Ou à deux femmea
Ce que nous connaissons le mieux des Carthaginois, ce sont leurs coutumes funéraires. On sait que des fouilles récentes ont exhumé une bonne partie de leurs cimetières * et que des sépultures analogues ont été découvertes en divers lieux de l'Afrique du Nord^ en Sardaigne^ et dans d'autres îles de la Méditerranée occidentale^. Mais, si les documents archéologiques, de
1. Voir t. II, p. 86 et suiv. Ajouter aux indications bibliographiques : Merlin, Bull, archéol. du Comité, 1916, p. clxxv-clxxxvi (région d'Ard el Morali, en bas), p. cxciii-iv (ihid.), p. ccxxx-ccxxxix (au sommet du théâtre); 1917, p. cxliii (colline de Junon), p. ISI-IîjS (Ard el Morali. en haut). — Les tombes explorées dans la région d'Ard el Kheraïb ont été décrites avec la précision désirable par MM. Merlin et Drappier (La nécropole punique d'Ard el-Klieraïb, Paris, 1909). Les autres fouilles exécutées dans ces dernières années par la Direction des antiquités de Tunisie ont également donné lieu à des comptes rendus détaillés. I^ est regrettable que nous ne soyons pas renseignés aussi exactement sur les sépultures ouvertes auparavant à Carthage. 11 eût été bon d'employer la méthode suivie dans les fouilles de nécropoles italiennes.
2. Pour la bibliographie, voir au t. Il, p. 131, n. 2 (El Alia); p. 132, n. 7 et 8 (Mahdia); p. 134, n. 4 (Thapsus); p. 136, n. 1 (Lemta); p. 139, n. 1-3 (Sousse); p. 14"), n. 7 (Utique); p. 154, n. 4 (Gollo); p. 157, n. 4 (Djidjeli); p. 102, n. 4 (Gouraya); p. 106, n. 4 (Zaghouane); p. 109, n. 10 (Béja). Ajouter le cimetière d'IIenchir Béni Nafa, près de Bizerte : Merlin, Procès-verbaux de la Comni. archéol. de VAfr. du Nord, 1918, décembre, p. xxiv-xxxii; un autre cimetière, fouillé en 1918 à Sidi Yahia, près de Ferryville, au Sud-Ouest du lac de Bizerte.
3. Voir Pais, dans Alti delV Accad. dei Lincci, Série 111, Scienze morali, Memorie, VII, 1881, p. 332 et suiv.; Perrot et Chipiez, III, p. 230 et suiv.; Patroni, Mon. deiLincei, XIV, 1904, p. 148 et suiv. (Nora); Taramelli, ibid., XXI, 1912, p. 45 et suiv. (Cagliari).
4. A Panlelleria : Orsi, Mon. dei fJnrei. IX, IS'.l'.t. p. .'>21 et suiv.; Mayr. Mitt. des archaol. Insliluts, Rum. Abt.. XIII, 189S, |). 393 el suiv. A Malte : Mayr,
[)lus en jtlus abondants, nous renseignent sur la forme et le mobilier des tombes, sur les modes d'ensevelissement, ils ne nous peruiettent pas d'indi(|uer avec précision les croyances relatives à la destinée des morts : à Carthage. comme ailleurs, des pratiques répondant à des idées primitives ont pu» ont dû se maintenir, alors que les idées s'étaient modifiées.
Les dispositions générales des sépultures étaient les mêmes chez les Phéniciens d'Orient et chez les Phéniciens d'Occident; certaines modilications de détail, — caveaux étages, escaliers dans les puits, — se constatent dans la Phénicie propre *, comme en Berbérie et en Sardaigne, et attestent la persistance d'une civilisation commune.
Aux temps préhistoriques, les Phéniciens déposèrent probablement leurs morts dans des grottes naturelles '. Des caveaux artiliciels, dont l'entrée verticale s'ouvre dans des parois rocheuses, à Byblos*, à Malte*, à Collo^ pourraient être des témoignages tardifs de cette vieille coutume ^ Mais ce sont là
SiUungsber. der bayer. Akad., Philos. -philol. Klasse. 100."). p. 467-309. A Motyé, en Sicile : Pace, Sot. de<jli scavi, lOM, p. 4iO-.3. Dans l'Ile d'Ibica : Homaa y Calvel. Islas Pythiusas (Barcelone. l'.lOO); je n'ai pas pu me procurer A. Perez Cnbrero, Ibiza arqueologica (Barcelone, 1911), ni C. Roman, Antiguëdades Ebiisilanas (ibid., I9i:{), ni A. Vives y Escudero, Esludio de arqueolngia cartaginesn. La necropoli df Ibi:a Madrid, 1917). — Les sépultures actuellement connues de Gadès offrent un type particulier : ce sont des logettes, ressemblant à des fours, bâties en blocs épais et le plus souvent disposées en lifîne, avec des parois mitoyennes : voir, entre autres, de Laigue, Rev. archéol., 1898, II, p. .334 et pi. XV.