Appien
LA FiiN DE CARTHAGE. 373
recommanda aux soldats, quand on approcherait de CarLhage, de se tenir debout, pour paraître plus nombreux. La flotte, s'avançant à toute vitesse, arriva auprès du lieu où Mancinus luttait désespérément. En la voyant, les Carthagmois, dcj-i alarmés par les rapports des prisonniers, commencèrent à se replier, et Scipion put recueillir sur ses vaisseaux les troupes engagées dans cette folle aventure. Il se hâta de faire partir pour Rome Mancinus, auquel Serranus' succéda. Puis il alla camper à peu de distance de Carthage '. Les ennemis lui opposèrent un autre camp, qu'ils établirent à cinq stades (900 mètres) de la ville et qu'Asdrubal occupa avec des troupes aguerries : 6 000 fantassins et environ 1 000 cavaliers; ceux-ci devaient être pour la plupart des Numides, comme Bithyas, leur chef.
Tel est le récit d'Appien^ L'abréviateur de Dion Cassius* raconte d'une manière assez dilTérente les événements qui suivirent la venue de Publius en Afrique. Les Carthaginois qui pressaient Mancinus s'inquiétèrent, dit-il, à la vue d'une flotte romaine; ils n'en continuèrent pas moins leur attaque. Mais, quand des prisonniers, relâchés par Scipion, leur eurent appris qu'il était là, ils perdirent courage et se retirèrent. Asdrubal fut appelé et l'on renforça par des fossés et des palissades la ligne de défense que formait le mur transversal dressé en avant de la Cité^ Le consul remit à Mancinus la garde de Mégara; lui-même alla rejoindre Pison, son prédécesseur, pour prendre le commandement de l'armée. Cependant Asdrubal était rentré dans Carthage et avait très vivement pressé Mancinus, qui fut