‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 6 sur 407 · Id., XllI, 63 et · texte numérisé non relu

Id., XllI, 63 et

Une expédition, plus importante encore que celle de 409, fut confiée à deux Magonides : à Hannibal, déjà âgé, on adjoignit Himilcon, fils d'Hannon. Ils se présentèrent devant Agrigente, au printemps de l'année 406 ^ Mais l'ennemi brûla leurs tours d'attaque; les devins, sur un présage défavorable, les invitèrent à cesser de démolir des tombeaux pour élever des terrasses au pied des remparts; la peste s'abattit sur leurs troupes; elle emporta Hannibal. Afin d'apaiser les dieux, Himilcon sacrifia un enfant et jeta à la mer une multitude de victimes. Une armée, composée de Syracusains, d'autres Grecs de Sicile et •d'Italie, et aussi de Sicules, vint au secours des Agrigentins et engagea une bataille qu'elle gagna. Si elle ne put s'emparer du camp des Carthaginois, elle leur coupa les vivres. Les mercenaires, affamés, menaçaient de déserter. Himilcon se tira d'une situation très critique en capturant un grand convoi qui arrivait par mer de Syracuse pour ravitailler les assiégés. Ces derniers furent réduits à la famine et abandonnés de leurs défenseurs : des soldats campaniens se rendirent au Magonide; les chefs des alliés italiotes alléguèrent que leur temps de commandement était expiré. Après une résistance de sept ou huit mois, Agrigente succomba (décembre 406); la plupart de ses habitants s'étaient enfuis. Les massacres, les piUages, les incendies qui avaient accompagné la prise de Sélinonte et d'Himère se renouvelèrent alors. Himilcon resta en ce lieu jusqu'au début de l'été. Avant de quitter la ville, il la détruisit. Il alla assiéger Gela. Denys, devenu maître de Syracuse, amena des forces nombreuses. Une triple attaque, combinée contre l'armée punique, n'eut pourtant aucun succès et l'évacuation fut décidée. De nuit, la population et les troupes prirent le chemin de Syracuse, sans éveiller l'attention des ennemis. Le lendemain, Gela subit le sort d'Agrigente. Les gens de Cama-

1. Eu 407, selon M. Knhrslodi, Forschiimjen :ur GeschiclUe des ausgehenden fdnflea und des vicrten Jahrhunderts {BcrUn, 1910), p. 174.

6 HISTOIUE MILITAIRE DE CAUTHAGE.

rine s'enfuirent de même. Toutes les cités grecques du Sud de la Sicile n'étaient plus que des ruines. Il est possible que les Carthaginois se soient avancés jusqu'auprès de Syracuse, dont la chute leur eût livré l'île entière. Un siège eût été une rudeentreprise. Mais l'autorité de Denys était très ébranlée : peutêtre ses adversaires politiques auraient-ils accepté des conditions désastreuses pour leur patrie. La peste dissipa les espérances d'IIimilcon; elle lui enleva plus de la moitié de ses soldats. Il se résigna à négocier la paix avec Denys. Le traité reconnut à Carthage la possession de la Sicile occidentale, qui comprenait les vieilles colonies phéniciennes et les paysoccupés par les Él3^mes et les Sicanes; il lui laissa, sur la côte méridionale, les territoires des villes grecques qu'elle avait prises; les anciens habitants furent autorisés à revenir, à condition de payer un tribut et de ne pas élever de fortifications. Sur la côte opposée, Himère avait été remplacée par ThermaiS qui reçut des colons appelés d'Afrique, mais s'ouvrit bientôt aux Himéréens échappés au désastre de l'année 409; plus à l'Est, les Carthaginois fondèrent, dit-on, la ville d'Alaisa^

Carthage était désormais très fortement établie en Sicile ^ Elle n'avait plus à compter qu'avec Syracuse. Tôt ou tard, descirconstances favorables pouvaient lui permettre soit d'anéantir sa vieille ennemie, soit d'en faire une sujette ou une vassale. Ce ne fut cependant pas elle qui reprit la lutte.

Dans les années qui suivirent la paix de 405, Denys s'empara des villes grecques de la côte orientale, s'allia à Messine et soumit une partie des Sicules. Il protégea Syracuse par una nouvelle enceinte, d'une grande étendue; il enrôla des merce-

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