‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 381 sur 553 · Hép · texte numérisé non relu

Hép

12. Gonf. Haudissin, Realencykl. f. prol. Theal., .XIII, p. 2S1.

13. (J. lliiiïinnnn, Uebcr ciniye plu'intUischc InscliriJ'Un, p. 21 et 2(i. f'.onf. I^afrranfre, Eludes, p. il)()-l; Bnudis>in, Adonis, p. 200.

14. Ed. Meyer, dans le Lexikon de Uoscher, I, p. 2.S70, et 11, p. 3107. tluniont, lie», de l'hiil. des relijions, 1U15, 11, p. 100, n. 4.

340 MŒUUS ET CROYANCES.

l'Epoux (1 Ashtart. C'eût été une manière bizarre de désigner un dieu^ Une explication ingénieuse- voit dans MLK le même mot que l'hébreu maleak, « messager », « ange ». Dans la Bible, l'Ange de Yahwé ou d'Elohim est un être d'une nature assez indécise, qui tantôt semble se confondre avec le dieu des Hébreux, tantôt est son envoyé, son délégué visible aux yeux des hommes. La religion phénicienne aurait eu, elle aussi, des anges : l'Ange de Baal (de BaalHammon ou de Baal Shamim)% l'Ange d'Astarté. Le seul texte sur lequel on puisse étaycr cette hypothèse^ est le récit que Tite-Live fait du fameux songe d'Hannibal : un jeune homme d'aspect divin ^ serait apparu au Barcide et lui aurait annoncé qu'il avait été envoyé par Jupiter pour lui servir de guide vers l'Italie ^ Mais ce messager de Jupiter était-il de même nature, de même rang que MLK Ashtart, qui avait des temples, des prêtres? Notons qu'outre les stèles qualifiées de necib MLK Baal, necib MLK Osir, on en a recueilli une, à Carthage, portant l'indication necib MLKÏ BMÇRM', ce qui signifie sans doute : « stèle de la Reine [Milkaty en Egypte » [Isis?]. Puisque nous reconnaissons ici le

\. Voir pourtant plus haut, p. 333, pour le dieu Arisli (l'Époux?)

2. Indiquée d'abord par Ciermont-Ganneau (voir Revue critique, 1880, I, p. 87- 88), puis développée par Ph. Berger, L'Ange d^Aslarlé, dans la plaquette intitulée La Faculté de théologie protestante de Paris à M. Edouard Reuss (Paris, 1879), p. 37- 55. Conf. Dussaud, Les Arabes en Syrie, p. 171.

3. A Palmyre, il y avait un dieu solaire MLKBL (en grec et en latin MaÀa-/of|Xo;, Malagbel, Malagbelus, Malachibelus). On a proposé aussi de reconnaître, dans la première partie de son nom, le mot (jui signiliait ange; mais cela n'est pas certain (conf. Baudissin, Realencykl. f. prot. Theol., XVIII, p. 50G).

4. Une ligure ailée, tracée au sommet d'un ex-voto de Carthage, peut représenter Tanit Peué Baal (voir p. 2^0, n. 2). Qu'elle représente l'Ange de Tunit, c'est ce que Berger n'a pas prouvé.

5. Polybe (III, 47, 8; 111, 48, 7 et 9) parait faire allusion à ce personnage divin quand il mentionne les enfants de dieux et les héros que des auteurs ont môIés à l'histoire d'Hannibal.

6. Tite-Live, XXI, 22, G (conf. Valère-Maxime, I, 7, ext., 1). Le récit de Tite- Live ne concorde [)as exactement aviu; celui de Gœlius, emprunté à Silénos, le compagnon d'Hannibal. Dans le songe raconté par Cualius, Hannibal est appelé au sein de l'assemblée des dieux par Jupiter, qui lui commando de porter la guerre en Italie et lui donue pour guide un des dieux de cette assemblée : Gicéron, De divinat., I, 24, 49; Zonaras, Vlll, 22, p. 408, d.

