Appien, iOO
5. Sur cette expédition, voir Appien, lOO-l, et, pour quelques détails, de extraits de Polybe, XXXVl, 8. 1-3 (édit. Biiltner-Wobst); à en juger par le § 3, le récit de Polybe était un peu plus développé que celui d'Appien. Courte menLioa dans Zonaras, IX, 27. p. 404, 6. Indications vagues dans Eutrope, IV ,10, 3.
LA FIN DE GARTHAGE. 3b9
le voyait pas quand c'était Scipion qui commandait. Les autres tribuns, jaloux de leur collègue, laissaient entendre que cette conduite de Phamaias pouvait, s'expliquer par des liens d'hospitalité entre sa famille et celle de Scipion. La vérité était plus simple. Publius évitait les surprises en empêchant ses soldats de se disperser au cours des marches, en couvrant par des postes et par des patrouilles les hommes qui travaillaient aux champs ^ Il devenait ainsi de plus en plus populaire dans l'armée. Il inspirait même confiance aux indigènes, envers lesquels il respectait scrupuleusement la parole donnée: ses collègues ne se faisaient pas faute de tomber sur des gens qui, après s'être enfermés dans des refuges, avaient capitulé et reçu la permission de retourner chez eux^
L'expédition était terminée quand les assiégés tentèrent d'enlever de nuit le fortin voisin de la mer. Aux clameurs des assaillants répondaient celles des Carthaginois qui garnissaient les murs de la ville : par tout ce tumulte, on voulait jeter la panique parmi les Romains. Manilius, ne pouvant distinguer où était le danger, retint ses troupes dans le camp. Scipion prit alors dix escadrons, avec des torches allumées, et recommanda à ces cavaliers de ne pas attaquer, mais de courir çà et là : les ennemis croiraient qu'ils allaient avoir affaire à des forces nombreuses et, par crainte d'être enveloppés, battraient en retraite. Ce fut ce qui arriva'.
1. Appien, 100 : to tteSîov 8 e[it>lt ôspcctv; ...tûv 6£pi!;6vTCùv. Il ne peut s'ai^ir de moisson, puisqu'on était en automne. Si ce que dit Appien est exact, il faut supposer que les liomincs de corvée coupaient des herbes vertes, pour constituer des provisions de fourrai^e. Mais ces herbes devaient à peine sortir de terre.
2. Appien, 101; Diodore, XXII, 7, avec quelques variantes; la source commune est certainement Polybe. Voir aussi le papyrus d'Oxyrhynque (Hossbach, p. 133).
3. Appien, /. c. Le sommaire de Tite-Live (1. XLIX) raconte brièvement cet épisode et, aussitôt après, l'attaque du camp romain, qui, selon Appien, eut lieu, au contraire, quelque temps auparavant. Zonaras (IX, 27, p. 404, c) mentionne l'attaque du camp (sans nommer Scipion) après l'e.xpédition à l'intérieur des terres; il ne parle pas de ralta(|ue du forlin. Selon M. Kahrsledl (p. 03h, Dion Cassius, ayant cru que le même événement était raconté deux fois tlans sa source, aurait supprimé l'un des récits, celui qui se rapportait à l'attaque du
Asdrubal avait son camp près de Néphéris. Tel était le nom d'un bourg situé à une trentaine de kilomètres au Sud-Est de Tunis, sur une colline escarpée S dominant à l'Ouest le Khangat el Iledjaj, longue et profonde vallée de forme elliptique. Par là passait le chemin le plus direct pour aller de Carthage au golfe d'IIammamet". Asdrubal commandait ainsi les communications par terre avec la côte orientale, où Néapolis était restée fidèle. Établi dans une position bien défendue par la nature^ et qu'il fortifiaS il pouvait, à l'abri des Romains, les surveiller d'assez près et, si une occasion favorable se présentait, tenter de les prendre à revers. Manilius résolut d'aller l'attaquera
Quand l'armée se fut engagée dans le Khangat % Scipion s'inquiéta en voyant les difficultés du terrain ; escarpements, ravins, lieux boisés; de plus, les hauteurs étaient occupées par les Carthaginois. On était parvenu à trois stades seulement d'Asdrubal, mais, pour l'atteindre, il fallait descendre dans le lit d'un cours d'eau, puis remonter de l'autre côté'. Publius
forlin, mais il aurait conservé l'indication chronologique relative à cette attaque et l'aurait appliquée à l'attaque du camp. Il me paraît plus simple d'admettre que la source de Dion, comme celle de Tite-Live, plaçait l'attaque du forlin avant celle du camp et que Dion, ou, plus probablement, son abréviateur Zonaras s'est contenté d'omettre le premier épisode.