Tile-Live, XXVIII, IG
2. Ibid. : « ul ad nova consilia gentem quoque suam oboedientem haberet, cuin paucis popularibus in Africam Iraiecit ». Le motif donné par Tite-Live est invrat semblable, car Masinissa dut caclier très profondément ses desseins. Peut-être ful-il chargé par les Carthaginois de chercher des renfoi'ts. Peut-être alia-t-il rendre hommage au nouveau roi des Massyles, successeur de son père. — Appien {Iber., 37) indique aussi un séjour de iMasinissa en Afrique avant son entrevue avec Scipion.
.3. Ce nom {Magonem) manque dans les manuscrits, mais la restitution n'est pas doaleuse.
L'AFRIQUE AU TEMPS DE LA GUERRE D'ilANMRAL. 189
lion sur le continent. Il revint ensuite à Gadès*. Des nouvelles qu'il reçut du pays des Massyles le décidèrent bientôt à quitter ce lieu^
Quelque temps auparavant, Gaïa était mort^ Mais Masinissa n'avait pas recueilli la succession de son père. Elle était échue, selon la règle établie chez les Numides, au membre le plus âgé de la famille régnante, au frère du défunt, ŒzalcèsS un vieil-
i.Tite-Live, XXVIII, 35 (d'après Polybe?); conf. Silius Italicu3. XVI, 115-100. 1/nccord conclu entre Scipion et Mnsini:4sa en Espagne est aussi mentionné par Appien, Iber., 37, et Lib., 10. Iline (R'Jni. Gcsck., II, 2" édit., p. 370, n. 2) et .Mat/at {liumische ZeiLrechnung fur die Jahre 219 bis 1 y. Chr., p. 157, n. 0) ne veulent pas croire à cette entrevue.
2. Tile-Live, XXIX, 30, 1. Probablement sans y être autorisé par les Carthaginois, qui, comme on le verra, ne devaient pas souhaiter qu'il rentrât dans sa patrie. 11 partit peut-être pendant que Magon était absent de Gadi'S et faisait une croisière sur la côte Sud-Est de l'Espagne (Tite-Live, XXVIII, 36 : automne de l'année 20G). Appien [Lib., 10 et 11) dit qu'Asdrubal, (ils de Giscon, instruit do l'accord de Masinissa avec Scipion, le fit accompagner, pendant son retour au royaume de son père, par des cavaliers auxquels il donna secrètement Tordre de l'assassiner; Masinissa aurait pressenti et évité le danger qui le mona(;ait. Ce récit doit être rejeté, car, quoi qu'en dise Appien, Asdrubal n'»''lait plus en Espagne : on a vu que, peu après la bataille d'Ilipa, il s'était embarqué à Gadès pour revenir à Garthage (p. 185).
3. Tite-Live, XXIX, 29, 6 : « Militanti pro Carlhaginiensibus in Ilispania paler ei moritur » (il s'agit de Masinissa). — Ce fut vers l'automne de l'année 20G ([ue Masinissa fut informé en Espagne de la mort de Capussa, second successeur de Gaïa (Tite-Live, XXIX, 30, 1). La nouvelle de la mort d'OEzalcès, successeur immédiat de Gaïa, lui parvint aussi en Espagne, peu de temps avant (ibid.). Le règne, très court, de Capussa commen(,a, par conséciuent. après le voyage que Masinissa fit en Africjue vers l'été de l'année 20G. On sait, d'autre part, qu'l^lzalcès ne régna pas longtemps (Tite-Live, XXIX, 39, 7). Gaïa put donc mourir soit au début de l'année 205, soit un peu plus tôt. Selon Polybe (XX.Wl, 10, 2, édit. Biillner- Wobst; alias X.X.Wll, 3), Masinissa aurait régné plus de 00 ans (60 ans, disent Diodore, XXXll, 10, iujinc, Valère-Maxime, VIII, 13, ext., 1; Pline l'Ancien, VII, 156). Comme il mourut en 148, il faudrait en conclure qu'il serait devenu roi en 208. Mais le récit de Tite-Live, très probablement eiu|)runte à Polybe. atteste qu'il recueHIit l'héritage paternel vers le début do l'aniice 205, après son relour définitif d'Espagne. Aurait-on compté ces 00 ans à partir de la mort de Gaïa? En dépit dos faits, et aussi du droit, Masinissa aurait été regardé ciunme le successeupmmédiat de sou père. Hypothèse assurfMuent fragile!
4. Oezalces, Capussa, Lacunia:t's, Ma:actuUu^ sont des transcriptions plus ou moins cxacles de noms africains. Pour fMcinna:cs, on peut penser à une terminaison berbère en ascn (conf. t. I, p. 315). Il n'est pas impossible (comme l'in-
l'JO HISTOIUE MILITAIRE DE GARTHAGE.
lard. Cet Œzalcès avait épousé une Carthaginoise, fille d'une sœur d'IIannibal'; il est donc probable qu'il fut reconnu très voloiiliiMS par le gouvernement punique, qui n'eut sans doute pas toléré un coup de force de Masinissa pour s'emparer de la dignité suprême. Le fils de Gaïa resta donc prince royaP. Q^zalcès ne tarda pas à mourir (en 206). Il laissait deux fils : Capussa, qui lui succéda en vertu de la règle dynastique (il était par conséquent plus âgé que Masinissa), et un enfant, Lacuraazès. Le nouveau souverain, homme sans prestige, vit se lever contre lui un certain Mazœtulle. Celui-ci était de la même famille que tous ces princes, mais il appartenait à une branche qui avait toujours été l'ennemie de la branche régnante et qui lui avait disputé le pouvoir avec des succès divers. Une foule d'indigènes le rejoignirent. Capussa périt dans une bataille et son vainqueur devint maître de tout le pays massyle. Il ne prit cependant pas le titre de roi ; il le conféra au jeune Lacumazès, dont il se déclara le tuteur. Il avait besoin d'alliés contre Masinissa, qui, plus âgé que Lacumazès, était fondé à réclamer l'héritage de Capussa. Afin de se concilier les Carthaginois, Mazœtulle épousa la nièce d'Hannibal, veuve d'Œzalcès. Il envoya des députés à Syphax, auquel l'unissaient des liens d'hospitalité ^
dique Weissenborn) qu'Oezalces soit le nom qu'on trouve ailleurs sous la forme Isalca (Ïile-Live, XXllI, 18, 1). MazaetiiUus est évidemment le même nom que M-aorj/.o;, mentionné par Appien, Lib., 33. Conf. peut-èlre 71DD, MSDL, sur une inscription bilingue de Dougga : de Saulcy, Journal asiatique, 1843, I, p. 120.
1. On sait qu'Amilcar Barca promit une de ses filles au chef numide Naravas. Mais la « Gartiiaginiensis nobilis femina » (Tite-Live, XXIX, 29, 12) qu'OEzalcès épousa était sans doute fille d'un Carthaginois, non d'un indigène.