Polybe, lll
€. E. Meyer, Geschichte des Alterthums, II, p. 813-4. M. Tâubler (p. 275-6) croit qu'une des clauses du second traité (III, 24, 6) concerne des régions de la péninsule situées hors du Latium. Mais, alors, pourquoi le traité ne l€S meutionne-l-il
second traité n'était postérieur que de cinq ans au premier, on s'explique difficilement pourquoi les Romains auraient accepté en 343 des conditions bien plus défavorables qu'en 348 S des clauses qui leur interdisaient désormais tout commerce en Sardaigne et en Afrique^, qui leur défendaient de s'avancer le long des côtes ibériques au delà du cap de Palos^ tandis que le premier traité ne stipulait rien relativement à l'Espagne, où Carthage avait pourtant pris pied avant le milieu du iv^ siècle*. Ces deux traités se rapportent, à notre avis, à des temps fort différents : il nous parait légitime de les séparer par un intervalle d'environ un siècle et demi, de placer le premier vers la date qu'indique Polybe, le second en 348.
Ce furent des pactes destinés à réglementer le commerce et à rendre la piraterie moins malfaisante, non des accords politiques créant une véritable alliance. jNous en reparlerons. On ignore ce que stipulèrent les conventions, inconnues de Polybe et par conséquent non conservées dans les archives du Capitole, dont l'une pourrait avoir été conclue en 343^ et dont
pas expressément, comme il mentionne le Latium? D'ailleurs, l'interprétation de ce savant ne nous parait pas fondée : le § 6 se rapporte, croyons-nous, à des villes du Latium, comme le § 5. — Outre l'argument que nous invoquons, on en a présenté un autre : la mention des Tyriens dans le second traité (voir t. I, p. 3'JG, n. 5) prouve, a-t-on dit, qu'il fut antérieur à la destruction de Tyr par Alexandre, en 332 : voir, entre autres, Soltau, Philologus, XLVllI, p. 13G, n. Il; Cavaignac, Histoire de V Antiquité, II, p. 4d0, n. 2. Mais, ainsi que l'ont fait observer Asclibach {Sil:uiigsbcrichte dcr phil.-hist. Classe der Akadcmie der W'issenschafter.. Vienne, XXXI, 1859, p. 43î)-7) et Scliafer {likeinisches Muséum, XV, 1860, p. 31)0 et 488), Tyr se releva très vite, et nous savons que, peu de temps avant 300, en 310, les Carthaginois envoyèrent de riches offrandes à Melcjart. dieu protecteur de leur métnipule (l)iodore, XX, 14, 1). En 306, non moins qu'on 34S ou en 343, ils i)ouvaient associer les Tyriens à un traité qu'ils concluaient avec Rome.
1. Conf. H. Matzat, Rôinische Chronologie, I (Berlin, 1883), p. 3U9.