‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 87 sur 407 · Id., I · texte numérisé non relu

Id., I

6. /d., I, 36, 2-4. Voir aussi Orose, IV, 9, 4. Xanthippe se mit plus tard au sertice du roi d'Egypte : Meltzer, II, p. 304 et 571.

à propos de son départ : il avait l'intention de dire ailleurs ce qu'il en pensait. Il ne parle plus de Régulus.

Des légendes, inspirées par la haine de Rome pour sa rivale africaine, coururent sur ces deux personnages. Les Carthaginois auraient récompensé richement Xanthippe, mais, ne voulant pas que le Lacédémonien pût se vanter de les avoir sauvés, ils auraient résolu de le faire périr. Selon les uns, ils auraient mis à sa disposition un vaisseau vermoulu, dont la coque était enduite d'une couche de poix toute fraîche; Xanthippe se serait aperçu à temps de la ruse et serait parti sur un autre navire. D'autres racontaient qu'on le fît suivre par des gens qui le jetèrent à la mer, ou que les commandants des trirèmes qui devaient le reconduire en Grèce reçurent l'ordre de le noyer *. Quant à Régulus, ses vainqueurs l'auraient traité d'une manière très inhumaine, lui donnant à peine de quoi manger, le laissant avec un éléphant qui lui causait des frayeurs continuelles, puis le jetant en prison ^ Pourtant, en 251-230, ils l'auraient envoyé à Rome avec des députés chargés d'obtenir l'échange des captifs et même, s'il était possible, la fin des hostilités. Ils espéraient que l'ancien consul, dans son intérêt, plaiderait leur cause : il s'était engagé par serment à revenir à Carthage, si la négociation échouait. Mais il conseilla au Sénat de continuer la guerre. Il retourna en Afrique, fidèle à sa parole, et succomba à d'horribles supplices \ Tout cela paraît avoir été inventé pour justifier les tortures infligées par la

1. Zonnras, VIII, 13, p. 392, a. Appien, Lih., 4. Valore-Maxinio, IX, G, ext., 1, Silius Italicus, VI, 680-3.

.2. Zonaras, VIII, 13, p. 391, d.

3. StMiipronius Tiulilanus (écrivain de l'époque des Gracques), opurf Aiilu-Gelio, Vil (VI), 4, 1 ot 4. Cicéron, De officiis, III, 20, 99-100, et ailleurs. Q. Aelius Tuboro, apud Aulu-Gello, VII, 4, 2-3. Tile-Livo, Epit. l. XVIÏI; Valèro-Maximo. I, i, 14, et IX, 2, ext., 1; Florus, I, 18, 24-20; De viris illu^itribus, 40; Eulrope, II, 24-2."); Orose, IV, 10, 1. Appien, Sic, II, 1; Lj6., 4. Diou Cassius, frairm. 43, 27-31; Zonaras, VIII, 15. Etc. Sur la léj?ende de Héij:ulus, voir, entre autres, Klebs, dans Rcal-Encyclopadie, II, p. 2088-2092; M. Seherniann, Hcr erste punische Kricg , m Lichte dcr Livianischen Tradition (Stuttgart, 190o), p. 90-99.

femme et les fils de Rogulus à deux prisonniers confiés à leur garde; les tribuns avaient du intervenir pour sauver celui qui avait survécu K

Afin de compléter leur victoire, les Carthaginois allèrent assiéger Clupea, où s'étaient enfermés les survivants de l'expé< <lition romaine; mais, devant la résistance énergique qu'ils reniîontrèrent, ils renoncèrent à cette entreprise ^. Cependant Rome avait équipé une flotte. Composée, dit-on, de 350 vaisseaux ^ et commandée par les consuls M. Aemilius Paullus et Ser. Fulvius Paetinus, elle partit en 254, au début de la belle «aison *. En passant, elle s'empara de Cossura (Pantelleria) ^ Carthage, de son côté, avait réparé ses vaisseaux et en avait mis d'autres sur chantier. Elle forma ainsi une flotte de 200 bâtiments, qui fut promptement vaincue et en partie capturée près du cap d'Hermès ^ Les consuls arrivèrent à Clupea. PolyBe ne mentionne pas une bataille que, d'après des indications d'origine romaine, ils auraient livrée près de là à deux Ilannons, et oii 9 000 ennemis auraient été tués '. On prétend qu'ils

1. Diodore, XXIV, 12. La femme de Régulus aurait agi ainsi parce qu'elle Imputait au manque de soins des Carthaginois la mort de son mari. La légende prétendit que le Sénat avait livré ces prisonniers à la famille de Régulus, pour qu'elle vengeât sur eux les supplices infligés à l'ancien consul : Sempronius Tuditanus, apud Aulu-Gelle, VII, 4, 4; Zonaras, l. c, p. 395, c.

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