Polybe, XV
devant l'espace où l'on avait combattu, en face du centre ennemi. Il commanda aux princes et aux triaires * d'aller, à travers les cadavres, occuper les deux ailes et d'y serrer les rangs, en se mettant à la hauteur des hastats^. L'infanterie romaine forma ainsi une seule ligne, compacte ^
Il y eut donc alors une pause. Publius n'était pas pressé de vaincre; il avait tout intérêt à attendre le retour de sa cavalerie, qui prendrait l'armée punique à revers. Au contraire, la crainte de cette cavalerie devait donner à Hannibal le désir d'obtenir le plus promptement possible un succès décisif. S'il interrompit, lui aussi, l'attaque pendant quelque temps, ce fut apparemment parce qu'il jugea nécessaire, après la défaite de ses deux premières lignes,, de remettre son armée en ordre*. Nous ne trouvons aucune indication à ce sujet dans Polybe. Mais il dit que, dans la dernière phase de la bataille, les deux généraux disposaient d'un nombre à peu près égal de soldats ^ Quelle que fût au début de l'action la supériorité numérique de l'infanterie d'IIannibal, on a peine à croire que sa troisième ligne, à elle seule, ait été aussi nombreuse que toute l'infanterie légionnaire de Scipion. Par conséquent, il lui restait d'autres combattants. Il est permis de supposer qu'il put arrêter dans leur fuite les survivants des deux premières lignes, qui, nous l'avons vu, s'étaient retirés à droite et à gauche des troupes d'Italie, et les ranger à la hauteur de ces troupes ^ Peut-être fut-ce pour répondre à l'ordonnance nouvelle de son adversaire que Publius réorganisa son front. Ainsi les deux armées auraient été réduites à deux lignes de même étendue.
1. Les triaires n'avaient pas encore donné. Quant aux princes, (jui, erovonsnous, avaient soutenu les hastals eu danger, ils avaient lai;<se ces derniers poursuivre les ennemis.