‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 208 sur 407 · Polybe, XIV, 1, 6-8 et 15; conf. Tite-Live, XXX, 3, 8-iO · texte numérisé non relu

Polybe, XIV, 1, 6-8 et 15; conf. Tite-Live, XXX, 3, 8-iO

2. Polybe, XIV, 1, 11-13; conf. Tite-Live, XXX, 4, 1-3. Voir aussi Frontin, Strat., I, 1,3, et I, 2, 1 (anecdotes sans valeur).

3. Polybe, XIV, 2, 1 : 'Ettxiôti Sa -rà Tr,ç èaptvriÇ wpaç ÛTrécpaivôv yJSy)... Par conséquent, vers le début du mois de mars. Il faut rejeter la chronologie proposée par Matzat {Rômisclie ZeUrechnang, p. 162 et suiv.) pour les événements des années 20i-2 en Afrique.

4. Polybe, XIV, 2, 2-4. Conf. Tite-Live, XXX, 4, 10, 12, qui a cru bon de placer €03 préparatifs un peu plus tard, après la ruplure des né^^ociations. Mais cela n est pas admissible, puisque, entre la rupture et la marche de Scipion contre les camps ennemis, il ne s'écoula (lue quelciues heures.

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réponse très nette. Syphax, quand il connut cet ordre, fut convaincu que Publius était véritablement fort désireux de traiter. 11 s'empressa donc d'avertir Asdrubal, en l'invitant à faire en sorte que la guerre prît fin. Les Carthaginois donnèrent leur consentement. Le roi, tout joyeux, en informa leà Romains, qui le quittèrent pour retourner auprès de leur général. Mais, quelques heures après, il vit arriver d'autres députés, chargés d'un fâcheux message : Scipion souhaitait toujours la paix, mais son conseil était d'un avis diiïéreiit et rejetait le projet de traité. Publius voulut ainsi, nous dit Polybe, mettre sa conscience en repos : une trêve avait été conclue pour négocier l'accord; l'avis donné à Syphax devait lui faire comprendre qu'elle était désormais rompue *.

Le roi des Masœsyles alla trouver Asdrubal et lui annonça cette nouvelle, qui l'affligeait beaucoup. Ils délibérèrent longuement; ne se doutant pas du péril qui les menaçait, ils pensaient à attirer les Romains en plaine et à les vaincre dans une bataille rangée. Quant à Scipion, ses préparatifs et ses instructions étaient de nature à persuader à ses soldats qu'il allait attaquer la ville voisine. Mais, vers le milieu du jour, il con-

1. Polybe, XIV, 2, 5-14. Ce récit est sans doute e.xact : Polybe n'aurait pas altribué faussement à son héros une conduite assez peu loyale. Le patriotisme des historiens romains jugea (ju'il fallait atténuer ou même altérer la vérité. Tile-Live (XXX, 4, 8) fait une petite addition à Polybe, qu'il copie. Les Carthaginois, dit-il, persuadés que Scipion désirait la paix à tout |)rix, ajoutèrent certaines clauses défavorables aux Romains: Publius y trouva un bon prétexte de rupture. — On voit par l'abrégé de Zonaras (IX, 12, p. 438, d) que Dion Cassius mentionnait l'envoi d'espions dans les camps ennemis, sous couleur de négociations. Mais cet auteur indi(|uait que Scipion eut des motifs légitimes de ruplure, en particulier un attentat machiné par .Syphax contre Masinissa. — Dans le récit d'Appien (Lib., 17-20), il n'est question ni des négociations simulées de Publius, ni de ses espions. Le fourbe est Syphax, qui engage des pourparlers avec le général romain afin que les Carthaginois aient le temps de termines leurs prcparalifs. cependant, il fait des oITres séduisantes à Masinissa, tout en ordonnant à son émissaire de payer un assassin pour tuer le .Massyle, si ces offres sont rejelées. Puis Syphax et les Carthaginois décident une attaque générale sur terre et sur mer. Masinissa en est informe p,ir des Numides, dans la nuit qui précède le jour llxé; il s'empresse d'avertir Sdpion. Celui-ci prend aussitl^t la résolution de devancer l'olTensive enneiiie; il se jette, celle nuit-là même, sur le camp d'Asdrubal.

osEi.i., m. 15

voqua les tribuns qui lui inspiraient le plus de confiance et leur révéla son plan; il leur ordonna de faire sortir les troupes après le repas du soir, à l'heure oii, selon l'usage, toutes les trompettes sonneraient devant la tente du général. Puis il eut une conférence avec les espions envoyés dans les camps ennemis; en comparant leurs rapports et en s'aidant des avis de Masinissa, qui connaissait les lieux, il se rendit un compte exact des accès et des issues.

