‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 92 sur 553 · Tite-Live, XXV, 30, 13 et 17. Pline, XXXV · texte numérisé non relu

Tite-Live, XXV, 30, 13 et 17. Pline, XXXV

7. Tite-Live, XXVI, 47, 7 (d'après un chronicjueur romain) : 276 coupes d'or, dont la plupart pesaient une livre. Tite-Live remarque un peu plus loin (X.WI, 40, 6) que les auteurs ne s'accordent pas au sujet du butin en or et en argent fait par Scipion.

et sans importance : des coupes, non décorées', et un flacon ' d'ariJTont. aux viT-vi* siècles; une petite boîte ronde, de même métal, dont le couvercle est orné d'un mascaron, au m' siècle^

De nombreux bijoux en or et en arj^-ent* ont été trouvés dans les nécropoles de Carthaf^e et de la Sardaigne. Les Phéniciens d'Occident, les hommes presque autant que les femmes, avaient un goût très vif pour la parure. Ces objets sont surtout abondants au vu' et au vi' siècle". Sur la plage qui borde la région de Dermècho, on a constaté que le sable de la mer est semé de parcelles d'or. Ce sont, non pas des paillettes naturelles, mais de minuscules débris de bijoux, provenant de tombes creusées le long du rivage, puis détruites par les vagues".

Dans ces sépultures anciennes, le métal est pur et le travail

î. Sur la (;olIin<> de Junon : Merlin. Bull, archéol. du Comité. 1917, p. cxliu. A Diuiimi's : Dclattre, C. r. Acad. Inscr . I8i)4, p. 432. A Dernu'ciie : Gaucklor, p. '.)!) (tombe 22:<). pi. CLI (conf. M. Alaoui, Suppl., p. 123, n° 108). — En Sardaigne, dcu.x coupes d'arpenl d'une décoration rudimentaire, signalées par M. von Duhn, dans Slrcna Helbigiana (Leipzig, lilOO), p. 38; elles seraient d'une époijue plus récente.

2. Colline de Junon : Oelaltre, Bull, archéol. du Comité', 1907, p. 432 et flg. 18.

3. Delattre. C. r. Acad. Inscr., 1898, p. ."w."); Sainte-Monique, 2" trimestre, p. 16, flg. 32. — Au bas d'un ex-voto carthaginois (C. /. -S'., 1121, pi. XVII du t. H), parait être représentée une coupe dont le centre est décoré d'un buste eu relief : ce qui ra|)pelle des œuvres d'orfèvrerie hellénistique (par exemple, Dictionnaire des Anti'iuités de Saglio et Pottier, I, flg. 974, à la p. 803).

4. Les objets d'or sont en bon état. On sait que l'argent se conserve mal.

5. Dans des sépultures italiennes qui appartiennent, croyons -nous, /lu VII* siècle, on a recueilli de nombreux bijoux de style oriental : à Cervélri et à Paleslrina, ils acccmipagnaient des coupes d'argent certuinemenl phéniciennes (voir supra, p. 83). Il est très vraisemblable qu'ils ont été fabritiués dans divers pays, qu'il y a là des objets phéniciens auprès d'objets grecs et italiens. Mais, dans l'état actuel de nos connaissances, la distinction est fort diflicile à faire. Pour les bijoux que nous pouvons croire phéniciens, rien n'autorise à sup|)0ser qu'ils soient de fabrication carlliaginoise. Nous laisserons donc de cillé ces documents.

0. Delallre, Bull, archéol. du Comité, 1898, p. 160-2. Gauckler, p. 378-380.

soigné. Souvent des granules fort petits, groupés de diverses manières, constituent des motifs d'ornementation ' : c'est là un procédé d'origine égyptienne, qui fut d'un usage fréquent en Etrurie; peut-être y fut-il introduit par des Phéniciens^, à moins qu'il ne l'ait été par des Grecs d'Asie Mineure', Les bijoux recueillis à Carthage et en Sardaigne sont de fabrication phénicienne, comme l'attestent le style égyptisant des images et certains motifs, la palmette phénicienne, le croissant aux cornes dressées ou abaissées, entourant le disque. Ils offrent une grande ressemblance avec beaucoup de ceux que l'on a découverts dans l'île de Chypre. Il est probable, cependant, qu'en général, ils n'ont pas été importés d'Orient : les besoins de luxe des Carthaginois avaient dû provoquer l'essor d'une industrie locale On peut supposer qu'il y eut aussi des ateliers en Sardaigne. Des plumes d'argent et d'or, que les gens de Nora* et d'Olbia '^ dressaient volontiers sur leur tête, n'étaient pas de mode à Carthage : ce qui ne prouve point, il est vrai, qu'on ne les y ait pas fabriquées, comme articles d'exportation •"'.

Si plus d'un hypogée des vii'-vi* siècles contient de nombreux bijoux, ceux-ci sont de petites dimensions et de types peu variés; ils fpnt piètre figure auprès des richesses sorties de cer-

1. Conf. Densmore Curtis, dans Memoirs of the american Academy in Rome, I, 1915-6, p. 78-79.

2. Gomme Perrot (III, p. 840) est disposé à l'admettre. On a découvert à Vulci, en Élrurie, des pendeloques en or, sur lesquelles est représentée l'image phénicienne du croissant retourné au-dessus du disque : Déclielette, Manuel, II, p. 894, flg. 380; Karo, dans Sludi e materiali di arclieologia (de Milani), II, 1902, p. 136, flg. 128, et pi. II, flg. 4 et 5. Hien n'empêclicrait d'attribuer l'un d'eux (Déchelctle, flg. 380, à gauche) à un atelier de Carthage ou de quelque autre ville phénicienne. Mais sur un autre {ibid., à droite), les granules forment des méandres qu'on ne retrouve pas à Carthage, qui, au contraire, sont fréquents sur des bijoux recueillis et, en partie tout au moins, fabriqués en Italie.

3. Ce procédé à granules se retrouve, par exemple, au vu* siècle, sur des bijoux de Rhodes, qui sont certainement de travail grec ; Dictionnaire des Antiquités, I, p. 789, flg. 936; III, p. 1987; Densmore Curtis, f. c, p. 74

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