Zonaras, \K, 29, p. 407, c-d
5. Voir t. II, p. 20. Il iu> me paraît pas possible de supposer que Zonaras parlw ici du camp retranché qui, selon Appien, fut établi à cinq stades en avant lio la ville.
dégagé par Scipion, accouru avec des troupes légères \ Ou voit que, d'après l'auteur copié par Dion Cassius, ^lancinus se serait maintenu pendant quelque temps dans Mégara^ Au contraire, selon Appien, c'est-à-dire selon Pulybe, ami de Publius, il n'y serait resté qu'une nuit et il aurait joué dans cette aiïaire un rôle fort peu glorieux. En tout cas, il ne laissa pas oublier qu'il avait été le premier à pénétrer de vive force dans Cartilage \ Après que Scipion l'eut prise, l'ancien légat de Pison exposa au forum un tableau qui représentait le plan de la ville et les attaques des Romains; il se tenait auprès et donnait des explications à la foule. Scipion s'offensa de cette sorte d'usurpation". Mais le peuple, dit Pline, récompensa Mancinus de sa complaisance en l'élisant consul aux comices qui suivirent \
La discipline s'était beaucoup relâchée dans l'armée romaine, qui, sous le commandement de Pison, n'avait guère combattu. Les soldats sortaient à leur guise pour aller ramasser du butin; ils le vendaient aux nombreux marchands qui vivaient au milieu d'eux et qui leur procuraient tout ce qu'ils pouvaient souhaiter. Des rixes, souvent sanglantes, éclataient quand il
1. Si Ton veut croire à l'exactitude de ce récit, l'on doit admettre que Scipion, pour secourir Manilius, fit une partie du trajet par mer, puisque l'isthme était barré par le triple rempart de Carthage.
2. A en juger par une indication de VEpitome du livre LI, Titc-Live aurait, lui aussi, attribué plus d'importance que Polybe à l'attaque de Mancinus : « Carthago... per partes capta est, primum a Mancino legato, deinde a Scipione consule ». — Pline l'Ancien, YII, 47 : « Manilius [corr. Mancinus], qui Carthaginem cum exercitu intravit ».
3. Pline, XXXV, 2-3 : <- L. Hostilius Mancinus, qui primus Carthaginem inruperat ». Cette affirmation n'est pas tout à fait exacte : en 149, des soldats de Censorinus étaient entrés par une brèche (voir p. 350).
4. Il était, prétendait-on, très jaloux de sa gloire. Plutarque (Fieg. et imper, apophth., Scipio Minor, 11 : Moralia, Didot, I, p. 243) rapporte une anecdote qui est évidemment une légende. Au temps du siège de Carthage, un chevalier, dans un diner somptueux, fit servir un gâteau qui imitait la forme de la ville ennemie et invita les convives à le mettre en pièces. Scipion, devenu censeur (en 142), dégrada ce personnage. Et, comme l'autre lui demandait le motif de sa sévérité : « Parce que tu as, dit-il, mis Carthage à sac avant moi ».
5. L. c. Ilostilius Mancinus fut en effet consul en l'année 145.
LA FIN DE CARTHAGE. 37v^
s'agissait de partager le produit des rapines. Scipion eut à rétablir l'ordre, comme l'avait fait son père Paul-Emile lors de la guerre contre Persée, comme il le fît lui-même plus tard devant Numance. Il chassa du camp les intrus et n'admit qu'à certaines heures et sous une étroite surveillance les marchands autorisés à vendre les denrées qu'il ne crut pas devoir interdire. Il menaça de punir sévèrement les actes d'indiscipline ^
Sûr désormais de ses troupes, il les mena à l'ennemi. Une nuit, il attaqua de deux côtés le quartier de Mégara, sans que les Carthaginois s'y attendissent. Tandis qu'une des deux colonnes se rendait au lieu qu'il lui avait désigné, l'autre, dont il avait pris le commandement, exécuta dans le plus profond silence une marche de vingt stades-; elle portait des haches, des échelles et des leviers. Les hommes qui gardaient le rempart ne la virent que quand elle était déjà tout près. Ils jetèrent des cris d'alarme, auxquels répondirent de grandes clameurs poussées par les compagnons de Publius et aussi par ceux qui formaient la première colonne. Assaillis subitement dans les ténèbres et sur deux points par des forces nombreuses, les Carthaginois furent d'abord très ellrayés. Cependant les tentatives d'escalade de Scipion échouèrent. Par bonheur pour les Romains, une tour appartenant à un particulier s'élevait à cet endroit, en dehors du mur, qu'elle égalait en hauteur. Elle était déserte. Sur l'ordre du général, de courageux jeunes gens y montèrent. Ils écartèrent, par une grêle de traits, les défenseurs du rempart qui leur faisaient face, formèrent un pont avec des poutres et des planches et purent ainsi passer sur la courtine; de là, ils coururent à une petite porte, qu'ils brisèrent et par laquelle ils introduisirent