonis, p. 27r)-6.
12. Couples ainsi formés chez les Hébreux (papyrus d'Éléphantine : Anat Yaho, GsELL. IV. 22
dieux mâles, tantôt d'un dieu et d'une déesse. Faut-il établir entre les deux noms une relation analogue à celle qu'un trait d'union marquerait en français? il s'agirait de deux divinités, primitivement distinctes, qui se seraient fondues en une seule, comme Ammon-Râ chez les Égyptiens ^ Cette interprétation serait à la rigueur acceptable pour les couples de dieux mâles, bien que l'hypothèse d'une fusion d'Eshmoun et de Melqart, de Melqart et de Reshouf, ne puisse s'appuyer sur aucun autre argument. Pour les couples d'un dieu et d'une déesse, on devrait admettre des divinités hermaphrodites ^ : ce qui n'est pas vraisemblable ^ Selon d'autres savants, — et nous cro3'^ons qu'ils ont raison, — le second nom se rattacherait au premier à la manière d'un génitif : Cid de Melqart, Cid de Tanit, etc. *. Mais que signifie exactement ce rapport entre les deux termes? Que la première divinité était adorée dans le sanctuaire de la seconde? On en peut douter, car les inscriptions mentionnent le temple de Cid Tanit. un prêtre d'Eshmoun Ashtart, un serviteur de Cid Melqart : ces dieux paraissent bien avoir été maîtres chez eux. Supposerons-nous qu'il y ait eu un lien entre les divinités elles-mêmes, que, par exemple, Eshmoun Astart ait signifié « Eshmoun, fils (ou amant) d'Ashtart » ? Mais pourquoi, quand on mentionnait Eshmoun, ce lien permanent avec Ashtart aurait-il été tantôt indiqué, tantôt passé sous silence? En somme, ces couples n'ont pas été expliqués jusqu'à présent d'une manière satisfaisante.
Ailleurs, le nom d'une divinité est immédiatement précédé
Anat Rethel, etc.), chez les Moabites (inscription de Mesha : Asiilar Kemosh), chez les Araméens (le nom d'Alargatis, !a Déesse syrienne, a peut-être été formé de cette manière).
1. Voir H. Dussaud, Les Arabes en Syrie avant CJslam (Paris, 1907), p. 133, et Bel), de Vkist. des rel'ujions, 1911, II, p. .349-350; il admet pourtant que, daus certains cas, par exemple dans celui d'Eshmoun .\shlart, il s'agit de deux divinités occupant le môme sanctuaire.
2. Hy|)othèse présentée au n" 245 du G. /. S., pour Eshmoun AsiUart.