Voir p. 287, n
du Nord '. Peut-être espérait-il qu'il n'aurait pas à la conquérir, que la glorieuse cité assurerait sa durée en se livrant à lui. On sait qu'un parti disposé à s'entendre avec Masinissa se forma à Cartilage quelque temps avant le milieu du second siècle ^.
Nous ignorons comment les Carthaginois perdirent leurs colonies des côtes de l'Algérie. Pour d'autres usurpations du roi, quelques textes nous donnent des renseignements fort insuffisants et qu'il est difficile de mettre d'accord.
De Polybe, il nous reste un extrait ^ inséré dans un recueil byzantin; d'après la place qu'il occupe, il se rapporte à la troisième année de la 134^ Olympiade (162-161 avant J.-C). « Masinissa, dit l'historien, jetait depuis longtemps un œil d'envie sur les nombreuses villes du littoral de la petite Syrte, . sur les gros revenus que rapportait cette belle contrée, appelée le pays des Emporia. Peu avant l'époque dont nous parlons, il avait commencé à mettre les Carthaginois à l'épreuve. Il était devenu rapidement maître des campagnes ouvertes..., car les Carthaginois étaient amollis par une longue paix. Mais il n'avait pas pu prendre les villes, bien gardées. Les adversaires portèrent leur dilTérend devant le Sénat, auquel ils envoyèrent souvent des députés. Toujours les Romains donnèrent tort à Cartilage, parce qu'ils estimaient que cela était conforme à leur intérêt, et non point par esprit de justice. En effet, peu de temps auparavant, Masinissa, poursuivant avec son armée un rebelle, nommé Aphther, avait lui-même prié les Carthaginois de lui permettre de traverser la contrée des Emporia : autorisation qu'ils lui avaient refusée, lui déniant tout droit sur ce pays. Ils n'en furent pas moins contraints par les décisions du Sénat, à
1. Ce qui le prouve, c'est le mécontentement profond que lui causa la décision des Romains de détruire Carlliage : v. infra, p. 353; conf. Mommsen, Histoire romaine, trad. Alexandre, III, p. 2"2; Kahrstedt, p. 610-1. Je ne prétends pas, du reste, ([ue Masinissa ait eu cette ambition dès le lendemain de la guerre d'Hannibal.