Ibid
d'entre eux, acquirent, même en dehors de l'Afrique, une grande renommée.
Deux de ces auteurs s'appelaient Amilcar et Magon'; celuici était d'un rang élevé : Pline l'Ancien le qualifie de général^. Il est impossible de dire quand ils ont vécu ^ de les identifier avec un des Amilcars, un des Magons qui sont mentionnés ailleurs. D'Amilcar, nous ne connaissons que le nom*. Mais quelques renseignements nous sont donnés sur Magon, des citations de son ouvrage nous sont parvenues'. Sa réputation, selon Varron *, dépassa celle de tous les Grecs qui avaient écrit sur la même matière. Au jugement de Columelle ', on devait le vénérer comme le père de la science rurale. « Notre Sénat, dit Pline*, lui fit un très grand honneur. Après la prise de Carthage, il donna les bibliothèques de cette ville aux princes africains, mais, par une exception unique, il décida que les 28 livres de Magon seraient traduits eu latin. Pourtant Caton avait déjà composé son traité. La tâche fut confiée à des gens
1. On a supposé qu'un Anoun, cité à plusieurs reprises par l'agronome Ibn al Awiim, était un Carthaginois, appelé Hannon : voir Ernst Meycr, Geschichlc der Botanik, 111, p. 256 (adoptant une opinion de Banqueri); Clémenl-Mullet, dans sa traduction d'ibn al Avvam, Le livre de l'agriculture, I, p. 76. Cette hypothèse me paraît bien fragile.
2. Hist. nat., XVIII, 22, où sont mentionnés, parmi ceux qui écrivirent sur l'agriculture. « duces, Xenophon et Poenus eliam Mago ».
3. La manière dont Varron (Rust., 1, 1, 10) mentionne Magon, après un grand nombre d'auteurs grecs, laisse supposer que ce Carthaginois vécut à une époque oii, chez les Grecs, on avait déjà beaucoup écrit sur l'agriculture ; « Hos nobilitate Mago Garthaginiensis praeteriit, Poenica lingua qui res dispersas conprendit libris XXVIll ». — Magon avait fait dans son ouvrage une place à la viticulture et à l'oléiculture. Or Diodore (XllI, 81, 5) prétend qu'à la (In du v° siècle, la vigne et l'olivier n'étaient pas cultivés en Afrique. On en a conclu que le livre de Magon fut composé à une date plus récente (Schneider, Scriptorcs rei ruslicac, IV, pars 111, p. 88). Mais il est fort douteux que l'assertion de Diodore soit exacte : voir infra, p. 19.