‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 432 sur 553 · Voir infra, p · texte numérisé non relu

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laquelle la divinité résidait. Comme on Egypte, la demeure |iru[>re du dieu parait avoir été souvent de petites dimensions : une chapelN'. un tabernacle, et non pas la vaste et luxueuse maison qu'était le temple grec. En avant, sur l'aire, un ou plusieurs autels. Contre les flancs de l'édifice principal ou ailleurs, des locaux accessoires réservés aux prêtres, des magasins, (les chapelles qui j»ouvaient abriter des dieux, hôtes du maître du sanctuaire'. Nous avons dit qu'en certains lieux, existait peut-être un bassin ou un étang, dans lequol vivaient des poissons sacrés". Des citernes fournissaient l'eau nécessaire au culte'.

Cette vague et rapide esquisse, nous la traçons d'après de rares documents, littéraires ou archéologiques, relatifs à des tom|ilps d'Orient, et aussi d'après les ruines, plus ou moins nettes, de quelques temples africains, datant de l'époque romaine, mais dédiés à des divinités d'origine punique*. Il n'est même pas sur qu'elle soit bien exacte. Nous n'avons pas la prétention de reconstituer les sanctuaires carthaginois du temps d'Hannibal, en combinant des textes bibliques qui nous

1. Virsili- (Enride, I, lil) indique que le leniple de Junon, à Cartha^içe, était entouré d'uu bois, et Silius Italicus (I, 83) dit la même chose du prétendu temple d'Klissn. Ce ne sont pas là dos textes dont on puisse faire état. Cependant il est possible que des ari)res se soient dressés dans certaines enceintes sacrées. Les palmiers sont fréquents sur les ex-voto carthaginois (voir p. 369). Tertullien (Apol., '.)) et une inscription (Toutain, Cultes, 1" partie, III, p. 8t) mentionnent des arbres, un bois sacré dans des sanctuaires africains de Saturne.

2. P. 357. Pour un lac qui se trouvait auprès du temple d'Astarté à .\fca, en Pliénicin. voir Zosime. I, 58; Bull, archéoi. du Comité, 1900, p. 180-199. On y jetait des offrandes. En K^rypte, il y avait, prés des sanctuaires, des lacs qui servaient h des cérémonies du culte, les jours où l'on sortait les barques sacrées.

3. Conf. Merlin, Le sanctuaire de Baul et de Tanit, p. 38, n. 5. Dans l'Ile de Gadés, deux puits étaient creusés auprès du temple d'Hercule : Strabon, 111, 5, 7; Pline l'Ancien. Il, 219.

i. .\ IJir bon Hekba : Merlin, l. c, p. 0 et suiv., pi. I. A Kl Kenissia, prés de Sousse : (^.arton, Le sanctuaire de Tanit à El-Kenissia, p. 1 et suiv., pi. I. A Thuburbo .Majus : .Merlin, C. r. Acad. Inscr., 1912, p. 350 (temple de Saturne). A Douppa : Carton, dans ÎVouv. Arch. des missions, Vil, p. 307 et suiv.; Cagnat, (iauckler et Sadoux, Temples, p. 82-S5, pi. .\XV-X.\VII (temple de Saturne). A Thuburnira : Carton. Bull, arcliéol. du CmnitiK 1908, p. 410-1 (temple de Saturne). A Bulla lU'gia : .Merlin, Le temple d'Apollon à Bulla Begia, p. 0 et suiv., pi. l.

font connaître le temple de Jérusalem, construit par un Tyrien au x^ siècle avant notre ère, aA'ec le plan du temple de Saturne, élevé à Thugga sous Septime Sévère et décoré selon les règles de l'art classique.

Des édifices religieux que les auteurs anciens mentionnent à CarthageS à Utique^, à Lixus% dans l'île de Gadès*, on ne sait rien, ou presque rien.

A Carthage, le sanctuaire d'Esculape (Eshmoun) était entouré d'une enceinte^. Il était assez vaste : il servait à des réunions^; le toit, probablement en terrasse, qui la couvrait, pouvait porter plusieurs centaines d'hommes et dominait de haut les alentours'. D'après la position que ce monument occupait au-dessus de la ville, il est permis de croire qu'il regardait l'Orient, comme le temple de Jérusalem; mais était-ce en vertu d'iine prescription rituelle? Au temple d'Apollon, la statue du dieu se dressait dans un tabernacle, qui. revêtu de plaques d'or*, était évidemment à l'intérieur d'une salle. La statue en bronze de Cronos surmontait une cavité où brûlait un grand feu®; des officiants et assistants, sans doute assez nombreux, se tenaient devant elle, quand on déposait sur ses mains les victimes qui, de là, roulaient dans la fournaise'". Elle n'était certainement pas reléguée au fond d'une étroite cellule. Dans le temple de Junon, Hannon fit suspendre les peaux de deux femmes velues que ses compagnons de voyage avaient tuées". Ces dépouilles, curiosités plutôt qu'offrandes religieuses, et

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