‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 98 sur 407 · Con. t. II, p. 43 lO.f. n · texte numérisé non relu

Con. t. II, p. 43 lO.f. n

que. séparés de nouveau des leurs, ils n'eussent hâte d'aller les rejoindre, et on leur opposa un refus, qui les mécontenta vivement. Ils reçurent chacun une pièce d'or et se mirent en route.

A Sicca, ils vécurent désœuvrés. Ils supputaient ce qui leur était du, se rappelaient les promesses de leurs généraux dans les jours d'épreuve * et attendaient impatiemment la réalisation de leurs espérances^.

Quand les 20 000 vétérans furent en ce lieu, Hannon, gouverneur militaire du territoire carthaginois^, vint les trouver. Loin de les satisfaire, il leur parla de la lourdeur des tributs imposés par Rome, de la détresse de la République, et les pria de renoncer à une partie des sommes qu'on s'était engagé à leur payer. Ce furent partout des rassemblements tumultueux, des cris de fureur. Il y avait dans le camp des Ibères, des Gaulois, des Ligures, des Baléares, des demi- Grecs*, surtout des Libyens ^ Il était impossible de haranguer ensemble ces hommes dont les langues différaient ^ Hannon ne crut pas devoir répéter quatre ou cinq fois le même discours, en le faisant traduire par des interprètes. Les officiers de chaque peuple furent donc chargés de transmettre ses avis et ses exhortations. Mais eux-mêmes ne comprenaient pas toujours ce qu'on leur disait, ou bien, par perfidie, ils tenaient à leurs hommes un langage différent de celui dont ils étaient convenus avec Hannon. En outre, les mercenaires reprochaient aux Carthaginois de leur avoir envoyé un général

1. Appien {Sic, II, 3; Iber., 4) mentionne, comme Polybe, les promesses de récompenses qu'Amilcar avait faites à ses soldats.

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