Auteurs cités à la note précédente
5. La (lotte fut construite en deux mois, selon Strabon, L c.
6. Appien (121) ne mentionne ici i\ue des trirèmes, mais, quelques li{:!:nes plus haut, il dit que les Gartha^^inois fabriquèrent à la fois des trirèmes et des «[uinquérèmcs (conf. t. II, p. 445. n. 2, in Jinc).
7. Strabon donne le chilTre de 120 vaisseaux. Voir t. II, p. 443, n. 7.
de l'armée assiégeante. Par une attaque immédiate, les Cartliaginois auraient pu se rendre maîtres de toutes les forces navales de Scipion. Ils se contentèrent d'une parade orgueilleuse et rentrèrent. Trois jours après, ils reparurent, cette fois pour combattre. Les Romains, qui avaient eu le temps de se préparer, allèrent à leur rencontre. La lutte fut longue et acharnée. Les petits vaisseaux puniques firent beaucoup de mal aux galères ennemies, sous lesquelles ils se glissaient, perçant les proues, arrachant les gouvernails et les rames, se retirant et revenant avec une égale promptitude. Quand le soir tomba, les Carthaginois prirent le parti d'interrompre cette bataille, qui restait indécise, pour la recommencer le lendemain. Les petits bâtiments regagnèrent les premiers la nouvelle entrée des ports et, se pressant les uns contre les autres, ils eurent vite fait de l'encombrer. Lorsque les grands navires se présentèrent à leur tour, ils ne trouvèrent pas de place pour passer. Ils se réfugièrent à peu de distance au Sud, le long du débarcadère^; là, ils s'alignèrent, les proues en dehors, faisant face à la flotte romaine, qui vint les attaquer. Dans cette position, les combattants des vaisseaux puniques furent soutenus par des soldats accourus sur le quai qui s'étendait en arrière, et même par les défenseurs du bas rempart établi à travers la plate-forme, parallèlement au quai^ La tâche des Homains était aisée chaque fois qu'ils fondaient sur ces navires, incapables de les éviter; mais, quand ils se retiraient pour reprendre de l'élan, ils se trouvaient dans une situation très défavorable, car leur longues galères, en tournant, s'offraient de flanc aux éperons. Un heureux stratagème fut alors imaginé par des marins de Sidé (cette ville de Pamphylie, alliée de Rome, avait envoyé cinq vaisseaux). Ils allèrent jeter assez loin leurs ancres, attachées à des cordes très longues; puis ils
i. Conf. t. II, p. 74, n. 2.
2. Ces derniers durent faire usage de machines : voir ibid., p. 44, n. 6.
s'avancèrent à la rame et, leurs coups portés, reculèrent sans avoir besoin de virer de bord, en ramenant les cordes et en les repliant sur les poupes. Cette manœuvre fut imitée par la flotte entière, qui infligea de très lourdes pertes à ses adversaires. La nuit mit fin à la lutte; les navires carthaginois qui n'avaient pas été coulés réussirent à rentrera
Le lendemain matin, Scipion commença l'attaque du débarcadère, dont il voulait faire une base d'opérations contre les ports. Il fallait chasser les assiégés du rempart qu'ils y avaient construit. Les Romains pouvaient parvenir à cette plate-forme en suivant la chaussée de la digue, alors terminée". De nombreuses machines furent amenées par eux et les béliers ouvrirent des brèches à travers le mur. Mais, dans la nuit^ une foule de gens entièrement nus sortirent de la ville, se jetèrent à la mer et, marchant ou nageant par des eaux peu profondes, envahirent la partie du débarcadère occupée par les ennemis, qui ne les virent pas venir*. Ils avaient apporté des torches, qu'ils allumèrent alors et avec lesquelles ils mirent le feu aux machines de Scipion. Ces hommes, qu'exaspéraient la faim €t la souffrance, s'élançaient, semblables à des fauves, plus acharnés encore quand des traits blessaient leur corps sans défense. Les Romains, épouvantés, ne résistèrent pas longtemps. Par la digue, ils s'enfuirent vers le camp, où ils semèrent la panique ^ Publius dut sortir avec des cavaliers et
1. Combat naval : Appien, f?3. Mention dans Tite-Live, Epit. l. LI.