‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 310 sur 407 · Voir p · texte numérisé non relu

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d'argent, dont ils verseraient 200 tout de suite. Mais ils refusèrent de livrer les déserteurs et Ton ne put aboutir à une •entente. Scipion, ayant reçu les éléphants, retourna en Espagne.

Les deux armées demeurèrent l'une en face de l'autre, dans une région sans ressources. Renonçant à une bataille rangée, le roi entoura d'un fossé la colline qui portait le camp des Carthaginois et les empêcha ainsi de recevoir des vivres. Mais il n'était lui-même ravitaillé que très difficilement. Asdrubal, qui avait plus de provisions, espérait que son adversaire, réduit à la famine, prendrait enfin l'offensive; il comptait le vaincre ■et rompre le blocus. Il attendit. Il savait d'ailleurs que des députés romains arrivaient : pour conclure un accord, disait-on. €es députés vinrent en effet. Ils avaient, selon Appien, reçu l'ordre de mettre un terme à la guerre, si Masinissa avait le dessous, de le stimuler au contraire, s'il était victorieux ^

Cependant les Carthaginois avaient épuisé leurs vivres. Ils mangèrent successivement les bêtes de somme, les chevaux, puis des cuirs, qu'ils faisaient bouillir en entretenant du feu avec les débris de leurs armes. Des épidémies ravagèrent cette multitude affaiblie par la faim, accablée par les chaleurs de l'été, entassée dans un étroit espace, au milieu d'une grande quantité de corps en putréfaction. Il n'était possible ni d'emporter les morts, car les ennemis ne laissaient passer personne, ni de les brûler, car le bois manquait^. La majeure partie de l'armée avait déjà succombé et il ne restait plus aux survivants aucun espoir de salut quand ils se résignèrent à traiter avec Masinissa. Le roi exigea que Carthage lui remît les déserteurs, qu'elle rappelât les exilés et qu'elle payât une

1. Détail qui mo semble douloux. Pendant lonjrtomps, les Romains avaient pa souhaiter que Masinissa alTaiblit Cartlia^i^e; mais heaucoup d'entre eux s'inquiétaient maintenant de la trop grande puissance du roi numide. Les députés furent i)eul-tHre envoyés pour constater ofllciellement la violation du traité <le 201 par les Carlliapinois.

2. iNi sans doute de les enterrer daus un sol rocheux ^^Kalirsledt, p. 040).

indemnité de 5000 talents dans un délai de cinquante ans. Le» soldats d'Asdrubal durent sortir de leur camp par une seule porte, en ne gardant qu'une tunique. Ils traversèrent ainsi l'armée numide. Mais Gulussa n'avait pas oublié l'agression dont il avait failli être victime. Sur ces malheureux, désarmés et trop épuisés pour fuir, il lança des cavaliers qui les massacrèrent*. Très peu d'hommes, dit Appien, échappèrent à la mort* et rentrèrent à Carthage avec Asdrubal et quelquesautres nobles '.

Masinissa exigea sans doute la ville d'Oroscopa, qu'il avait assiégée au commencement de la campagne, peut-être aussi d'autres cessions territoriales. Nous savons assez exactement ce qu'en fin de compte, il laissa à ses voisins, après un demisiècle d'usurpations. La province romaine à'Africa, créée ea l'année 146, eut en effet les mêmes limites que la contrée possédée par Carthage au début de la troisième guerre punique*. Pour marquer ces limites, Scipion Emilien fit creuser, entre la nouvelle province et le royaume de Numidie,.

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