Voir t. II, p
2. Delattre, Bull, archéol. du Comité, 1889, p. 270. Pour l'emplacement de Néphéris, voir Atlas archéol. de la Tunisie, f* de Grombalia, n° 39; Veith, apud Kromayer, Antike Schlachtfelder, III, 2, carte 15.
3. Tite-Live, Epit. l. LI : « Asdrubalis... castra ad Nepherim oppidum loco difficili sita ». M. Veith (t. c, p. 710 et carie citée) place ce camp à deux kilomètres à vol d'oiseau au Sud-Est de Néphéris, sur une hauleur (cote 215 de la carte de V Atlas arcliéologique).
4. Ce camp est qualifié de çpo-jp-.ov : Appien, 102; Zonaras, IX, 27, p. 464, c, et p. 465, c. Pour les fortifications qui l'entouraient, voir Appien, 126 (conf. t. 11, p. 419j.
5. Récit de cette expédition dans Appien, 102-4. Un fragment de Polybe s'y rapporte : XXXVl, 8, 4-5 (édit. Biittner-Wobst). Voir aussi Zonaras, IX, 27, p. 464, €-d\ Tite-Live, Epit. L XLIX, et papyrus d'Oxyrhynque (Rossbach, p. 133); Orose, IV, 22, 7.
6. Elle avait dû contourner à l'Ouest le lac de Tunis, puis marcher vers le Sud- Est, en traversant l'oued Miliane et la plaine de Mornak (voir la carte à la p. 109).
7. Cette rivière ne peut être que l'oued Bou Abid, qui suit le fond de la vallée.
jugea l'entreprise dangereuse et conseilla vivement de rétrograder. Les autres tribuns s'écrièrent que la retraite serait une lâcheté, et aussi une faute, car les ennemis, enhardis par cette fuite, tomberaient sur les Romains. Alors Scipion donna un nouvel avis. Il convenait de dresser le camp en deçà du cours d'eau : au cas où l'on aurait le dessous, on trouverait au moins un refuge. Mais ses collègues se moquèrent de lui; l'un d'eux menaça même de jeter son épée si c'était Scipion qui commandait toujours, et non Maiiilius. Le consul, homme inexpérimenté dans les choses de la guerre, fît passer la rivière à ses troupes. Un combat s'engagea et, de part et d'autre, on perdit beaucoup de monde. Asdrubal se retira dans son camp retranché, oii il n'avait rien à craindre, prêt à assaillir les ilomains s'ils retournaient en arrière. Ils prirent en effet ce parti. Mais quand ils durent repasser le ravin, dont les accès étaient rares et peu praticables, leur ordre fut rompu. Profitant de cette confusion, Asdrubal se précipita sur eux et tua un grand nombre d'hommes, qui, affolés, ne se défendaient même pas. Parmi les morts, il y eut trois des tribuns qui avaient conseillé l'offensive. Scipion garda son sang-froid dans cette circonstance critique. Se mettantàla tête de plusieurs centaines de cavaliers, il les divisa en deux pelotons, auxquels il ordonna de charger alternativement. Dès que l'un des pelotons tournait bride, après avoir lancé ses javelots, l'autre s'avançait, et ces manœuvres, ne laissant aux Carthaginois aucun répit, les contraignaient à négliger les autres troupes. Celles-ci purent traverser le ravin. Les cavaliers de Scipion le franchirent à leur tour, non sans peine.
Cependant, au début de ce combat, quatre manipules*
en se dirigeant vers l'Est. Elle passe à près de deux kilomètres à l'Est de roinpl.icement de Néphéris. Comme les Romains venaient du Nord-Ouest, Asdrubal avait dû se poster à l'Est de cotte ville, sur la rive droite. Voir Veith. /. c, p. 700 et carte 15. L'oued Bou Abiii a des berges élevées et abruptes (Veith. (Ig. 50). 1. C'est le chiffre donné par Appien (103); selon VEpitoine de Tite-Live {!. XIJ.X),
(environ 600 hommes), coupés de la rivière, s'étaient réfugiés sur une colline*. Asdrubal vint les envelopper. Quand les Jlomains s'aperçurent de leur absence, certains furent d'avis de les abandonner à leur sort et de ne pas risquer la perte de tous pour le salut de quelques-uns. Scipion déclara qu'il les délivrerait ou périrait avec eux. Il emmena plusieurs escadrons de cavalerie, portant des vivres pour deux jours. I parvint à une colline voisine de celle qu'occupaient les assiégés et exécuta une habile manœuvre, qui provoqua la fuite des ennemis, menacés d'être cernés. Son entreprise audacieuse eut donc un plein succès. Ayant rejoint l'armée, il reçut un grand honneur : la couronne d'herbe que les troupes romaines décernaient au héros qui les avait sauvées contre tout espoir^. La joie que causait cet événement était pourtant troublée par une pensée : les morts et, parmi eux, plusieurs tribuns restaient sans sépulture. Scipion, relâchant des prisonniers, les envoya à Asdrubal, pour le prier de faire enterrer les trois officiers. Asdrubal y consentit : on les reconnut à la bague d'or qu'ils portaient (les soldats n'avaient que des anneaux de fer)^
Manilius retourna à son camp de l'isthme, non sans avoir à subir en route des attaques de Phamaias et même, à son arrivée, une sortie des Carthaginois, qui ne purent tuer que quelques valets*.
deux « cohortes »; selon l'auteur du De viris illustribus (58), huit cohortes; selon Pline l'Ancien (XXII. 13), trois. Pline cite à ce sujet Varron et Tinscriplion de la statue de Scipion, dressée dans le forum d'Auguste. Il dit que Scipion, pour dégager ces trois cohortes, en prit autant avec lui; Appien ne parle que d'escadrons de cavalerie.
1. Pour la position de cette colline et la manœuvre de Scipion, voir Veith, p. 710, 711, et carte 15; il me parait bien affirmatif.
2. Corona obsidionalis. Velleius Paterculus. I, 12, 4; Pline, l. c; De vir. ilL, l. c. (l'auteur dit à tort que cette couronne était en or).
3. Appien,. lOi. Diodore (XXXII, 8) oiïre de légères variantes, qui ne me semblenl pas nécessiter l'hypothèse de l'emploi d'une autre source que celle d'Appien : Scipion, autorisé par le consul, écrit à Asdrubal, qui accueille sa demande et renvoie les ossements des trois Romains.