‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 96 sur 407 · Voir t. II, p · texte numérisé non relu

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Carlhage ne s'était point servie de sa flotte pour fermer la Sicile à ses ennemis. Quand ceux-ci se constituèrent une marine, elle ne renforça pas la sienne. Elle perdit ainsi sa suprématie navale. L'ayant recouvrée par une heureuse fortune, elle la perdit de nouveau par son incurie. Dans l'ile, elle ne s'opposa pas aux débuts de la conquête romaine. Elle fît ensuite de grands efforts, mais des efforts intermittents. Elle avait de la peine à recueillir l'argent nécessaire et elle l'épuisait vite. Nous savons qu'elle sollicita de Ptolémée Philadelphe un prêt de 2 000 talents*; le roi d'Egypte refusa, déclarant qu'il voulait rester l'ami des deux peuples qui se battaient. Même quand ils réunirent des forces importantes, les Carthaginois n'en usèrent qu'avec timidité. Ils prirent rarement l'offensive. Ce fut seulement pour piller qu'ils envoyèrent des vaisseaux en Italie. En Sicile, ils ne livrèrent que deux grandes batailles rangées, devant Agrigente et devant Palerme, et ils y furent vaincus. Ils firent avec succès la guerre de partisans et défendirent avec ténacité des places que les Romains assiégèrent fort mal. Mais ce n'était pas ainsi qu'ils pouvaient imposer la paix. Ils se défiaient de leurs mercenaires, souvent indisciplinés, de leurs généraux, dont plusieurs furent punis comme des traîtres, parce qu'ils avaient été malheureux. Et pourtant Amilcar Barca leur montra ce qu'un véritable chef était capable de faire avec des soldats de métier. Mais il vint trop tard; les quelques milliers d'hommes, les quelques galères qu'on lui donna ne suffisaient pas pour reprendre la Sicile. Ses exploits d'Ueircté et d'Éryx furent plus utiles à sa gloire qu'à sa patrie.

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