‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 106 sur 407 · Voir t. II, p · texte numérisé non relu

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mettaient de fermer ces voies. A TOuest et au Nord des collines, le Bagrada (la Medjerda) constituait un autre obstacle*, car l'abondance de ses eaux empêchait d'ordinaire de le franchir à gué. Un seul pont était jeté sur le fleuve; Mathos le faisait garder par des forces si importantes que les cantonnements constituaient une sorte de ville. Il était donc impossible, non seulement à des troupes, mais même à des hommes isolés de sortir de Carthage à l'insu des ennemis.

Amilcar s'avisa d'un heureux expédient. Il avait observé que, quand certains vents soufflaient", l'embouchure du Bagrada s'emplissait de sable et qu'il se formait là, le long de la mer, une barre que l'on pouvait passer à gué. Il tint l'armée prête pour le départ et, ne révélant à personne son dessein, il attendit l'occasion favorable. Quand elle se présenta, il quitta Carthage pendant la nuit et, au point du jour, il se trouva, avec tous les siens, de l'autre côté du fleuve, sans avoir attiré l'attention ^ Il s'avança à travers la plaine, dans la direction du pont^

A cette nouvelle, Spendios n'hésita pas à livrer bataille. Deux armées, l'une de 10 000 hommes, l'autre de plus de loOOO, accoururent du pont et du camp établi devant Utique et attaquèrent les Carthaginois, qu'elles espéraient écraser en les enfermant entre elles. Dans sa marche, Amilcar avait mis en tête ses éléphants, que suivaient les cavaliers et les fantassins armés à la légère; puis venaient les soldats pesamment armés. Lorsqu'il vit les ennemis s'élancer avec une ardeur téméraire, le général modifia la disposition de ses troupes. Il ordonna à celles qui étaient en avant de battre très rapide-

1. Pour le cours inférieur de la Medjerda à cette époque, voir t. II, p. 143-4.

2. Probablement les vents d'Est : conf. Bernard, Bull, de géographie historique^ 1911, p. 213.

3. Polybc (I, 75, 9) le dit expressément. Il n'y a donc pas lieu de supposer (Veilh, p. 534, n. 1) que les mercenaires furent informés du passage d'Amilcar avant que cette opération ne fût terminée.

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