‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 86 sur 407 · Polybe, I · texte numérisé non relu

Polybe, I

3. C'est ici, probablement, qu'il faut placer, — si elle est vraie, — une anecdote racontée par Diodore (XXIII, 14, 2). Xanthippe courait à cheval pour contraindre les fuyards à revenir. Qucbiu'un lui ayant dit qu'il était commode, du haut d'un cheval, d'inviter les autres à braver le danger, il i'élauça aussil()t à *erre et reprit ses objurgations.

eurent presque tous le même sort, car les éléphants et les chevaux les rejoignirent facilement à travers la plaine ^ Cinq cents soldats, qui accompagnaient le proconsul dans sa fuite, furent faits prisonniers avec lui". Seul, le corps qui avait poursuivi les mercenaires et qui s'était ainsi éloigné du champ de bataille parvint à s'échapper. Il comptait environ 2 000 hommes^ qui, par une heureuse chance, regagnèrent Clupea^

Tel fut le désastre que valurent aux Romains leur confiance excessive dans leur supériorité militaire et l'orgueil de leurs premiers succès. Débarqués en Afrique, ils y étaient restés avec des forces insuffisantes, avec une cavalerie dérisoire. Ils avaient,, semble-t-il, dédaigné de recourir aux Numides, ennemis comme eux de Carthage, Ils étaient venus pour imposer la paix, à laquelle leurs adversaires se seraient peut-être résignés; mais Régulus, les croyant à sa merci, s'était montré si exigeant que tout accord avait été impossible. Il avait engagé présomptueusèment la bataille sur un terrain favorable aux éléphants et aux nombreux cavaliers de l'armée punique; la prudence lui commandait de se tenir sur la défensive, en attendant que Rome lui envoyât des renforts.

Les Carthaginois dépouillèrent les morts et ramenèrent en triomphe le proconsul et les autres prisonniers *. On prodigua aux dieux les actions de grâces; une joie délirante régna par toute la ville ^ Xanthippe quitta peu après l'Afrique ^ Polybe remarque qu'il agit sagement, car la gloire suscite des jalousies et des calomnies, contre lesquelles un étranger se trouve désarmé. L'historien ajoute que certains bruits se répandirent

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