Rép., II
10. Les filles n'étant pas exclues : ce qui pourrait expliquer pourquoi une femme devint « chef des prêtres ».
11. Justin, XVIII, 5, 1-2 : « ... Gyprus insula..., ubi sacerdos lunonis [c'est ainsi qu'il faut lire, et non lovis : voir p. 255, n. 11] cum coniuge et liberis... comitem se Ëlissae... oiTert, pactus sibi posterisque perpetuuin honorerii sacerdotii ». Celte
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recrutement des prêtres. Il semble bien que leur ministère ait été viairerV
Le cleri,'é [lunique était donc fortement orj^^anisé, et ses membres, par leur naissance, par la lon^'ue durée de leur service auprès des dieux, jouissaient d'un ^Mand prestige. Ct^iendant il ne formait pas une caste, désireuse et capable de dominer 1 Etat. La liépublique gardait la surveillance du culte : les décemvirs des clioses sacrées, que mentionnent des inscriptions-, étaient des magistrats chargés de ce soin; de même, sauf erreur, ceux auxquels d'autres textes épigraphiques donnent le titre obscur de ina(/a7n ilim^. Les sufètes, les généraux devaient être assistés de prêtres pour sacrifier aux divinités, mais ils présidaient ces cérémonies*. A notre connaissance, le clergé n'avait pas d'attributions judiciaires; il ne surveillait |ias les mœurs ^ On ne voit pas non plus qu'il ait pris part à l'instruction de la jeunesse, qu'il ait aspiré à la direction des consciences. Il ne restait pas étranger à la vie privée et publique des autres Carthaginois : ni les prêtres, ni les prêtresses n'étaient astreints au célibat''; les mêmes hommes pouvaient être à la
famille était donc, selon Justin, orifîinairp de Chypre. A Paphos, dans la mômo lie, le sacerdoce d'.Vstarlé-Aphrodite était héréditaire : Tacite. Hist.. II, 3.
1. Si. comme le dit Justin, le sacerdoce de Junon était héréditaire, il ne pouvait pas être conféré [jour un lem[)s limité. La manière dont les épitaphes mentionnent les sacerdoces des défunts, le couvercle de sarcophage représentant une femme dans son costumi! de prêtresse (p. 400) paraissent attester (]ue ces prêtrises n'étaient pas, dans la vie des Carthaginois, des épisodes passagers.
2. Voir t. II, p. 217, n. 2. Fonction analogue sur une inscription néopunique d'Althihuros : Berger, Journ. asial., 1887, I, p. 401, 404.
:j. MQ.M 'LM. Voir t. H, p. 201. n. 3. Ce titre, suivi de MTRH 'STHNY comme sur quelques inscriptions carthaginoises), se retrouve sur une inscription phénicienne de Rhodes : Ghahot, Journ. asiat., 1917, II, p. 10, n. 1. MQ.M peut se rattacher à une racine signifiant « ériger ». Selon une autre interprétation, peu vraisemhlahle, il faudrait comi)rendre mat]om iliin, « loco divino -, et ce serait un titre appartenant à des gi-ns de très haute naissance : G. IIolTmann. Ueber einige phonikische Insrltriflcn. p. 18.
4. Hérodote. VII, 107. Diodore, XI, 21, 4, et 22, 1; XIII, 80, 3. Polyhe, III, 11, 5-0. Cornélius Népos, Hannihul, 11,3.
."). Le jiraefeclus morum que mentionne Cornélius Népos {Amilcar, III, 2) semhie avoir été un magistrat ou un fonctionnaire : voir t. II, p. 201.
0. Pour les prêtresses, voir Hip., II, 501, 502, .553; C. r. Acad. Inacr., lilO'.l. p. 2(i(l. Des prêtres et grands prêtres sont indiqués dans des généalogies. Silius Uulieus
fois prêtres et juges ^ Mais le ministère sacerdotal n'avait pas d'autre objet que la célébration du culte.
L'existence d'un clergé nombreux prouve que ce culte était compliqué. Peut-être y avait-il, dans certains temples, des offices quotidiens^. Les sacrifices offerts par les fidèles exigeaient naturellement le concours des prêtres. Ceux-ci recevaient, nous le verrons.^ une rétribution pécuniaire et, en général, une part des victimes.
Ils avaient un costume spécial, du moins dans les cérémonies. Le fils de Malchus portait un vêtement de pourpre et des bandelettes*; le clergé de Melqart à Gadès, des bonnets et des robes de lin ; ces robes, non serrées par une ceinture, étaient ornées d'une large bandée Nous connaissons plusieurs fronteaux en métal, datant de l'époque romaine, mais couverts de divinités et de symboles puniques*^. Il est probable que des insignes semblables étaient depuis longtemps en usage. Quelques Carthaginois sont représentés avec une sorte d'épitoge, mince et longue bande d'étoffe, jetée ou fixée sur l'épaule gauche ^ On a supposé que c'était aussi un insigne sacerdotal. Rappelons enfin le fameux sarcophage de la prêtresse*, dont la tête est coiffée de la dépouille d'un oiseau, et le bas du corps enveloppé de deux grandes ailes. Dans des actes solennels de
(lll, 28) dit cependant que les prêtres de Melqart à Gadès s'imposaient la loi de continence.
l.i?(<p., II, 553.
2. Il y en avait dans un temple de Melqart, en Chypre : Bép., III, 1211, 1. 11.
4. Justin, XVIll, 7, 9 : « ornatus purpura et infulis sacerdotii ».
5. Silius Italiens, 111, 23-27. Hérodicn (V, 5, 10) parle des chaussures do lia que portent les propliclos do Phénicie, et de leur longue tunique, décorée, au milieu, d'une bande de pourpre.
7. GolTret funéraire : Berger, M. Lavig., I, p. 72. pi. X, flg. 1. Sarcophages : Roulanger, ibid., Suppl., I, ]). 10, pi. 11, (Ig. 1 et 3. Stèles : supra, p. 211, n. 2. Statuettes en terre cuite : Dclallrc, G. r. Acad. Jnscr., 1005, p. 321; le môme, Sainte-Monique, 3' mois, p. 13, flg. 21; M. Lavig., Supi)l., I, pi. V, lig. 9 (femme); pi. VI, lig. 1 (femme).