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LES CONQUETES DES 6ÂRCIDES EX ESPAGNE

ne haïssaient ni ne craignaient les Carthaginois au point de vouloir les anéantir*. Pourtant, en 237 S ils ne laissèrent pas échapper une occasion qui se présenta à eux de prendre sans peine la Sardaigne, arrachée, comme on Ta vu% à la domination punique par des mercenaires rebelles. Ceux-ci étaient entrés en conflit avec les indigènes, qui les avaient forcés à s'enfuir en Italie \ Ils s'adressèrent alors à Rome, à laquelle ils avaient vainement fait appel lors de leur révolte^ et qui, cette fois, les entendit^ Si elle donna des raisons de sa décision d'occuper la Sardaigne, elle soutint peut-être qu'elle ne commettait pas un acte d'hostilité contre Carthage, qui n'était plus maîtresse de l'île. Mais les Carthaginois n'étaient point disposés à abandonner des droits très anciens. Délivrés de leurs plus graves soucis en Afrique, ils organisèrent une expédition pour reprendre leur bien"'. Rome feignit de croire que leurs préparatifs étaient dirigés contre elle et elle leur déclara la guerre. Ce n'était sans doute qu'un moyen de les intimider. Il réussit. Carthage, trop épuisée pour être capable d'affronter un tel conflit, renonça à la Sardaigne et s'engagea à ajouter 1 200 talents à l'indemnité qui lui avait été imposée quatre ans auparavant \ Les Romains s'installèrent aussi en Corse. Ils

1. Meltzcr (TT, p. 389) fait remarquer qu'ils étaient les créanciers de Carthag:e, qui n'avait pas complètement acquitté l'indemnité de g:uerre. Ils avaient donc intérêt à ne pas la laisser détruire par d'autres.

2. Le traité par lequel Cartha?:e renonça à la Sardaii::ne fut conclu dans l'année consulaire 238-7 (Zonaras, VIII, 18, p. 400, a), et l'un des consuls de cell.» année-ïù, Ti. Sempronius Gracchus, procéda à l'occupation de l'Ile, ainsi que de la Corse (Sinnius Gapito, apud Festus, s. v. Sardi vénales, édit. Lindsay, p. 43«)). Cela se passa en 237, car les Carthapnois étaient alors délivrés de la puerre d'Afrique (Polybe, I. 88, 1; IIÏ, 10, 1; III, 27, 7). qui avait commencé au plus \M à la fin de 241 et dont la durée avait été de trois ans et quatre mois. Conf. Varese, SUidi di storia antica, III, 1002, p. 48 et 63.

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