Peut-être la colline de Junon
4. Appien, 130. Voir aussi Zonaras, IX, 30, p. 469, 6; Florus, I, 31, 16; Orose, IV, 23, 2-3. Je donne le chifTre d'Appien, probablement pris dans Polybe; Florus et Orose en indiquent d'autres : voir t. II, p. 85, n. 2.
5. Diiis le sommaire du livre Ll de Tile-Live, nous lisons que, peu de jours avant de se rendre à Scipion, Asdrubal repoussa une prière de sa femme : celleci voulait qu'il s'enfuit avec elle auprès du vainqueur. Je ne sais si cela est vrai. Remaniuer que, selon Zona/as, la femme d'Asdrubal avait, quelques mois plus lût, fait une démarche auprès de Scipion et que son mari l'avait empêchée d'y
attaques. Mais, accablés de fatigue, torturés par la faim et l'angoisse, ils ne tardèrent pas à comprendre que le moment suprême était venu. Ils entrèrent dans le temple, sur ie toit duquel ils montèrent.
Asdrubal s'était dérobé. Tenant un rameau de suppliant, il alla rejoindre Scipion. Il embrassa ses genoux et implora sa pitié. Publius le fît asseoira ses pieds, exposé aux regards des transfuges. Ceux-ci demandèrent aux soldats qui se trouvaient en face d'eux d'interrompre un peu l'assaut; Scipion l'ayant permis, ils se tournèrent vers le chef carthaginois et lui lancèrent toute sorte d'outrages. Ensuite, ils incendièrent le temple et périrent dans les flammes. Parée comme en un jour de fête, la femme d'Asdrubal se dressa avec ses fils devant Publius et devant son mari. Elle appela le misérable. Gomme il se taisait, les yeux fixés à terre, elle invoqua les dieux, remercia Scipion de lui avoir promis la vie, ainsi qu'à ses enfants ^ ; puis, après un court silence, elle s'adressa à Asdrubal et lui reprocha sa lâcheté et sa trahison. Lorsqu'elle eut fini de parler, elle jeta les deux enfants dans le brasier et s'y précipita elle-même ^
C'en était fait des Carthaginois. Carthage brûla pendant dix jours encore *.
donner suite (voir p. 389, n. 1). Peut-être l'indication de Tite-Live se rapportaitelle au même fait ou à la même légende. En tout cas, cette défaillance aurait été effacée par une noble fin. Asdrubal, lorsiju'il se décida, malgré ses serments, à préférer le désiionneur à la mort, ne se soucia pas de sauver avec lui sa femme et ses enfants.
1. II y a là une allusion soit à la promesse faite à Asdrubal par l'intermédiaire de Gulussa (voir p. 388), soit peut-être à une autre promesse que la femme d'Asdrubal aurait elle-même sollicitée et obtenue de Scipion (voir p. 389, n. 1).
2. Appien, 130-131 ; fragment de Polybe, XXXVIII, 20 (B.-W. ; alias XXXIX. 3 a). Voir aussi Diodore, XXXll, 23; Strabon, XVII, 3, U; Zonaras, IX, 30, p. 460, b-c; Tile-Live, Epit. t. LI [la femme d'Asdrubal « in médium se llagrantis urbis iucendium cum duobus liberis ex arce praecipitavit ». C'eût été un saut prodigieux : Tite-Live n'est sans doute pas responsable de celte bévue]; Valêre-Maxime, 111. 2, ext., 8; Florus, 1, 31, 17; Orose. IV, 2:\, 4.
3. L'incen<lie dura 17 jours, selon Florus (I, 31. 18) et Orose (W, 23, 5). sans doute d'après Tite-Live. — Zonaras (IX, 30, p. 460, c) prétend que, la ville prise,
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La tâche avait été longue et rude pour ces Romains, débarqués en Afrique moins pour combattre que pour piller et détruire. Des chefs incapables et présomptueux, des soldats peu disciplinés et, semble-t-il, d'un courage médiocre s'étaient heurtés à des hommes prêts à tout oser avant de mourir, qui, privés de leurs armes par des procédés déloyaux, en avaient forgé d'autres et avaient soutenu, non sans habileté, une lutte héroïque. Scipion lui-même n'avait pu accomplir sa mission qu'au bout d'une année, et c'était surtout la famine qui lui avait livré Carthage.
Il accorda à ses troupes plusieurs jours de pillage, en faisant toutefois mettre de côté l'or, l'argent et les objets consacrés dans les sanctuaires *. Du butin, il ne garda rien pour lui ^. Il distribua des récompenses à tous, à l'exception de ceux qui avaient dépouillé le temple d'Apollon. Les armes, les machines, les vaisseaux des vaincus furent offerts à Mars et à Minerve; selon le rite romain, le général alluma le feu qui les détruisit ^ Les Siciliens furent invités à venir reconnaître et reprendre les objets précieux que les Carthaginois leur avaient jadis enlevés : des peintures d'artistes illustres, des statues d'un beau travail, des ex-voto en or et en argent, le fameux taureau de bronze que Périlaos avait fabriqué pour Phalaris d'Agrigente et dans les flancs duquel le tyran faisait brûler ses victimes *.
Scipion écrivit au Sénat pour savoir ce qu'il devait en faire. Cela est invraisem^ blable : le général avait depuis longtemps l'ordre de la détruire. Suit une discussion dans le Sénat : Caton (mort depuis plus de deux ans) y intervient.