Pour ces demi-Grecs, voir t. II, p
5. Polybe, I, 67, 7. Diodore (XXV, 2, 2) mentionne aussi des Libyphéniciens : indication sans valeur, puisque cet auteur n'a pas d'autre source que Polybe.
6. Polybe dit pourtant ailleurs que la plupart des mercenaires comprenaienl assez bien les discours qu'on leur adressait en langue punique : voir p. 115.
qui n'avait pas combattu à leur tête, et non les chefs qui savaient les services rendus par eux en Sicile, ceux qui leur avaient promis des récompenses . Plein de mépris pour Hannon * , se défiant de leurs officiers et exaspérés contre Carlhage, ils marchèrent sur la capitale et vinrent camper près de Tunis ^.
Le gouvernement punique reconnut trop tard la faute qu'il avait commise en réunissant tous ces mécontents, et surtout en ne gardant pas les femmes, les enfants, les effets qui eussent été des ga^es de leur fidélité. Les voyant si près, il ne négligea rien pour les calmer. Il leur envoya des vivres en abondance et accepta les prix qu'ils fixèrent eux-mêmes. Plusieurs députations, composées de sénateurs, vinrent leur promettre de faire droit à leurs demandes, dans la mesure du possible. La crainte que les mutins inspiraient accrut leur audace; ils se persuadèrent qu'on n'oserait jamais résistera des hommes qui avaient tenu tête aux légions romaines. Ayant obtenu satisfaction pour la solde, ils voulurent qu'on leur payât les chevaux qu'ils avaient perdus. Ils exigèrent ensuite le prix du blé qui leur était dû depuis longtemps, au taux le plus élevé qu'il eût atteint pendant la guerre ^ Puis vinrent d'autres réclamations, tout à fait déraisonnables. Cependant les Carthaginois consentirent à prendre pour arbitre un des généraux qui avaient participé à' la guerre de Sicile. Les mercenaires blâmaient la conduite d'Amilcar, qui, disait-on, avait, de son plein gré, donné sa démission et qui n'était pas venu à leur camp comme député; ils pensaient que l'indifférence de leur ancien chef contribuait à les faire dédaigner. Au contraire, ils ressentaient de la sympathie pour Giscon, qui les avait traités avec bienveillance, sur-
1. Il faut ajouter qu'en Afrique, Hannon s'était montré très dur pour les indigènes (V. infro, p. 100). Les Lil)yens du camp de Sicca ne l'ignoraient évidemment pas. Conf. Meltzer, II, p. 371.