‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 375 sur 407 · Voir t. II, p · texte numérisé non relu

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3. Une citation, faite par Suidas (s. v. k'raj)/.?) et empruntée sans doute à Polybe (fragment 145 de rédition BiiltnerAVobst; alias XXXIX, 2, 18). indique <iue les Komains et les Gartbairinois passèrent les uns et les autres la nuit Itz: toC yu}<xx-:o;. Il s'agit, semble-t-il, de cette nuit-là : les Carthaginois auraient été les défenseurs •du bas rempart, les Romains, les hommes laissés à la garde des machines.

4. Pour les questions topographiques se rattachant à cet épisode, voir t. Il, p. 73-75.

5. Ce camp, où Scipion avait son quartier général, n'était certainement pas situé sur le débarcadère, en arrière des machines romaines, dans l'espace, large d'environ 50 mètres, compris entre le rempart carlhaginois et la haute luor II devait se trouver sur le cordon, près de la naissance de la digue. 11 n'y avaifc

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courir çà et là pour arrêter ceux qui se précipitaient dehors; il fît tuer quelques-uns de ces affolés et les autres rentrèrent. Les troupes passèrent la nuit sous les armes, craignant une attaque désespérée des Carthaginois. Mais ceux-ci, après avoir brûlé les machines, retournèrent par où ils étaient venus ^

Lorsque le jour reparut, les assiégés bouchèrent, sur la plate-forme, les brèches du bas rempart, le long duquel ils dressèrent, de distance en distance, de nombreuses tours-. De leur côté, les Romains fabriquèrent de nouvelles machines. En face des tours, ils établirent des tertres, d'où ils jetèrent, des vases pleins de soufre, de poix et de morceaux de bois enflammés. Us incendièrent ainsi plusieurs de ces ouvrages et, s'avançantà l'assaut, mirent en fuite les défenseurs du rempart. Scipion était maître de tout le 'débarcadère ^ A peu de distance de l'enceinte de la ville, il fit creuser un fossé et construire une muraille en briques, qu'il éleva à la hauteur do cette enceinte, de telle sorte que les traits lancés par ses soldats pussent atteindre les ennemis postés en face*. Il laissa 11 4 000 hommes^ La belle saison se passa ainsi ^.

Ce fut, autant qu'il semble, pendant l'automne qu'Asdrubal

saas doute, cette nuit-là, sur le débarcadère qu'un nombre assez restreint de soldats, chargés de garder les machines. La seule voie qu'ils pussent suivre dansleur fuite était la chaussée de la digue, et il est à croire que ce furent eux qui répandirent la panitiue dans le camp, quoique Appicn ne donne pas ces détails..

1. Appien, 124. Allusions vagues à cette affaire dans Florus, I,*'^l, 15, et probablement aussi dans Zonaras, IX, 30, p. 468, d.

2. C'étaient des tours en bois, comme le montre la suite du récit.

3. Appien (124-5) semble dire que, depuis le commencement de l'attaque jusqu'à la prise du débarcadère, il ne s'écoula que deux journées (avec la sorJe nocturne des Carthaginois dans l'intervalle). 11 me paraît cependant peu probable que les travaux importants exécutés par les assiégeants et par les assiégés aient pu l'être dans un laps de temps aussi court.

4. Fossé et muraille étaient évidemment parallèles à l'enceinte et traversaient par conséquent la plate-forme dans le sens de la longueur.

5. Appien, 125. Pour ce chilïre de 4 000, voir t. 11, p. 71-72.

6. Appien, 125-6 : Tb ôipo; s; zy/j-x àva/.côOr,. X3i{ji,'.)vo; ô'àp-/0!jivo-j, etc. 11 ne s'a"-it pas de l'été et de l'hiver dans le sens rigoureux de ces mots. La belle saison comprenait une partie de l'automne; la mauvaise commençait à peu près, vers la (in Qu'octobre,

essaya d'obtenir la paix^ Polybe- a raconté sans bienveillance deux entrevues que le g:éûéral carthaginois eut avec Gulussa, roi d^s Numides et allié des Romains.

Asdrubal, dit-il, était un homme naturellement gros, mais il avait encore pris de l'embonpoint depuis le commencement du siège et son visage était congestionné. Car, tandis que ses concitoyens mouraient de faim, il se livrait à la boisson et faisait des repas somptueux. Il ressemblait à un de ces bœufs gras qu'on amène à la foire. Au remiez-vous qu'il avait demandé à Gulussa, il se présenta armé de pied en cap, couvert d'un manteau de pourpre et accompagné de dix gardes : dans son sot orgueil, il paraissait vouloir surpasser les tvrans de tragédie. Laissant son escorte vingt pieds derrière lui, il s'avança jusqu'à la palissade et au fossé [c'était la li*^>"ne de défense extérieure, du côté de l'isthme^]. Sans souci des é^'^rds qu'il devait au roi, il lui fît signe de s'approcher. Gulussa était venu seul, vêtu avec la simplicité d^s Numides. Quand il fut près d' Asdrubal, il lui demanda de qui il avait peur pour s'être ainsi armé. — « Je crains les Romains. — Je m'en doutais bien ; autrement, tu ne te serais pas enfermé sans nécessité dans Carthage. Mais que veux-tu donc de moi? — Je veux te prier d'être notre intercesseur auprès dcScipion et de lui promettre de notre part que nous obéirons à tous ses ordres. Epargnez seulement cette malheureuse ville! — Quelle naïveté! Les Romains te tiennent assiégé par terre et par mer; ils t'ont

i. Les entrevues d'Asdrubal et de Gulussa précédèrent de peu les élections romaines, auxquelles on procéda vers le mois de novembre (voir p. :î37, n. 6). H s'a^'it du calendrier officiel, mais, comme nous l'avons dit, il ne devait pas s'écarter beaucoup de l'année astronomique. Pendant l'hiver, Gulussa tll campagne à une certaine di:5tance de Cartha^'e (Appien. \2{\). Zonaras (\X, 30, p. 408, c) mentionne la tentative d'Asdrubal après la conslmction et l'achèvement de la diirue (été de 147, selon le récit d'Ap[)ien), et avant des opérations militaires conduites sur le territoire puniifue (hiver de 147-0, selon Appien).

2. XXXVIll, 7-8 (B.-W- alias XXXIX, 1-2). Conf. un extrait de Diodon>. XXXii, 22. Appien a omis cet épisode.

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