‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 271 sur 407 · Id., XXX · texte numérisé non relu

Id., XXX

l.Id., XXX, 44, 13. — D'après Appicn (Lib., 54), Scipion aurait promis aux Carthaginois que leurs otages, au nombre de 150 (Polyhc, XV, 18, 8, dit. 100), leur seraient rendus lors de la conclusion de la paix. Si cela est exact, Rome en exigea de nouveaux, évidemment pour s'assurer le paiement régulier de l'indemnité. Ces otages sont mentionnés en Italie à diverses dates, en 200, 109, 198, 181, 168 : Cornélius Népos, Hannibal, Vil, 2; Tite-Live, XXXII, 2, 3-4; XXXII, 20, 5; XL, 34; XLV, 14; Zonaras, IX, 16, p. 446, a. De temps en temps, une partie d'entre eux étaient renvoyés et remplacés par d'autres (conf., pour les ot.iges fojrnis à Rrvme par Antiochus, Polybe, XXI, 43, 22 [édit. Rûttner-Wobst; alias, XXII, 26]: Tite-Live, XXXVIII, 38, 15). Tite-Live (XXXII, 2, 3) affirme qu'en 199, Rome en -rendit 100 sur ceux qu'elle détenait : « centum redditi obsidos; de ceteris, etc. » (il donne le même chiffre pour l'année 181 : XL, 34). Leur nombre aurait donc été supérieur à la centaine, contrairement à ce que dit Polybe

quittèrent enfin l'Afrique, dans l'été ou l'automne de l'année 201 \ et Publius, après avoir traversé une partie de l'Italie au milieu des acclamations, célébra, quelques mois plus tard, un éclatant triomphe ^ On l'appela désormais ^Africain^

Il avait obtenu tout ce qu'il avait souhaité : arracher Ilannibal de l'Italie, imposer aux Carthaginois la fin de cette longue guerre, en prenant les mesures nécessaires pour les empêcher d'en recommencer une autre S

Quant à Carthage, le manque d'une forte marine ne lui avait pas permis d'écarter les Romains de l'Afrique, puis de couper leurs communications avec la Sicile. Depuis quatorze ans, elle avait levé, sur le domaine trop peu étendu qu'elle possédait en Berbérie, presque tous les hommes propres au service militaire, et ce ne fut pas sans peine qu'elle réunit des troupes pour faire face à l'invasion. Son allié Syphax ne lui amena que des masses non exercées et mal commandées. Lorsque les premières victoires romaines eurent détruit ces trop faibles

(Taubler, l. c, p. 190). Ajoutons que les indications relatives aux otag-es carthaginois proviennent de chroniqueurs qui ne méritent pas grande conliance. De mcme, le prétendu refus des Romains, en l'année 200, de rendre les prisonniers carthaginois : Népos, llannibal YII, 2-3.

1. On voit par ce qui précède qu'il dut s'écouler un certain temps entre la décision prise à Home de faire la paix (après le 13 mars du calendrier officiel, qui ne s'écartait probablement pas beaucoup de l'année astronomique : v. supra, p. 24G, n. 1) elle traité définitif. Selon Appien (Li6., 54), Publius avait stipulé que les Romains évacueraient l'Afrique dans les ioO jours qui suivraient la conclusion de ce traité. — Yalerius Antias préiendait que des soldais romains, ayant appartenu à l'armée de Scipion, étaient restés cà et là en Afrique jusqu'à l'année 193 : Tite-Live, XXXV, 2, 8. Il n'y a sans doute aucun compte à tenir de cette assertion.

2. Polybe, XVI, 23. Tite-Live, XXX, 43, 1-3. Appien, Lib., 63-GG. — D'après Tilc-Livc (XXX, 43, 3), Scipion aurait versé sur son Itutin 133 000 livres d'ar^^ent au Trésor (43 010 kilogrammes) : indication empruntée à un chroniqueur et sujette à caution.

3. Tite-Live, XXX, 43,0; Kulrope, III, 23, 3; Zonaras, IX, 14. p. 4i3, c, et 20, p. 434, a; etc. Ce surnom ne lui fut point donné en vertu d'une décision officielle (voir Tite-Live, /. c), pas plus (|ue l'épitliète de « Grand » qu'on lui dé(.'(>rna aus<i : P.)lyl.e, XVllI, .33,9 (1L-\V.; alias XVllI, 18); XXXI, 20, 1 (H.-W.: aliasWWl, 12, G); Diodorc, XXXI, 27, 3 et 4 ; Plulaniue, Caton l'AncU-n, 3: Zonaras, IX. H, p. 443, c.

4. ConL Tite-Live, X.XIX, 20,0 : •• ad llnnnibalom detrahendum ex llalia IransfercndunKjue et flniendum in Afriea helluin se transire vul.raverat «•.

obstacles, elle mit sur pied, par un suprême efTort, une armée sans cohésion et pauvre en cavalerie. Le génie d'IIannibal no put compenser cette double infériorité. L'absence de bonnes forteresses à l'intérieur du territoire punique, l'indiiïérence ou l'aversion des sujets indigènes, l'impossibilité de tirer de nouvelles recrues d'un pays épuisé et déjà en partie occupé par l'ennemi interdirent aux vaincus toute tentative pour continuer la lutte. Après Cannes, Rome fut sauvée grâce à la solidité de sa domination dans l'Italie centrale et aux réserves d'hommes qui ne lui firent pas défaut. Après Zama, les Carthaginois n'eurent plus à opposer à Scipion que les remparts de leur ville et de quelques colonies du littoral.

Rome, victorieuse de Carthage, se tourna contre les anciens alliés d'Hannibal, les Gaulois de la Cisalpine, qu'elle soumit définitivement, Philippe, qu'elle réduisit à son royaume de Macédoine. En Espagne, elle garda ses conquêtes, — les conquêtes des Barcides, — et les étendit, malgré la résistance vigoureuse et tenace des indigènes.

Après Tannée 201, un Amilcar était resté dans la Haute Italie, où il guerroyait contre les Romains^ : le gouvernement punique le désavoua, le condamna à l'exil et confisqua ses biens ^. En i9o, sur l'ordre de Rome, il frappa de même le grand Hannibal, qui, en fuyant, épargna à sa patrie la honte d'une sentence plus sévère. Puis, en 103, il envoj^a une ambassade en Italie, pour dénoncer les menées d'un émissaire d ïïannibaP. Seul de tous les Carthaginois, celui-ci demeura l'ennemi déclaré des Romains. Pour les vaincre, il comptait sur Antiochus, qui l'avait accueilli. Mais le roi de Syrie n'était pas disposé au duel implacable auquel son hôte le conviait. S'il ne voulait pas tolérer que Rome s'ingérât dans les aiïaires

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