‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 97 sur 407 · LA GUERRE DES MERCENAIRES LES CONQUÊTES DES BARCIDES EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

LA GUERRE DES MERCENAIRES LES CONQUÊTES DES BARCIDES EN ESPAGNE

La guerre contre Rome fut suivie de celle que Carthage eut à soutenir en Afrique contre ses mercenaires et ses sujets : lutte à laquelle on a donné le nom de guerre inexpiable K

Le récit de Polybe^, notre unique source ^ est justement célèbre ^ L'auteur l'a sans doute emprunté à un historien grec qui fut en rapports étroits avec les Carthaginois et, autant qu'il

i. Polybe, I, 65, 6 : tov Trapà toTç uoaàoîç À£y6[jl£vov ao-TiovSov r.61t[j.ov. Polybe l'appelle la guerre de Libye, Atgjxbç 7rô).£[j,o; : I, 13, 3; 70, 7 ; 88, 5; II, 1, 3; III, 27, 7; conf. Diodore, XXVI, 23 (pour ce passage, voir infra, p. 124); Appieii, Iber., 4. Africum bellum dans Tite-Live, XXI, 1, 4; 2, 1; 41, 12.

2. I, 05-88. J'ai cortsulté la traduction française de F. Bouchot.

3. Des fragments du livre XXV de Diodore (2-6) reproduisent, souvent textuellement, le récit et même les réflexions de Polybe. II n'y a pas lieu d'admettre que les deux auteurs aient eu une source commune, qu'ils auraient copiée servilement : opinion soutenue par Unger, Pheinisches Muséum, XXXIV, 1879, p. 92 et suiv. (conf. E. Meyer, Sit:ungsberichte der preussischen Akademie der Wissenschaflen^ 1913, p. 704); v. contra Mommsen, Rômische Forschungen, II, p. 266, et Meltzer, De belli Punici secundi primordiis (Berlin, 1885), p. vi, n. 1. Ne pas oublier que Polybe, contrairement à l'opinion de beaucoup d'écrivains anciens, déclare le plagiat honteux (IX, 2, 2). — Un passage de Porphyre, De abstineniia ab esu animalium, II, 57, dérive également de Polybe. Quelques indications, avec des inexactitudes, dans Appien, Sic, II, 3; Iber., 4; Lib., 5, Voir aussi Cornélius Népos, Amilcar, II, 2-4. — Parmi les études consacrées à cette guerre, nous mentionnerons celles de Meltzer, II, p. 308-391, et de G. Veith, dans Kromayer, Anlike Schlachtfelder, III, 2 (Berlin, 1912), p. 520-571.

4. Surtout grâce à Salammbô. Ce fut la lecture de VHisloire romaine de Michelek (I, 1831, p. 204-211) qui suggéra à Flaubert la pensée d'écrire ce roman.

semble, avec le parti d'Amilcar Barca^ Il paraît avoir abrégé l'exposé de son devancier - : peut-être a-t-il supprimé des indications chronologiques et géographiques qui nous eussent aidés à mieux comprendre la marche des événements.

Lors de la conclusion du traité qui enleva à Carthage ses dernières possessions en Sicile, il restait dans cette île plus de 20 000 mercenaires ^ dont la solde n'avait pas été payée. Après avoir conduit à Lilybée ceux qui étaient avec lui au mon* Eryx, Amilcar Barca se démit de son commandement. Ce fut à Giscon, gouverneur de la ville, qu'incomba la tâche de faire passer toutes les troupes en Afrique. Craignant, dit Polybe, ce qui devait en eflet arriver, il échelonna les départs, afin que les Carthaginois eussent le temps de payer les premiers débarqués et de les renvoyer chez eux, avant de recevoir les autres. Mais les dépenses de la guerre avaient presque vidé le Trésor : faute d'argent, on ne licencia personne; on espérait, d'ailleurs, que, si l'on négociait avec tous les mercenaires réunis, ils se résigneraient plus facilement à quelque diminution. Cependant, comme ils commettaient de jour et de nuit toute sorte d'excès, on résolut de les faire partir pour Sicca (Le Kef), où ils demeureraient jusqu'à ce que leurs compagnons d'armes fussent revenus de Sicile et que l'Etat eût pris les dispositions nécessaires pour s'acquitter de ses dettes. Ils y consentirent, mais ils demandèrent à laissera Carthage, comme ils l'avaient fait auparavant*, leurs femmes, leurs enfants et leufs bagages : ils les reprendraient quand ils viendraient toucher leur argent. On craignit

i. Ou a mis en avant le nom de Philinos d'Agrigento, dont Polybe s'est servi pour la première guerre punique (voir p. 75, n. 4) : Unger, l. c, p. 99 et suiv. (après Gilbert). Mais nous ne savons même pas si cet historien avait raconté I& guerre des mercenaires.

2. Il annonce (jue son récit sera court : I, 05, 5; conf. I. 13, 0-8.

3. GechilTre est donné par Polybe, I, 07, 13. On le retrouve dans Cornélius Népos, Amilcar, 11, 2. Ces 20 000 hommes n-'ctaient pas tous des mercenaires proprement dits : la plupart d'entre eux étaient des Libyens, sujets de Carthage poir t. Il, p. 304, n. 0).

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