‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 382 sur 407 · Voir t. H, p · texte numérisé non relu

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7. Que divers savants ont, en effet, identifié avec TAtlas de Polybe : voir t. I, p. 4S0. n. 1. — On pourrait croire, d'après le texte de Pline, que Polybe plaçait

côté et il faudrait la distinp^uer de celle d'Hannon; il ne resterait pas plus de traces de l'une que de l'autre. Mais le chiffre de 496 milles est-il sûr*? En somme, nous ne pouvons pas dire où étaient cet Atlas et cette Cerné dont Polybe a parlé et que lui et ses compagnons ont dû voir au cours de leur voyage.

Hors de leur ville, les Carthaginois avaient encore des troupes nombreuses, qui demeuraient maîtresses de presque tout le territoire punique, continuaient à envoyer quelques vivres aux assiégés' et pouvaient un jour se hasarder à attaquer le camp de l'isthme. Scipion voulut en finir avec elles ^ Au début de l'hiver, des détachements parcoururent le pays en différents sens. Le consul entreprit lui-même une expédition contre le camp de Néphéris, où était le gros des ennemis, commandés, depuis le retour d'Asdrubal à Carthage, par un chef qu'Appien appelle Diogène*. Soucieux probablement de ne pas perdre de temps, il s'y rendit en traversant le lac de Tunis, que Laelius contourna avec la majeure partie des forces romaines. Le camp fat établi à deux stades (3oo mètres) de celui des Carthaginois ^ Lselius et Gulussa^ reçurent l'ordre de conduire vigoureusement les opérations; quant à Scipion, qui

TAnatis au couchant [c'est-à-dire au Sud-Ouest] de l'Atlas, et c'est ainsi que Solin (XXIV, 12) l'a compris. Si cette interprétation est exacte, il faut chercher l'Anatis et le Lixus à plus de 700 et de 1 000 kilomètres au delà de l'extrémité de la Maurétanie, fort loin dans le Sud. L'oued Draa s'appelait Lixus, comme l'oued Lekkous, mais si on l'idenlidait avec le Lixus tnenlionné par Polybe, on devrait placer l'Atlas et l'extrémité de la Maurétanie à une vingtaine de lieues seulement au Sud de Tanp:er.

1. Toute correction serait d'ailleurs arbitraire. Le chiiïre de 496 milles a été trouvé dans Pline par Solin (/. c).

2. Si la digue romaine interdisait l'accès des ports du cùté de la baie du Kram, on pouvait y pénétrer par l'entrée récemment ouverte.

3. Pour cette campagne, voir Af>|)ioni 126. Brèves indications dans Zonaras. IX, 30, p. 468, d, et Tite-Live, Epit l. Ll.

4. Lib., 126 : l'.o^i^i)ç (nom punique déformé?). Zonaras (/. c.) dit que ce camp fortifié était occupé par Bilhyas.

5. M. Veith [Antikc Schlachtfelder^ p. 711-2 et carte 15) veut pincer le camp romain entre le camp carthaginois et Néphéris, au Sud-Est de cetle ville.

6. Dans Appien (126), il faut probablement suppléer, avec Schweich.iuser : xal [AaOïov xai] roXoaarjv xaTa'AiTïcov. Couf. Zonaras, l. c.

désirait tout diriger, il faisait la navette entre Néphcris et Cartilage.

Deux larges brèches ayant été ouvertes entre des tours, sur le front du camp punique, il décida de donner l'assaut. Il choisit 4 000 bons soldats, plaça 1 000 d'entre eux en embuscade derrière la position ennemie et ordonna aux 3 000 autres de s'avancer vers les brèches, non pas en une seule masse compacte, mais en échelons, afin que, si les premiers étaient refoulés, ils n'eussent pas la possibilité de fuir. Un violent combat s'engagea. Pendant que toute l'attention des Africains se portait de ce côté, le corps de 1 000 hommes, exécutant les instructions du général, se jeta sur la face opposée de l'enceinte, arracha les palissades et fit irruption. Les troupes de Diogène crurent ces assaillants beaucoup plus nombreux qu'ils ne l'étaient en réalité et lâchèrent pied. Gulussa les poursuivit avec ses cavaliers et ses éléphants ^ Ce fut un grand carnage^.

Publius s'empara ensuite de la ville de Néphéris, après un siège qui dura 22 jours et qui fut très pénible : outre que le lieu était d'accès difficile, les Romains, dans cette région montagneuse, souffrirent du froid, car on était en plein hiver.

Le succès de cette expédition contribua beaucoup à la chute de Carthage. Les Libyens qui ne s'étaient pas encore détournés d'elle perdirent courage en apprenant la destruction de sa dernière armée; ils se soumirent aux officiers de Scipion, ou leur opposèrent une molle résistance, qui fut brisée sans peine. Les assiégés ne reçurent plus aucun convoi de vivres : il n'y avait personne en Afrique qui voulût ou pût désormais leur en

1. Le terrain, très accidenté, n'était pourtant guère favorable aux évolutions de «es animaux.

2. 11 y aurait eu 70 000 morts, soldats et non-combattants. Nous avons fait observer (t. 11, p. 343) que ce chiffre est inadmissible; peut-être est-il alléré. A moins que les Romains n'aient eu connaissance d'un recensement fait par leurs ennemis avant la bataille, on ne voit pas trop comment ils purent savoir que 4 000 hommes leur écLappèrent, comme le dit Appien.

envoyer*. Leur détresse croissait de jour en jour; les affamés qui succombaient ou allaient se livrer aux ennemis étaient innombrables^.

Au terme de son consulat, Scipion garda son commandement. Quand le printemps revint, il jugea que l'heure propice était enfin arrivée pour l'exécution de la sentence rendue, trois ans plus tôt, contre Cartilage. 11 avait toute son armée sous la main, les troupes envoyées çà et là pendant l'hiver ayant rempli leur tâche ^.

Dans les guerres des Romains, les prises de villes étaient précédées d'actes religieux. Un auteur du iv^ siècle de notre ère, Macrobe*, nous a conservé deux formules que prononçaient les généraux. L'une invitait les dieux protecteurs de la cité ennemie à l'abandonner et à se transporter à Rome, où ils trouveraient une demeure et seraient honorés d'un culte. L'autre s'adressait aux dieux infernaux : « Veuillez tous répandre la fuite, la frayeur, la terreur dans cette ville de... ^ et dans l'armée que j'ai conscience de nommer. Ceux qui porteront les armes et lanceront des traits contre nos légions et notre armée, veuillez les faire disparaître et priver de la lumière des cieux cette armée, ces ennemis, ces hommes, et leurs villes, et leurs champs, et les habitants de ces lieux, régions, champs, villes. •Considérez l'armée de ces ennemis, les villes et champs de ceux que j'ai conscience de nommer, les villes, champs, personnes

\. Appien, 126. — Billiyas fut fait prisonnier (Zonnras, IX, 30. p. 4G0, d). on ignore dans quelles circonstances.

2. Polybe, XXXVlll, 8, 12 (K.-W.; alias XXXIX, 2). Voir aussi Zonaras, IX, 30, p. 468, c, qui prétend que des Carthaginois se nourrirent de chair luiuiaine.

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