Tite-Live, XXX, 30, 10. Appien, Lib
286 IllSTOlUE MILITAIUE DE CAUTllAGE.
Ta nuée et de perdre ainsi l'honneur d'avoir mis Qn à cette guerre K Mais il n'ignorait pas qu'à Rome, le peuple et la grande majorité du Sénat lui étaient tout dévoués; la victoire décisive qu'il venait de remporter l'aurait rassuré, s'il avait pu concevoir auparavant quelques inquiétudes. La vérité, Tite- Live la connaissait ^ : c'était que Puhlius et son entourage savaient combien serait difficile et long le siège d'une ville très forte par sa position et par ses remparts. Plus que jamais, les Romains voulaient la paix. Puisque les conditions qu'ils pouvaient imposer à Carthage la désarmeraient, à quoi leur eût servi de la détruire? Pour empêcher d'autres de s'emparer de ce lieu privilégié, il leur eût fallu s'établir en Afrique, se créer ainsi des charges nouvelles : ils ne s'en souciaient pas alors.
Dans un bref discours, Scipion déclara aux députés que leur patrie déloyale ne méritait aucune miséricorde; que, tombée maintenant à la discrétion de ses ennemis, elle devait s'attendre au traitement le plus rigoureux; que, cependant, Rome se montrerait clémente et magnanime ^ Après ce préambule, il énuméra ses conditions : concessions accordées aux vaincus, sacrifices exigés d'eux. Polybe les résume ainsi * : « Les Carthaginois auront en Libye les villes qu'ils avaient avant qu'ils ne déclarassent aux Romains la dernière guerre, le territoire qu'ils possédaient autrefois, leurs bestiaux, leurs esclaves et leurs autres biens. A partir de ce jour, il ne leur sera fait aucun mal; ils vivront selon leurs lois et coutumes; ils n'auront à subir aucune garnison... Mais ils restitueront aux Romains
1. Tite-Live, l. c. ; voir aussi Appiea, 56. Scipion lui-même l'aurait laissé entendre plus tard (Tite-Live, XXX, 44, 3), ce qui est peu vraisemblable.