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5. Le Iracé Ocliler aurait eu environ 1 000 inclres, le tracé llantz aurait dé plus long encore.
382 HISTOIRE MILITAIKE DE CARTHACE.
et auraient du franchir des fonds de plus de quatre mètres. Le tracé de M. Oeliler aurait, en partant du cordon, pris une direction Sud-Est qui n'était point celle du but à atteindre ^ Le tracé de M. Courtet aurait été également trop long et se serait avancé par des eaux trop profondes; d'ailleurs M. Hantz nie l'exactitude des constatations sur lesquelles s'appuie l'hypothèse de son prédécesseur-. Resterait le double dos d'ane, qui passe par des fonds actuellement inférieurs à 1 m. 50 ^ Ce serait un tracé plausible, s'il était démontré que cette saillie représente la ruine d'une jetée*. Celle-ci aurait eu environ 850 mètres de longueur.
Il ne semble pas que, pendant la construction de la digue, Scipion ait essayé le moindre assaut. Ce n'était point pour attaquer qu'il avait occupé l'isthme. Les échecs de Manilius l'avaient sans doute convaincu que le triple rempart résisterait à toutes les tentatives. S'il ne renonçait pas à forcer l'enceinte sur un autre point, il voulait attendre que la faim eût épuisé les Carthaginois.
1. Quoi qu'en dise M. Oehier (l. c, p. 184), il est évident qu'Appien ne mentionne pas deux directions successives de la dig-ue. Tune vers le large, l'autre vers l'entrée du port, dans ce membre de phrase {Lib., 121) : Xtù[j.a oôv è; tr;/ ôdcXaaTav ïyoj aaxpôv, àp-/ôix2vo? (j.3v oltio xr|Ç xaiviaç..., r.poiiov ô'è; -h TiÉXayo;, xxt e-jQ-jvwv £7:1 tbv sttcXo-jv.
2. Voir en particulier C. r. Acad. Inscriptions, 1900, p. 67. La jetée qui, selon M. Hantz, aurait existé de ce côté se serait dirigée de TOuest-Nord-Ouest à l'Est- Sud-Est, par conséquent dans un sens opposé au but de Scipion; elle se serait toudée vers le Sud-Sud-Ouest à environ 300 mètres à l'Est du cordon.
3. L'ensablement a pu les diminuer depuis l'antiquité : Schullen, l. c, p. 75.
4. On ne voit pas comment les vestiges de la digue de Scipion auraient pu prendre la forme d'un double dos d'âne. Cette digue, qui, haute d'environ 3-4 mètres, mesurait en bas 28 m. 40 de largeur et portait une chaussée large de 7 m. 10, ne pouvait être qu'un amas de blocs; il n'y a pas lieu d'admettre l'hypothèse d'un ouvrage à deux parements verticaux, reliés par des matériaux de remplissage.
Quand les assiégés avaient vu leurs ennemis commencer à jeter des blocs dans la mer, en avant du cordon, ils ne s'en étaient guère émus, persuadés que l'entreprise ne serait pas menée à bonne fin^ Les progrès réguliers de la digue leur prouvèrent qu'ils se trompaient. Ils se décidèrent alors à creuser une nouvelle entrée des ports, sur la côte orientale, en un lieu où Scipion ne pourrait pas établir une digue semblable ^ Hommes, femmes, enfants y travaillèrent de jour et de nuit, en commençant par la partie la plus éloignée de la mer, afin que les Romains ne s'aperçussent pas de ce qu'ils faisaient ^ En même temps, des vaisseaux de guerre étaient construits avec de vieux matériaux*. Tous rivalisaient d'ardeur. Lorsque la flotte et le canal furent achevés % on perça une issue à travers la muraille qui bordait le rivage. Par là, sortirent cinquante trirèmes et quinquérèmes^ et quantité d'autres navires plus petits*^.
Les Romains avaient tout ignoré jusqu'à l'ouverture de la brèche. A la vue de cette flotte nombreuse et bien équipée, ils furent consternés. Leurs vaisseaux étaient presque vides, car les équipages avaient été débarqués pour coopérer aux travaux
i. Nous lisons, ati contraire, dans Zonaras (IX. 29, p. 468, 6) qu'ils essayèrent, par des attaques fré(|uentes, mais vaines, d'empêcher la construction de la dii::ue. lis firent sans doute tout ce qu'ils purent pour s'opposer au raccordement de la digue et du débarcadère.