A la fin de la première veille (à neuf heures), il partit, laissant des hommes en nombre suffisant pour garder ses positions. Il fut vers minuit à proximité des Numides et des Carthaginois. Alors il remit la moitié de ses troupes et tous les Massyles à Lœlius et à Masinissa, en leur prescrivant d'attaquer le camp de Syphax. Lui-même, avec ceux qui lui restaient, se dirigea vers le camp d'Asdrubal. Mais il marcha lentement*, car il ne voulait rien entreprendre avant que le feu n'eut été mis aux cantonnements des indigènes. Ce fut une besogne aisée. L'incendie, allumé par des soldats qui avaient devancé les autres, se propagea avec une très grande rapidité, à travers les huttes entassées et faites en matériaux très inflammables. Lselius et Masinissa s'étaient partagé leurs forces : le premier avait fait halte, prêt à intervenir au moment opportun ; le roi était allé se poster là où il prévoyait que les fu3^ards passeraient. Aucun ennemi ne soupçonnait la vérité; tous croyaient que le feu avait pris par accident. Sortant de leurs cabanes à demi endormis ou ivres, ils périrent les uns au milieu des flammes, beaucoup d'autres en s'écrasant aux portes de l'enceinte; d'autres enfin, qui avaient pu s'éloigner, tombèrent sous les coups des Massyles, sans même savoir ce qui leur arrivait. Les Carthaginois, quand ils virent un immense incendie

1. On a rapporté à cette marche de Scipion un fragment de Cœliiis. cité par Nonius Marcellus (Peter, Fragm., p. 107, n'' 57) : « Coelius, Annali VI : I|i<e cum cetera copia pedetenlim sequitur ». Voir Sicglin, Jahrbiïcher fiir classisclie Pldlologic,XV' Supplementband, 1880, p. 8.

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embraser le camp voisin, crurent, eux aussi, à un malheur fortuit. Quelques-uns coururent au secours de leurs alliés. Mais la plupart, sortis sans armes, demeuraient immobiles en avant du retranchement et regardaient ce spectacle avec stupeur. Scipion, se jetant sur eux, les massacra ou les poursuivit dans leur camp, auquel il mit le feu. Le désastre ne fut pas moins grand que chez les Numides. Asdrubal comprit alors que les deux incendies avaient été allumés par les Romains et il ne songea plus qu'à échapper à la mort. 11 y réussit à grand'peine, de même que Syphax. Ils s'enfuirent, chacun de son coté, avec quelques cavaliers \ Mais les flammes ou le fer détruisirent la majeure partie de leurs armées : des milliers de soldats, de chevaux, de bêtes de sommet Comme à Carthagène six ans plus tôt, la fortune avait favorisé l'audace de Publius. ce De toutes ses belles actions, écrit Polybe^ ce fut, à mon avis, la plus belle et la plus hardie »,

Asdrubal gagna la ville la plus proche, Anda\ où accou-

1. Polybe, XIV, 3-5. Ïile-Live (qui copie Polybe), XXX, 5-6; couf. Froulin, Stral., II, 5, 29. —On trouve dans Appien {Lib., 21-22) un récit différent. Scipion attaque le camp punique et y met le feu. A la vue de rincendie, Syphax se contente d'envoyer au secours d'Asdrubal des cavaliers, qui sont massacrés en route par iMasinissa. Le roi des Masœsyles apprend au point du jour le désastre de ses alliés. 11 s'enfuit et Masinissa s'empare de son camp. Le récit de Dion, résumé par Zonaras (IX, 12, p. 438, d — 439, a) parait avoir été à peu près semblable. Lincendie du camp d'Asdrubal y précède l'incendie du camp numide.

2. Selon Tite-Live (XXX, 6, 8-*.), probablement d'après Valerius Anlias), 40 000 ennemis furent tués, plus de 5 000 faits prisonniers (dont un grand nombre de nobles carlba^inois et 11 senaleursi; 174 étendards et plus de 2 700 cbcvaux numides fureut pris. Appien (Lib., 23j indi(iue environ 100 morts du côte des Romains, près de 30 000 chez les ennemis, 2 400 prisonniers, auxquels il ajoute 000 cavaliers qui se seraient rendus ensuite à Scipion. Ces chiffres no nu'iilent pas plus (le conllance (jue ceux dLulrope (111, 20. 3) pour les pertes romaines ; 11 morts sur 4 500 soldais emmenés par Scipion. Si les perles des Carthairinois et des Numides furent très grandes, il est à peu prés certain que les deux armées ne furent pas anéanties, «juoi tju'en dise Polybe (XIV. 5, 10) : v. inj'ra. p. 230, n. 1. — Tile-Live et Appien mentionnent des élephanls tués ou pris : vuir l. II, p. 407, n. 1.

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