Le môme, I, p
LA GCERRE D'HANNIBAL. 153
mal l'itinéraire substitué peut-être, pour éviter Scipion, à celui qui avait été prévu; les montagnards étaient hostiles; la neige avait commencé à tomber. Après bien des dangers, des souffrances, des pertes, on parvint à la terre promise. De ceux qui, cinq mois auparavant, avaient quitté Carthagène, il restait 20 000 fantassins et 6 000 cavaliers^ Lorsqu'ils arrivèrent au Pô, ils durent prendre de force, au lieu où s'élève Turin, la ville d'une peuplade ligure, qui refusait le passage.
Scipion alla à la rencontre d'Hannibal par la rive gauche du fleuve. A l'Ouest du Tessin, un combat s'engagea entre sa cavalerie, qu'accompagnait de l'infanterie légère, et la cavalerie ennemie, plus nombreuse. Cette dernière l'emportai Le consul, blessé, ramena son armée au Sud du Pô, vers la colonie de Plaisance, près de laquelle il s'établit. Ilannibal vint camper à peu de distance.
Quand on avait appris à Rome le passage des Alpes par les Carthaginois, on avait renoncé à l'expédition projetée en Afrique. Les troupes réunies à Lilybée furent aussitôt rappelées; elles se reformèrent à Ariminum (Rimini), d'où leur chef, Sempronius, les conduisit auprès de Scipion.
Malgré l'avis de son collègue, il voulut engager la bataille, qui fut livrée sur les bords de la Trébie, par une journée froide et neigeuse. Les deux armées étaient à peu près égales en nombre (iOOOO soldats environ) ^ mais Ilannibal avait beaucoup plus de cavalerie. Il se servit de ses Numides pour attirer les ennemis, qui luttèrent dans des conditions fort mauvaises : ils s'étaient mouillés jusqu'aux aisselles en traversant la rivière et la plu[)art d'entre eux n'avaient pas mangé depuis la veille. Plus de 10 000 cavaliers, placés aux ailes de l'armée punic^ue, mirent aisément en déroute les