‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 248 sur 407 · Conf. Lehmann, p. 5l)3; Veilh, p. Odl, n · texte numérisé non relu

Conf. Lehmann, p. 5l)3; Veilh, p. Odl, n

nibal, voulant épuiser l'infanterie de Scipion en la forçant à une suite de luttes, avait résolu de sacrifier tout d'abord sa première ligne. Enfin les mercenaires cédèrent et, persuadés qu'ils étaient trahis, en vinrent aux mains avec les troupes de la seconde ligne*. Comme les Romains avançaient toujours, les Carthaginois et les Libyens durent aussi les combattre. Tenant tète à ces deux sortes d'ennemis, ils en tuèrent un grand nombre et ils mirent le désordre dans les rangs des hastats. Heureusement pour ceux-ci, les officiers des princes, voyant ce qui se passait, firent donner leurs hommes pour les soutenir^. Ainsi, la plupart des mercenaires et des Carthaginois périrent, soit en se frappant réciproquement, soit en tombant sous les coups des hastats ^ Comme nous allons le montrer, Polybe paraît exagérer en disant « la plupart » ; il n'en est pas moins vrai que les pertes des deux premières lignes furent très élevées. Hannibal ne permit pas à ceux qui échappèrent au massacre de s'introduire dans sa troisième ligne : il ordonna à ses vétérans de les écarter. Ils se retirèrent donc vers les espaces découverts qui s'étendaient à droite et à gauche de cette ligne*.

La plaine était encombrée de morts et de blessés. Ces amas de corps, mêlés à des armes, les flaques de sang sur lesquelles les pieds glissaient empêchaient les troupes de s'avancer en gardant leurs rangs. Scipion, après avoir fait porter ses blessés en arrière, modifia son ordre de bataille. Il fît rappeler par les trompettes les hastats qui poursuivaient les fuyards et les plaça

. 1. Qui, probablement, avaient ordre de ne pas accueillir les fuyards.

2. Polybe, XV, 13, 7 : o\ ...tàv izp'.'fyt.i'KOi'J rjYe[J.ov£;... £7i£o-Tr,aav rà; aûtwv xâltiç. Je ne crois pas que le mot £7r£(TTr,crav signifie ici « arrêtèrent ».

3. Polybe, XV, 13, 8 : Tcôv 6à (jitaôoçoptov xai Tâ)v Kap^/^^iSovîtov to 7î).£îjtov (Xc'poç TO [;."£V û:p'aÛT(ï)V, xb 6'"j7ïb tcov àaxâTwv aùxoO xaiEv-our). M. Veith (p. 647, n. 1, et p. 654) veut supprimer xal et expliquer « les mercenaires des Carthaginois « ; il croit en effet que la seconde ligne subit peu de pertes. Mai& le membre de phrase %o [ilv •jç'avxiôv s'oppose à celle correction.

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