Appien
5. Le récit de Zonaras (IX, 29, p. 467, d — 468, a) diffère beaucoup de celui d'Appien. L'attaque de Scipion y suit immédiatement TalTaire de Mancinus. On a vu que, selon Zonaras, le consul s'était porté en toute hâte au secours de Mancinus et qu'il l'avait dégagé. Lorsque Pison, marchant derrière lui, est arrivé sous les murs de Carlhage. Scipion l'invite à se tenir auprès d'une des portes. Il fait faire le tour à d'autres soldats, jusqu'à une poterne très éloignée. Lui-môme, avec les meilleures troupes, pénètre à l'intérieur de l'enceinte, guidé par des transfuges. Il court à la poterne, dont il brise la fermeture, et il introduit ceux qui l'attendent au dehors. Puis, mettant en fuite sur son passage les rares senti-
Lorsque le jour parut, Asdrubal, furieux:, traîaa sur le rempart tous les prisonniers romains, bien en vue de Tarmée de Scipion \ Il les fît mutiler de diverses manières ou écorcher, puis jeter, encore vivants, du haut de la muraille^. Il voulait ainsi enlever à ses concitoyens tout espoir d'une réconciliation avec Rome et accroître leur ardeur de combattre, qui, seule, pourrait désormais les sauver. Beaucoup désapprouvèrent ce forfait; ceux qui parlèrent le plus haut furent mis à mort et les autres se turent ^
Scipion incendia le camp que les ennemis venaient d'évacuer. Ayant, en somme, échoué dans sa tentative d'assaut, il se décida à un blocus, ^faître de l'isthme, il le coupa par un fossé, à une portée de trait de l'enceinte punique. Cet ouvrage, long de vingt-cinq stades (près de quatre kilomètres et demi), fut exécuté malgré des attaques incessantes. Le consul fît ensuite creuser un fossé semblable, à peu de distance du premier, du côté du continent, et deux autres, transversaux, en bordure de la mer et du lac. L'ensemble présenta l'aspect d'une immense fosse rectangulaire, qui fut garnie de pieux pointus. En arrière, Scipion dressa des palissades sur trois des faces. Sur la quatrième, celle qui regardait Carthage, il construisit un mur, large de six pieds et dont la hauteur était de douze pieds, non compris les créneaux. Des tours s'élevaient de distance en distance; celle du milieu dépassait de beaucoup les autres et était surmontée d'un bâti en bois formant quatre étages, obser-
nelles qu'il rencontre, il se dirig-e vers la porte près de laquelle se trouve Pison. Presque toutes les forces romaines sont à l'intérieur des murs, quand Asdrubal se rend comple de la situation, à la fois par les avis qu'il reçoit et par ce «lu'il voit de ses propres yeux. Après une courte résistance, les Gartliaiiinois se réfugient dans le Cotlion et dans Byrsa, abandonnant le reste de la ville.
i. Par conséquent, sur la haute muraille de l'isthme. Les fortilications plus basses qui la précédaient ne pouvaient empêcher les Romains de voir le sommet de celte muraille.
2. Appien, 118. Allusion dans Polybe, XXXVllL 8, 1 \B.-\V. ; nlias XXXIX. 2). Voir aussi Zonaras, IX, 29, p. 4GS, a; papyrus d'0.\yrhyn([ue (Uossbach, p. 137).