lo mot milknt, c'est une bonne raison de croire qu'ailleurs, après necib, il convient de lire Mill;, le Uoi, et non Maleak,

l'Ange ^

Les Phéniciens, on l'a vu-, (iront ;\ la religion égyptienne de larges emprunts. Des noms théophores, d'un usage commun en Phénicie' et dont quelques-uns se retrouvent en Occident*, montrent que les parents plaçaient volontiers leurs enfants sous la j)rotection de certains dieux de l'Egypte, surtout d'Osiris. Nous n'avons pas, il est vrai, de preuves que ces divinités aient reçu des hommages officiels à Carthage. Mais il se peut qu'un culte d'Osiris ait existé de bonne heure à Malte'. Plus tard, au second ou au premier siècle avant J.-C, Isis, Nephthys, Osiris y sont figurés sur des monnaies". C'est aussi d'une époque postérieure à la domination punique que datent des monnaies de Cossura (Pantelleria), représentant soit Isis,

1. Dans une des insrriptions recueillies près de Tyr {Bép., III, 1205), se trouve, immt'diatcriieiil avant la niontion de .MLK. Ashlarl, le mot pliénicien qui sif^iiiliait mfssaijer. Or il est écrit ML'K. Si MLK représente le môme mot, il faut admettre que la présence du complément Aslitart a déterminé ici la chute de Valeph.

:\. Voir, entre autres, C. I. S., 122 et 122 bis (monuments élevés à Malte par des Tyriens, Abdosir et Osirshamar), 308 (à Carthage; ex-voto d'un Abdès, Sidonien).

4. Abdosir CBD'SR) : C. I. S., 2098, 215('>; Rép., III, 1227. Palosir (PL'SR) : Rép.. III, 1227 (M. Clermont-Gauneau se demande si ce n'est pas une transcription de «tiXÔT'.p'.; ; conf. supra, p. 175, n. 7). 'SUGN (nom formé de celui d'Osiris?) : C /. S., 821. 'SRSLK (lecture incertaine; Osliirshillck'?) : ibid.. i)72. Abdhnsl (BDBST) : 2((82. Ahdmaout ('BOMT; mais on peut i)euser ii Abdmeiqart, écrit en abrégé) : 2098. — L'attribution à Isis (en phénicien 'S) de (|uei(|uos noms thécphores est douteuse. FLS : 1432, 2890, 3103; P'L'S ((jui n'est peutêtre pas un nom propre : conf. au n" 2800) : .337; 'BD'8 : 329.

5. C /. .S'., 123 bis : • stèle du roi Osir • : conf. supra, p. 3.39.

0. Mayr, Die anliken Miinzen der Insain Mnltu, etc.. p. 8 et planche, (Ig. 2: Ilill, Coins of ancient Sicily, pi. XV, lig. 12 (Isis et .Nephthys protégeant la inninic d'Osiris). Mayr, /. c, p. '.) et planche, fig. ."»; Ilill, l. c, pi. XV, llg. 15 (dieu nnini de quatre ailes, à demi agenouillé, en costuiiK' égyptien, tenant les attributs d'Osiris).

soit Astarté en Isis'; des monnaies de Sabratha-, de Thsenae' et d'une autre ville africaine*, représentant probablement Sérapis^.

Les images de dieux égyptiens abondent dans les tombes de Caithage et de la Sardaigne, surtout parmi les objets de parure. Mais la faveur dont jouissaient originaux et copies a pu être souvent affaire de mode, puis de routine. Quand un architecte surmontait de tètes d'Hatlior les fûts d'une colonnade", il reproduisait simplement un motif artistique. Cependant certains objets, déposés dans les sépultures, avaient, sans aucun doute, une destination religieuse : hachettes rituelles en cuivre"; lamelles d'or et d'argent, roulées dans des étuis et servant d'amulettes ^ Or les divinités de l'Egypte sont fréquentes sur les hachettes des iv'-iii' siècles, et plus encore sur les lamelles et les étuis, qui datent des vi^-v'' siècles. Il semble donc qu'elles aient tenu plus de place dans les superstitions des particuliers que dans le culte public ^

1. Voir p. 272, n. 4. Conf. ibid., n. 3, pour des monnaies africaines représentant une déesse qui porte des attributs égyptiens.

2. Mûller, Numism., II, p. 27-28, n"' 49, 50, 56-60. S. Ibid., II, p. 40, n" 1.

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