‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 376 sur 407 · Voir t. 11, p. 28, u · texte numérisé non relu

Voir t. 11, p. 28, u

réduit à une situation presque désespérée, et tu t'imagines quo tu obtiendras d'eux ce qu'ils ont refusé à votre ambassade, alors qu'ils étaient encore à Utique et que vos forces restaient intactes! » L'autre lui répondit que c'était mal juger de l'état des Carthaginois : ils comptaient beaucoup sur leurs alliés (Asdrubal ignorait en effet ce qui s'était passé chez les Maures*); leurs troupes du dehors n'étaient pas entamées; surtout, ils avaient confiance dans les dieux; ils étaient d'ailleurs bien résolus à périr, plutôt que de livrer leur ville.

Quand ils se séparèrent, Asdrubal et Gulussa convinrent de se revoir trois jours plus tard. Scipion, à qui le roi raconta cet entretien, se mit à rire : « Quoi? voilà ce que réclame l'homme qui a infligé à nos prisonniers un traitement si indigne! Et, après ce crime, il espère que les dieux l'assisteront! » Mais Gulussa, s'il faut en croire Polybe, invita Publius, d'une manière très pressante, à terminer cette guerre^ : sans parler des événements imprévus, il devait se souvenir que les élections consulaires étaient proches et craindre qu'à la fin de l'hiver, quelqu'un ne vînt lui ravir sa gloire. Scipion le chargea alors d'annoncer à Asdrubal qu'il lui accordait la vie, ainsi qu'à sa femme, à ses enfants, à dix familles de ses parents et amis; qu'en outre, il lui permettait d'emporter dix talents, prélevés sur sa fortune personnelle, et d'emmener cent esclaves', à son choix ^. Gulussa transmit ces propositions dans la seconde entrevue qu'il eut avec le général ennemi. Celui-ci

Page 1