Polyho, I, 82, U-li
0. Nous trouvons à ce sujet dos indications inexactes dans Appion (Lib., 5; conf. ibid., 8(>, et Iber., 4). Los Carlha-^inois, raconlo-t-il, dépouillaient tous les marchands élranf,-ers qu'ils rencontraient le lon^ des côtes d'Afrique; ils tuaient mùme ceux qui étaient citoyens romains et les jetaient à la mer, alln qu'on ignorât leurs crimes. Ces crimes, on les connut enlln, mais Carlliai^'o ne consentit il les réparer (juo sous la menace d'une f^uorre. Klle donna alors satisfaction à Home en lui ahandonnant la .Sardai^Mie. Conf. Zonaras, VIII, 18, p. 4l)0. u. Récit évidemment forgé pour justiller la mainmise de Home sur Ille (v. in/ra, p. 127j. Polybe le rejette (III, 28, 2-3).
118 IIISTOIIIE MILITAIRE DE CARTIIAGE.
lui en surent si bon gré qu'ils lui restituèrent tous les prisonniers de la guerre de Sicile qui étaient encore détenus chez eux \ Depuis lors, ils firent un accueil empressé à toutes ses requêtes ^ Ils invitèrent les marchands à lui fournir les choses nécessaires et leur interdirent tout rapport avec les mercenaires et les Libyens ^ Ils repoussèrent un appel des révoltés de Sardaigne; ils refusèrent aussi de violer le traité en acceptant l'offre d'Utique, qui s'était donnée à eux ^ Grâce à ces concours, les Carthaginois purent soutenir le siège. Les assiégeants, au contraire, furent réduits par Amilcar à une telle famine qu'ils renoncèrent à leur entreprise ^
Peu après, Mathos et Spendios réunirent les guerriers les plus braves \ entre autres ceux qui avaient à leur tête un indigène nommé Zarzas. Ces troupes se mirent en cam-
1. Polybe, I, 83, 5-8; conf. III, 28, 3. Voir aussi Zonaras, VIII, 17, p. 399, 6; Entrope, 11,27, 4. Ces prisonniers non délivrés étaient ceux qui n'avaient trouvé personne pour les racheter (Meltzer, II, p. 388). On lit dans Valère-Maxime (V, 1, 1 a) qu'il y en avait 2 743 : c'est peut-être une invention d'un chroniqueur, qui savait que la précision inspire confiance.
2. Selon Âppien (Sic, II, 3; Lib., 5) et Zonaras {l. c), ils l'autorisèrent, par déro"-ation au traité de 241, et pour cette guerre seulement, à lever en Italie des mercenaires.
3. Polybe, I, 83, 9-10. Voir aussi Appien, Sic, II, 3; Zonaras, l. c.
4. Polybe, I, 83, 11. Si l'on en croit Appien (Sic, l. c. ; Lib., 5) et Zonaras (L c) les Romains tentèrent de réconcilier Garlhage avec ses ennemis, qui leur avaient fait appel. Mais les députés qu'ils envoyèrent en Afrique ne réussirent pas dans leur mission, les Libyens, dit Appien {Lib., 5), ne les ayant pas écoutés et s'étant déclarés prêts à remettre leurs villes au pouvoir de Rome, si elle le voulait. On peut supposer qu'il s'agissait de rétablir la paix entre Carthage et Ulique (Moltzer, II, p. 389). Mais ces indications sont très suspectes.
k Polvbe, I, 84, i-2.
6. Au nombre de 50 000, dit Polybe (I, 84, 3). Ci> chiffre et celui des 40 001 rebelles massacrés à la Scie sont bien élevés pour une armée qui comptait vaincre par la facilité de ses mouvements sur des terrains accidentés (conf. Veith, p. i^TO). -Lors de la première campagne, les forces de Spendios étaient moins importantes : 8 000 mercenaires, que rejoignirent des Libyens ot des Numides; 10 000 tués et ,4 000 prisonniers dans la ba' aille finale. Il est vrai que ces troupes n'avaient pas alors à combattre des ennemis aussi nombreux, puisque les armées d'Amilcar et d'IIannon étaient encore séparées.
pagne *, serrant de près Amiicar, tout en évitant les terrains plats, où elles auraient eu affaire aux cavaliers de Naravas et aux éléphants. Elles n'étaient nullement inférieures à leurs adversaires pour la vigueur des attaques. Elles n'en subissaient pas moins de fréquents échecs, par la faute de ceux qui les commandaient, tacticiens inexpérimentés et incapables de se mesurer avec un général d'une habileté consommée. Tantôt Barca massacrait des détachements qu'il avait su isoler et envelopper; tantôt il attirait le gros des forces ennemies dans des embuscades, ou bien il fondait sur elles, soit de jour, soit de nuit. Ceux qu'il prenait, il les jetait aux éléphants.
Enfin, par d'adroites manœuvres, il occupa des positions si avantageuses qu'il cerna toute l'armée des mercenaires. Comme les fossés et les retranchements dont il les entoura les empêchaient de fuir et qu'ils n'osaient pas risquer la bataille, ils épuisèrent leurs vivres et durent se nourrir de chair humaine. Après les crimes qu'ils avaient commis, ils ne pensaient pas à se rendre; d'ailleurs, leurs chefs leur annonçaient qu'on allait venir de Tunis pour les délivrer et cet espoir les soutenait -.
Lorsqu'ils eurent mangé les prisonniers, puis les esclaves, sans voir arriver les secours attendus, ils menacèrent ces chefs qui les avaient trompés et qu'ils rendaient responsables de leurs souffrances. Autarite, Zarzas et Spendios se résignèrent à essayer de traiter avec Amilcar. Ils obtinrent une entrevue «t allèrent au camp punique, accompagnés de sept autres capitaines. Amilcar leur imposa ces conditions : « Les Carthaginois prendront parmi les ennemis dix hommes à leur choix. Quant aux autres, ils pourront se retirer, en ne gardant qu'une tunique ». Le pacte conclu, Barca déclara qu'il choisissait les dix députés présents. Ce fut ainsi que les principaux rebelles
1. Matlios parait iMre resté à Tunis, où nous le trouvous plus lard. Eu tout cas, il n'était pas à l'alTaire de la Scie,