Ibid
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jugerai que vous en avez besoin ». Peu de temps après, il leur fit demander s'ils en désiraient. Mécontents de son arrogance et commençant à douter de lui, ils répondirent à leur tour : « Quand nous en aurons besoin, nous vous le ferons savoir^ ». Ils ne pouvaient pas ignorer qu'un petit-fils de Masinissa avait assumé la défense de Carthage.
Enfin-, probablement peu de temps avant le début de l'été, Manilius et Censorinus parurent devant la ville, avec leur armée et leur flotte.
Dans tout le monde méditerranéen, on parlait du grand événement qui se préparait. En Grèce, dit Polybe% les opinions sur la conduite de Rome étaient fort diverses. Les uns l'approuvaient : elle faisait bien, disaient-ils, de détruire une cité qui lui avait souvent disputé la suprématie et qui, à l'occasion, pourrait la lui disputer encore. Ces gens-là se laissaient tromper par la comédie de Caton et se figuraient que Rome avait encore peur des compatriotes d'Hannibal. D'autres critiquaient son ambition excessive, sa sévérité envers Cartbage, qui pourtant n'avait pas commis d'actes impardonnables et qui avait consenti à obéir à toutes ses exigences. On soutenait aussi que les Romains avaient agi d'une façon peu loyale en ne manifestant pas clairement leurs intentions. Ils n'avaient, répondaient d'autres, fait aux Carthaginois aucune promesse qu'ils n'eussent pas tenue.
1. Appien, 94. Conf. Zonaras, IX, 26. p. 464, b. Selon cet auteur, le roi aurait proposé de se charger des opérations contre Asdrubal, le général qu'il avait vaincu Tannée précédente, mais les Romains auraient décliné son oITre.
2. Peut-être au bout de quelques semaines. Appien (94), après avoir indiqué les retards des consuls, dit qu'ils marchèrent sur Carthage « au bout de quelques jours ».