‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 85 sur 407 · Gonf. Diodore, XXIIl · texte numérisé non relu

Gonf. Diodore, XXIIl

5. Polybe, I, 33, 3-7. — Frontin {Slrat., II, 3, 10) donne des indications différentes. Xanthippe plaça, dit-il, les troupes légères en première ligne, devant l'infanterie lourde, et leur recommanda de se replier après avoir lancé leurs traits, de courir aux ailes et d'envelopper les Romains, quand ceux-ci seraient aux prises avec cette infanterie.

Quand Régulus vit ces préparatifs, il accepta la bataille ^ Il mit par devant l'infanterie légère, armée de javelots, par derrière, en masses profondes, la grosse infanterie des légions, et il distribuales cavaliers sur les ailes. En donnant à ses lignes moins d'étendue et plus d'épaisseur que de coutume, il voulut les rendre plus capables de supporter l'attaque des éléphants, qu'il redoutait surtout; mais il ne prit pas les mesures nécessaires pour résister à la cavalerie carthaginoise, beaucoup plus nombreuse que la sienne ^

Xanthippe ordonna aux conducteurs des éléphants de s'avancer et de rompre le centre ennemi, aux cavaliers d'envelopper et de charger les deux ailes. Alors les Romains s'ébranlèrent. Leur cavalerie ne soutint pas le choc de celle des Africains et tourna bride. Au contraire, les fantassins qui étaient placés sur la gauche, désirant éviter les éléphants et ne craignant pas les mercenaires, se portèrent vers l'aile droite punique, la mirent en fuite et la poursuivirent jusqu'à son camp, en lui tuant 800 hommes ^ Les éléphants refoulèrent et écrasèrent ceux qu'ils rencontrèrent tout d'abord, mais ils ne purent enfoncer le gros de l'armée, que son épaisseur protégeait. Cependant, lorsque les derniers rangs, enveloppés par la cavalerie, durent se retourner pour la combattre, lorsque les troupes qui s'étaient avancées entre les éléphants se trouvèrent €n présence de l'infanterie carthaginoise, encore intacte, la défaite des Romains ne fut plus douteuse. La plupart périrent sur place, écrasés parles éléphants ou frappés par les traits que les cavaliers leur lançaient. Ceux qui se dégagèrent delà mêlée

1. Zonarns (VIII, 13, p. 391, c) dit à tort que Xanthippe surprit les Romains <jui se gardaient mal.

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