Polybe, I
120 lllSTOmr. MILITAIRE DE CARTIIAfiE.
tombèrent en son pouvoir. A la nouvelle qu'ils étaient arrêtés^ leurs soldats, qui ignoraient les termes de la capitulation, crurent à une trahison et coururent aux armes. Mais Amilcar les enveloppa et, avec l'aide de ses éléphants, les fît tous périr, au nombre de 40 000, dit Polybe *.
Cela se passa, ajoute-t-il, « au lieu que l'on appelle la Scie, parce qu'il oITre en effet l'aspect de cet instrument * ». Il s'agit de crêtes dentelées : le nom fait penser à celui de Sierra (scie), donné par les Espagnols à des chaînes de montagnes. La campagne des deux armées durait depuis quelque temps, puisque les mercenaires avaient été déjà plusieurs fois battus^; cependant on peut supposer que la Scie n'était pas trop éloignée de Tunis, d'où ils attendaient des secours *. Le lieu devait, comme le remarque Tissot ^ « offrir l'aspect d'une sorte de cirque, plus ou moins ouvert sur quelques points de sa circonférence, mais facile à entourer et à fermer ». L'espace dans lequel les révoltés se laissèrent cerner était peu accidenté, puisque, lors de la bataille, Amilcar se servit efficacement de ses éléphants ^. Ces indications ne paraissent pas suffisantes pour identifier la Scie d'une manière certaine. Selon Tissot \ le théâtre de l'exploit d'Amilcar aurait été un cirque, entouré de collines aux arêtes dentelées, qui se trouve au Sud- Ouest de Zaghouane et au Nord-Ouest de Kairouan, à droite de l'oued Nebaane, près d'Ain es-Sif ^ M. Veith rejette l'hypothèse de son devancier ^ et propose une solution qu'il juge
1. Polybe, I, 85. GornéliusNépos [Amilcar, II, 4) écrit inexaclement : « hoslcs ... eo compulit ut locorum angustiis clausi, plures famc quam fcrro interirent ».
2. I, 85, 7 : Tispl tov tottov xbv Ilpîova y.aXovfjLsvov ov (T"jti.oatv5'. Sià Tr,v 6[jio'-ciTr,Ta TO j «T'/Tiixa-roç Tcpôç to vOv etprjaévov opY«"'0'' Taôir,; TcTe-j/iva; tr,; 7:po(7r,Yûp:a;.