Tile-Live, XXX
5. Dans Tite-Live, XXX, 22-23 (source inconnue), les ambassadeurs déclarent au Sénat qu'ils sont chargés de demander le maintien du traité conclu à la fin de la première guerre punique. On leur pose des questions embarrassantes sur certains faits du passé; ils les éludent en prétextant qu'ils sont trop jeunes pour savoir de quoi il s'agit. On les fait sortir et l'assemblée délibère. Elle décide de renvoyer simplement ces députés. — Dans Dion (fragm. 56, 77, et apud Zonaras. IX, 13, p. 440, d), le Sénat refuse d'abord de donner audience aux députés, parce que fe n'est pas la coutume des Romains de traiter avec des ennemis (jui ont des armées en Italie. .Vprés l'embarquement d'Hannibal et de Magon, les conditions fixées par Scipion sont adoptées, non sans de longues discussions. Notons que ces discussions durent eu effet être longues, car !< ilcpart des Baroides parait avoir précédé de plusieurs mois la conclusion de la paix. — Selon Appien (/-«6., 31-32),
246 IIISTOIUE MILITAIIŒ DE GAIITIIAGE.
l'entrée en cliarge des consuls de l'année 202 (15 mars du calendrier ofliciel) S le Sénat et le peuple ap[)rouvèrent les conditions énoncées par Scipion dans l'entrevue de Tunis et acceptées par les Carthaginois ^ Les députés, ainsi que Fulvius etLadius^ reprirent le chemin de l'Afrique.
Le traité venait d'être ratifié à Rome, quand des événements qui se passèrent à Carthage rallumèrent la guerre.
Deux grands convois avaient été formés pour ravitailler l'armée romaine. L'un, dirigé par le préteur P. Cornélius
le Sénat, après avoir entendu les ambassadeurs, discute et, ne sachant quel parti prendre, envoie à Scipion des cominissaires qui fixent avec lui les clauses du traité. Elles ne concordent pas exacleinent avec celles ([ue Tite-Live a énumérées d'après Polybe. Les Carlliaginois pourront garder 80 vaisseaux de guerre (et non 20); ils devront payer une indemnité de 1 000 talents (et non de 5000), renoncer désormais à r^ecruler des mercenaires, se renfermer en Afrique à l'intérieur des fosses phéniciennes: Masinissa possédera le royaume des Massyles et tout ce qu'il pourra prendre des États de Syphax. — Dans Eutrope aussi (111, 21, 3), 1* Sénat remet à Scipion le soin de fixer les conditions. Cet auteur indique également le chilfre de 30 navires, mais il donne un autre chiiïre qu'Appien pour l'indemnité (v. supra, p. 241. n. 3).
1. La ratilicalion du traité eut lieu très peu de temps avant que Scipion ne commençât la campagne qui se termina par la bataille de Zama, livrée eu 202 Publius avait déjà quitté son camp lorsque les ambassadeurs cartliaginois revinrent en Afrique avec plusieurs liomains (Polybe, XV, 4, 5), enlre autres Lœlius (Tile-Live, XXX, 25, 9). Celui-ci était probablement encore à Rome quand il fut élu questeur (vers la fin de janvier du calendrier officiel; et quand, après son entrée en charge ',1e 15 mars du môme calendrier), il fut désigné pour exercer celte magistrature auprès de Scipion : Tite-Live, XXX, 33, 2 (Publius. malgré la conclusion de la paix, ne pouvait pas évacuer immédiatement l'Afruiue avec son armée; son imperium dut èlre de nouveau prorogé). Si, comme le dit Dion Cassius {apud Zonaras, IX, 14, p. 441, c), Publius entra en campagne au début du printemps (-.o-l k'aso; £T:',Aia!;avTo:>, le traité fut ratifié vers le mois de mars du calendrier julien. Les deux calendriers auraient danc à peu près concordé. Il est vrai que, 12 ans après, en 190, f année oflicielle était en avance de près de 4 mois sur l'année julienne (une éclipse, indiquée au 11 juillet, eut lieu en réalile le
14 mars). Je ne sais comment il faut expliquer cette avance, mais il n'est pas prouvé qu'elle ait existé, du moins aussi furie, en 202, ni même un peu plus tard. Polybe (XVl, 24, 1) dit de Sulpicius, consul en 200, qu'il entra en cliarge pendant fhiver (-/E-.awv). L'hiver, au sens précis du mot, ne prend fin qu'après le milieu de mars : l'expression serait donc exacte, môme si, cette aunce-là, le
15 mars officiel élait rigoureusement tombé au 15 mars julien. Du reste, dans ce passage comme ailleurs, le mot ■/£'.;j.wv peut désigner la mauvaise saison, qui empiète sur le printemps.
2. Polybe, XV, 1, 3; 4, 8; 8, 8-9. Voir aussi Dion, fragm. 50, 77, et Zonaras, IX, 13, p. 440, d.