Voir p
SGIPION ET HANNIBAL.
:iro
beaucoup à souffrir. Mais ils s'affolèrent à leur tour. Les uns se précipitèrent par les couloirs que Scipion avait ménagés et traversèrent inoffensifs les lignes romaines. Les autres s'enfuirent vers la droite; criblés de blessures par les traits des cavaliers \ ils sortirent du champ de bataille^. Lselius, profitant, comme Masinissa, du trouble qu'ils avaient occasionné, se jeta sur la cavalerie carthaginoise, qui tourna bride. Lui-même et le roi s'élancèrent avec ardeur à la poursuite des fuyards ^
Hannibal s'attendait très probablement à la défaite de ses ailes. Mais l'issue de l'attaque des éléphants était évidemment un échec pour lui : les rangs romains restaient intacts.
Les deux infanteries s'avancèrent au pas l'une vers l'autre, à l'exception des vétérans d'Italie, qu'Hannibal laissa sur leur position*. Les mercenaires et les hastats se trouvèrent donc aux prises. Les premiers, braves et agiles, portèrent de rudes coups à leurs adversaires^. Pourtant ces derniers progressaient, grâce à leur bon ordre et à la supériorité de leur armement; ils étaient excités par les encouragements de ceux qui venaient derrière eux. Au contraire, les Carthaginois et les Libyens, placés en seconde ligne, ne se rapprochaient pas des mercenaires et ne les secouraient pas^ : par crainte, dit Polybe, ce qui n'est point vraisemblable, puisque, bientôt après, ils se conduisirent bravement '; par ordre, si l'on admet qu'IIan-
1. S'agil-il des cavaliers carthaginois qui formaient l'aile droite de l'armée d'IIanniUal, ou des cavaliers italiens qui étaient en face? Peut-être des premiers puis(|ue les éléphants portèrent le trouble parmi eux.
2. l'olybe n'iudi(iue pas ce ([ue tirent les velites après que les ek'phants eurent été mis hors de cause. Tite-Live (XXX, 35, 3) dit, d'après une autre source, que onze éléphants furent pris.