Conf. Ïite-Live, XXVIll
3. Tous ces faits sont racontés par Tite-Live (XXIX, 29, 6-13), ainsi que les événements qui suivirent, jus(]u'au séjour de Masinissa au Sud des Syrtes (XXIX, 30-33). Ce long récit forme un hors-d'œuvre, inséré dans l'histoire de l'expédition romaine en Afrique, à propos de l'arrivée de Masinissa au camp de Scipion. Les formes Oezalcen, Lacumazen à l'accusatif dénotent l'emploi d'un texte écrit en grec. On admet en général, avec raison, croyons-nous, un emprunt à Polybe, source principale de Tite-Live pour la guerre d'Afrique (voir, entre autres, Zielinski, Die letzlcn Jahre des zweiten punisclien Krieges, p. 104; Soltau, Philologus,
L'AFRIQL'E AC temps de la GLERUE D'HANNIBAL. 191
Masinissa, ayant appris en Espagne la mort de son oncle, puis celle de son cousin \ partit de Gadès et passa en Mauretanie (vers l'automne de 206 -). Pour retourner dans sa patrie, il devait traverser les Etats de Syphax, mal disposé pour lui. 11 n'avait sans doute emmené que très peu de ses cavaliers numides. Il eut recours à Baga, roi des Maures, qui ne voulut pas s'engager dans une guerre, mais qui, cédant à ses prières pressantes, lui donna une escorte de 4 000 hommes. Il put ainsi atteindre la frontière du royaume massyle ^ Ayant eu soin de prévenir ses amis et ceux de son père, il trouva en ce lieu environ 500 Numides et, selon sa promesse, il renvoya les^ Maures. Le nombre de ceux qui avaient répondu à son appel était bien au-dessous de ses espérances. Pourtant il se décida à un coup d'audace, persuadé que le succès lui procurerait des partisans. Lacumazès venait de quitter Thapsus (Philippeville. sur le littoral) pour aller visiter Syphax, qui était très probablement à Cirta\ Le fils de Gaïa se jeta soudain sur lui. Une partie des compagnons du roi rentrèrent précipitamment dans la ville, où Masinissa les suivit; ceux qui voulurent résister furent massacrés, le reste se rendit. Lacumazès et le gros de son escorte s'étaient échappés au milieu du tumulte; continuant leur route, ils arrivèrent auprès de Syphax.
Le bruit de cet exploit se répandit dans les bourgs et dans les campagnes. De tous côtés, d'anciens soldats de Gaïa vinrent offrir leurs services à Masinissa, l'exhortant à reprendre les Etats de son père. Mazcetulle commandait, il est vrai, des
Lin, 1894, p. 589-590; Kahr.stedt, p. 330). Polybe devait-il ses informalions à .^jasiniisa lui-môme, qu'il connut personnellement (voir p. 200)? Cela n'est pas impossible, niais il ne faut pas l'affirmer. Nous pouvons aussi bien supposer que Masinissa ract)nta ces évenemcMils à Scipion l'Africain, à Scipion Émilien, à Lœlius. ou à quelque autre Romain.